Festival du Film Coréen à Paris: Tunnel

Festival du Film Coréen à Paris: Tunnel
Envoyer à un ami Imprimer la page Accéder au forum Notez ce film
Tunnel
Corée du Sud, 2016
De Sung-Hoon Kim
Avec : Doona Bae, Ha Jung-woo
Durée : 2h06
Note FilmDeCulte : ****--
  • Festival du Film Coréen à Paris: Tunnel
  • Festival du Film Coréen à Paris: Tunnel

Lee Jung-Soo est en route pour l’anniversaire de sa fille quand le tunnel qu’il traverse en voiture s’effondre. Le voilà coincé sous une montagne de béton et de terre, avec des secouristes peu préparés à une telle situation et un emballement médiatique prêt à dérailler. Avec peu de vivres à sa disposition, Lee Jung-Soo va devoir lutter pour survivre.

VOITURE DE LUXE

Révélé par le thriller farceur Hard Day, Kim Seong-Hoon s'est offert un gros succès au box-office coréen cet été avec le film catastrophe Tunnel. Tient-on l'un des nouveaux golden boys du divertissement made in Corée ? La recette de Tunnel est une curieuse harmonie désormais bien connue du cinéma coréen : elle tient en un mélange de genres acrobatique, mixant ici action (pétaradante, qui fait littéralement s'écrouler une montagne), drame (à échelle intime, et nationale) ainsi que comédie (peut-être ce qu'il y a de plus réussi dans Tunnel). Il y a une variété de tons dans ce cinéma coréen qui rend les films plus vivants et plus riches que le cinéma de divertissement plus monochrome tel qu'on le conçoit sur une bonne partie de la planète.

Tunnel a beau raconter une terrible histoire de survie, le film débute avec un peu de malice. Le gigantesque tunnel qui s'apprête à s'écrouler est d'abord figuré par un pauvre tuyau à essence d'une station service tenue par un papy sénile. "Vous allez entrer dans un tunnel", prévient une douce petite voix, tandis qu'une figure fantaisiste dodeline avec perversité sur l'habitacle de l'automobile. Même lorsque le drame a lieu, les facéties téléphoniques (par un héros qui dispose visiblement de la meilleure batterie du monde) viennent nous rappeler les clowneries de Hard Day. A vrai dire, comme dans Hard Day, la légèreté sied encore, pour le moment, mieux à Kim, qui dans les autres registres n'a pas encore la profondeur des meilleurs de ses compatriotes. Et on aurait parfois aimé ressentir davantage de claustrophobie, confortablement sur notre siège de cinéma.

Mais l'efficacité du divertissement est bel et bien là. Le principal morceau de bravoure n'est pas tant la catastrophe elle-même, mais une autre scène en voiture, absolument époustouflante. Le début est immédiat, et le scénario a, hormis quelques longueurs, la ressource nécessaire pour tenir tenir en haleine. Le récit, contrairement à son héros, parvient à ne pas faire trop de surplace. Le film ajoute un sous-texte plus politique en décrivant la gestion de cette crise par une ribambelle de guignols. "Nous sommes les meilleurs pour ce type d'opération", entend-on. On a l'habitude de l'incompétence des figures d'autorité dans le cinéma coréen. C'est aussi le cas ici, de sauveteurs lunaires en politiques cyniques. Tunnel est également porté par un très bon trio d'acteurs, qui brillent chacun dans leur registre. A l'arrivée, une solide réussite.

par Nicolas Bardot

Commentaires

Partenaires