Miele

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Miele
Italie, 2013
De Valeria Golino
Scénario : Valeria Golino, Francesca Marciano
Avec : Jasmine Trinca
Durée : 1h36
Sortie : 25/09/2013
Note FilmDeCulte : **----
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Irène, surnommée "Miel", aide clandestinement à mourir les personnes atteintes de maladie incurable et qui souhaitent qu'on abrège leurs souffrances. Un jour, elle rencontre un septuagénaire en parfaite santé, mais désireux d'en finir avec la vie...

LA JEUNE FILLE EST LA MORT

Pour son premier long-métrage en tant que réalisatrice, l’actrice Valeria Golino n’a pas peur de s’attaquer à un sujet déjà délicat chez nous mais probablement plus tabou encore en Italie : l’euthanasie. La bonne nouvelle est que sur ce terrain-là, son film sent moins la poussière que le récent La Belle endormie de Marco Bellocchio, qui traitait du même sujet. Ouf, Valeria Golino ne se situe pas dans la lignée des papys pédants du cinéma italien contemporain, Miele traitant avant tout de son sujet avec un naturel qui lui évite toute lourdeur pontifiante. Mais cette légèreté est-elle une qualité suffisante pour tenir la longueur ? Le bien-fondé de la vocation de l’héroïne à aider ceux qui souffrent n’est jamais remis en cause, mais jamais revendiqué non plus. Il n’est jamais question des risques que court l’héroïne, le mot « illégal » est à peine prononcé, le film n’insiste jamais longtemps sur le danger ou le stress inhérent à cette situation. Après tout pourquoi pas ? Mais Valeria Golino évite un peu trop les conflits pour ne pas tomber dans la superficialité. Ce n’est pas l’absence de discours politique qui rend Miele tiède, mais bien la superficialité de son écriture cinématographique, succession de scènes globalement convenues et de plus en plus bavardes, d’images agréables mais décoratives.

Légèrement absente à elle-même sans jamais être vraiment ambiguë, on ne peut pas dire que la jeune protagoniste fasse beaucoup de vagues. A l’image de son héroïne, Miele reste trop sage, sans prise de risque ou personnalité franche. Puis en virant progressivement à la surprenante histoire d’amitié (comme si Golino n’avait finalement plus rien à dire sur l’euthanasie), le film verse dans un sentimentalisme inattendu et offre des scènes, osons le jeu de mot, assez mielleuses, qui dans un tel contexte ne sont pas forcément du meilleur goût. Quand l’héroïne s’autorise à pleurer face à un décès et verse sa larme en fixant soudain la caméra, le symbole de la carapace enfin brisée est trop lourdement souligné pour émouvoir vraiment. L’applaudimètre cannois montre néanmoins que, après Fruitvale Station, moins les films ont de personnalité et plus ils ressemblent à ce que le public connait déjà, plus ils ont de chances d’être applaudis.

par Gregory Coutaut

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