Festival de Gerardmer : Saint Maud

Festival de Gerardmer : Saint Maud
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Saint Maud
Royaume-Uni, 2019
Durée : 1h23
Sortie : 24/06/2020
Note FilmDeCulte : ****--
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Maud, infirmière à domicile, s’installe chez Amanda, une célèbre danseuse fragilisée par la maladie qui la maintient cloîtrée dans son immense maison. Amanda est d’abord intriguée par cette étrange jeune femme très croyante, qui la distrait. Maud, fascinée par sa patiente, se persuade qu’elle doit accomplir une mission : sauver l’âme d’Amanda.

C'EST L'ENFER DE LA MAUD

Précédé d'une petite réputation depuis son passage au Festival de Toronto, Saint Maud est reparti sans grande surprise avec le Grand Prix, le Prix de la Musique Originale, le Prix de la critique et le Prix du Jury Jeunes de la 27e édition du festival international du film fantastique de Gérardmer. Un tour de force pour les débuts derrière la caméra de Rose Glass dont l'assurance dans la mise en scène n'est pas sans rappeler celle d'un autre premier long métrage récompensé à Fantastic'Arts et distribué par A24, le magnifique The Witch de Robert Eggers. Moins choral et plus user friendly, Saint Maud fait néanmoins montre d'un penchant similaire pour une horreur qui infuse longtemps et dans l'ambigüité avant de brûler de mille feux à l'issue du parcours mental de son héroïne en quête de sanctification. Étude de personnage qui adopte les codes du genre pour mieux épouser la plongée dans la psyché d'une héroïne qui renvoie autant à Carrie White qu'au Père Merrin, l’œuvre va même jusqu'à flirter avec le body horror qui semble toujours être à un photogramme près d'arriver, un faciès toujours à un poil de se déformer. Glass connaît ses classiques et son public, connaît ses attentes et s'amuse à les cultiver. Même quand la réalisatrice a finalement recours à un jumpscare, la surprise est véritable, inattendue et surtout justifiée, toute aussi immersive et subjective que le reste de la mise en scène. L'une des nombreuses images destinées, ou plutôt devrait-on dire condamnées, à rester indélébiles dans l'esprit du spectateur. Si l'écriture n'évite pas le syndrome du court métrage étiré (l'errance du protagoniste durant le deuxième acte du film) pour arriver un peu laborieusement et élémentairement à 1h25, Saint Maud demeure plutôt...canon.

par Robert Hospyan

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