Cannes 2018: Plaire, aimer et courir vite

Cannes 2018: Plaire, aimer et courir vite
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Plaire, aimer et courir vite
France, 2018
De Christophe Honoré
Durée : 2h12
Sortie : 09/05/2018
Note FilmDeCulte : ****--
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1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

L'IMPORTANT C'EST D'AIMER

Il y a souvent dans la filmographie de Christophe Honoré une urgence à s'aimer - une urgence annoncée ici dès ce beau titre : Plaire, aimer et courir vite (qui initialement était Plaire, baiser et courir vite). Le cinéaste relate la rencontre entre un jeune homme d'une petite vingtaine et un autre, de quinze ans son aîné. Ils se plairont et s'aimeront vite, mais l'une des forces du long métrage est précisément d'exprimer ce désir et cet amour, de faire ressentir son importance cruciale pour l'un comme pour l'autre, alors qu'il montre la plupart du temps ses deux protagonistes séparés, communiquant comme ils peuvent, s'attendant ou se fuyant. Leurs scènes communes, comme celle d'une première filature nocturne, parviennent à saisir une certaine magie tout à fait romanesque.

On a pourtant parfois l'impression de visiter la maison-témoin d'un certain cinéma queer français, avec sa baise lettrée riche en aphorismes ou ses références culturelles clignotantes et bien affichées (Guibert, Koltès, Querelle...). Mais la romance parvient à faire palpiter ce qui aurait pu être figé, ainsi qu'un humour cabotin apporté essentiellement par un surprenant Vincent Lacoste (qui, à ce jeu, fait largement oublier la nonchalance crispante d'un Louis Garrel). Le film n'a pas à s'excuser d'être queer, ni à s'excuser d'avoir des personnages au mieux de têtes à claques, au pire de "merdeux condescendant" comme on l'entend. On est effectivement ici occupé à plaire, aimer et courir vite, à saisir la beauté avant qu'elle ne s'évanouisse. Le réalisateur signe peut-être là son meilleur film.

par Nicolas Bardot

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