The Secret

The Secret
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Secret (The)
Tall Man (The)
États-Unis, 2012
De Pascal Laugier
Scénario : Pascal Laugier
Avec : Jessica Biel
Durée : 1h46
Sortie : 05/09/2012
Note FilmDeCulte : ***---
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Cold Rock, petite ville minière isolée des États-Unis, de nombreux enfants ont disparu sans laisser de traces au fil des années, et n’ont jamais été retrouvés. Chaque habitant semble avoir sa théorie sur le sujet mais pour Julia, le médecin dans cette ville sinistrée, ce ne sont que des légendes urbaines. Une nuit, son fils de 6 ans est enlevé sous ses yeux par un individu mystérieux. Elle se lance à sa poursuite sachant que si elle le perd de vue, elle ne reverra jamais son enfant.

SECRET GIRLS

La sortie de Martyrs, il y a 4 ans, a ressemblé à une course d'obstacles. D'abord il y avait le film, pas facile et pas spécialement du genre Calinours. Il y a eu l'interdiction aux moins de 18 ans qui a longtemps menacé la sortie. Et l'accueil enfin, très divisé, parfois violent. On a souvent eu le sentiment que dans cette vague de films d'horreur français (désormais quasi morte), beaucoup ne semblaient pas faire la différence entre un Martyrs et les bas fonds d'un Frontière(s). C'est à l'étranger, et surtout aux États-Unis, que le film de Pascal Laugier jouit d'un statut culte. Et contrairement à ses compatriotes à qui Hollywood a refilé des remakes avec plus (Alexandre Aja) ou moins (tous les autres) de réussite, Laugier réalise avec The Secret (traduction française de The Tall Man) un projet original, après le développement avorté d'un... remake de Hellraiser.

On retrouve certaines des qualités peu conventionnelles de Martyrs dans ce Secret qui semble pourtant beaucoup plus lisse vu de l'extérieur. Souvent traité comme un simple torture porn et regardé par la presse avec le même mépris que les 3/4 de la production horrifique, Martyrs présentait pourtant de très audacieuses qualités d'écriture, glissant d'un genre à l'autre, puis un autre, changeant de point de vue et de personnage principal en plein film, sans jamais que ces revirements n'affaiblissent la narration. Au contraire, ils servaient un ensemble aussi maîtrisé que hors normes.

The Secret également refuse l'étiquette d'un genre. Pur conte fantastique (bois hantés, enfants disparus, ogre légendaire), ou fait divers d'un thriller bien concret (enquête, portes de prison qui claquent), l'hésitation entre les genres dans The Secret exprime l'hésitation du point de vue, ce que projettent les personnages et ce que cache le secret. Le fantastique est aussi inspiré par le décor: l'état de Washington, terre officielle de l'étrange après Twin Peaks ou X-Files (auquel le film emprunte un acteur). Comme Martyrs, la structure de The Secret est imprévisible, libre, comme si le film se dépliait devant soi jusqu'à ses multiples dénouements. Problème: ce qui marchait à merveille dans Martyrs paraît beaucoup plus fragile ici. L'anti-spectaculaire de certains passages flirte avec une certaine mollesse, l'ossature du film, aussi inhabituelle soit-elle, paraît plus maladroite, et le long métrage est visuellement moins marquant. La noirceur du propos social apporte une force à cette histoire, mais elle n'est pas assez mise en valeur. Jessica Biel, pas forcément servie par son physique pour ce type de rôle, compense avec une conviction qui l'élève bien au-delà d'une héroïne sexy-creuse à la Jessica Alba. Malgré ses imperfections, The Secret confirme la singularité de son auteur.

par Nicolas Bardot

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