Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence

Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence
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Pirates des Caraïbes : la Fontaine de Jouvence
Pirates of the Caribbean: On Stranger Tides
États-Unis, 2010
De Rob Marshall
Scénario : Ted Elliott, Terry Rossio
Avec : Penélope Cruz, Johnny Depp, Geoffrey Rush
Photo : Dariusz Wolski
Musique : Hans Zimmer
Sortie : 18/05/2011
Note FilmDeCulte : *-----
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Dans cette histoire pleine d’action, où vérité, trahison, jeunesse éternelle et mort forment un cocktail explosif, le capitaine Jack Sparrow retrouve une femme qu’il a connue autrefois. Leurs liens sont-ils faits d’amour ou cette femme n’est-elle qu’une aventurière sans scrupules qui cherche à l’utiliser pour découvrir la légendaire Fontaine de Jouvence ? Lorsqu’elle l’oblige à embarquer à bord du Queen Anne’s Revenge, le bateau du terrible pirate Barbe-Noire, Jack ne sait plus ce qu’il doit craindre le plus : le redoutable maître du bateau ou cette femme surgie de son passé…

YO HO HO AND A BOTTLE OF PISS

On dira ce qu'on voudra de la trilogie initiale, elle avait quelque chose. Et aujourd'hui, on se rend compte à quel point ce quelque chose semble être Gore Verbinski. Sans être un auteur, le metteur en scène assurait autrement plus que Rob Marshall à la barre, et même si son navire a tangué, au final il l'a mené à bon port, réussisant à créer avec ses scénaristes un univers riche et même cohérent même si assez bordélique. Ici il n'y a plus rien. Jadis, les emprunts à d'autres mythes et légendes étaient parfaitement réappropriées (Davy Jones, le Kraken, la Marque Noire, etc.) et agréablement ancrés dans un pseudo-réalité historique (la East India Trading Company), ici le duo de scénaristes s'inspire d'un bouquin apparemment séminal - il aurait également inspiré le créateur du jeu vidéo Monkey Island, qui y est pour beaucoup dans l'univers de la franchise - pour n'en garder semblablement que le personnage de Barbe Noire et la Fontaine de Jouvence, qui n'ont pourtant pas été inventés dans ce livre. On se demande donc ce qu'ils ont vraiment tiré de l'ouvrage tant on retrouve les mêmes défauts dans l'écriture que pour les deux précédents opus foutraques. En pire. Si le récit est sans doute moins compliqué, il s'avère surtout moins riche. On a beau mêler tout le monde, du Roi George à la cour espagnole, en allant chercher des zombies et des sirènes pour garantir le quota fantastique, dans une intrigue qui copie en mal deux des quatre Indiana Jones, notamment pour sa romance principale à laquelle on croit jamais, rien n'y fait. La faute à un scénario paresseux qui multiplie les deus ex machina et les McGuffin à qui mieux mieux pour essayer de motiver tout ce petit monde, à commencer par Jack Sparrow.

MARINS D'EAU DOUCE

En 2003, Johnny Depp avait réussi à créer une icône avec ce personnage de drunken master qui a toujours un coup d'avance sur tout le monde même lorsqu'il donne l'impression d'improviser, cachant bien son jeu derrière une apparence de pochtron. Ici, il progresse non pas parce qu'il est plus malin que tout le monde mais parce que tout le monde est plus con que lui. Dépourvu du contrepoint qu'offrait le couple - certes à tendance gnangnan - Will/Elizabeth (Orlando Bloom et Keira Knightley), indispensable à l'équilibre de la dynamique qui menait le film - deux vrais protagonistes, Jack en joker -, Sparrow se retrouve propulsé sans raison dans une intrigue à laquelle rien ne le rattache, si ce n'est cette romance qu'on essaie de nous vendre tant bien que mal. Et il a beau essayer de garder son rôle de commentateur externe comique, il fait juste peine à voir. Dans les trois premiers films, les personnages étaient chéris. Sparrow, Barbossa, Davy Jones, tous charismatiques à souhait, animés par de vraies questions, et même des seconds rôles comme le Commodore Norrington et le second de Jack, Gibbs, existaient et se faisaient attachants. Ici, Barbe Noire est insignifiant. Juste un gros bourrin sans aspérité et jamais vraiment badass, malgré ses super pouvoirs (bidons). Penelope Cruz est un joli minois et c'est tout. Mieux vaut ne pas parler du missionnaire, superflu et ridicule, à l'instar de son histoire d'amour torchée avec la sirène. Seul Barbossa bénéficie d'un peu de développement. L'idée d'en faire un corsaire au service du roi qui cache un désir de vengeance donne un minimum de relief à au moins un personnage dans le film. A ce titre, la scène de l'explication de sa jambe de bois est peut-être la seule scène d'exposition du film qui ne soit pas insoutenable.

LA FONTAINE DE MERDE

Chose que l'on aurait pas cru possible, le film est presque plus bavard que le précédent. En tout cas, il est beaucoup moins intéressant quand il bavasse. D'autant plus que la plupart du temps, ça parle pour rien. Rien qui n'aurait pu être résumé ou illustré pour mieux faire passer l'information. Chez Verbinski, quand on discutait, on faisait au moins avancer - péniblement parfois - l'action, ici on la ralentit. Il n'y a aucune énergie. Le blâme est à assigner à Marshall qui réussit notamment à faire le film tourné - et non converti - en 3D le plus plat du monde. Cela n'est guère étonnant. Déjà dans Nine, la mise en scène était digne de la captation d'un spectacle sur scène. Visiblement incapable d'utiliser sa caméra comme un metteur en scène de cinéma, il signe à nouveau un film sans profondeur. Il a beau reprendre le directeur de la photographie des trois autres volets, le réalisateur livre un film fade et totalement incompétent dans l'action. L'enchaînement d'une séquence à l'humour théâtral grossier entre Jack et le roi avec une course-poursuite des plus molle a fini de nous achever. On ne retiendra que le début de la scène des sirènes, plutôt pas mal foutue, assez violente, avec une 3D un peu plus utile. "Utile" et non "bien utilisée" parce qu'il est peu probable que la profondeur de cette contre-plongée sous-marine sur la barque et les sirènes qui y montent ait été réfléchie par Marshall. Revoyant son budget à la baisse suite à la surenchère du troisième chapitre, la saga n'a rien à nous offrir d'autre que quelques bastons aux épées, redondantes et sans éclats, et des chutes dans le vide. Ebouriffant. On peine à trouver quelques idées à se mettre sous la dent, les quelques embryons sympathiques tenant du détail (les bateaux en bouteille) ou restant inexploités (les zombies, nouvel équipage de non-morts qui n'arrive pas à la cheville des spectres squeletiques du premier film ou des mutants marins du second). Disparu le joyeux bordel épique de Verbinski bourré d'images iconiques et de scènes d'action conceptuelles. A la place, une longue pub très très chère pour l'attraction originale. Et Hawaï.

par Robert Hospyan

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