Sous l'espace infini de la voie lactée, le jeune Hongrois Benedek Fliegauf a planté sa caméra et livre avec Milky Way l'ovni de cette sélection. Quelque part entre les hoquets sibyllins de son compatriote Györgi Palfi (Hic) et le dispositif formel cadenassé d'un Roy Andersson, Fliegauf a conçu Milky Way comme un "film d'ambiance", mais l'aspect installation expérimentale laisse pourtant apparaître un vrai récit minimaliste à chaque scène, toutes filmées en un scope majestueux et privées de dialogues. De l'étrangeté d'une danse en ombres chinoises sur un décor de cauchemar à l'humour absurde d'une baudruche se gonflant à la traîne, pélerinage chuchoté sous les nuages, parenthèse charnelle en piscine ou trépas d'une mémé au ralenti, Fliegauf bariole l'image de sensations, joue avec la profondeur, les lignes, le temps, travaille l'oreille (souffle enveloppant et proximité sonore pour des personnages souvent à distance) et réussit son pari en livrant un film hypnotique, porté par un prodigieux sens formel. Milky Way sera à nouveau diffusé ce mardi soir dans le cadre de Paris Cinéma.
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