Panorama: Pieles

Panorama: Pieles
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Pieles
Espagne, 2017
De Eduardo Casanova
Scénario : Eduardo Casanova
Durée : 1h17
Note FilmDeCulte : ****--
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Samantha, Guille, Ana et Cristian ont tous quelque chose en commun - et pourtant ils ne pourraient pas être plus à part. Leurs corps sont différents de ceux des autres - la bouche, le côté gauche du visage, la texture de la peau ou le sentiment que vos jambes n'appartiennent pas à votre corps. Ils vivent et aiment cachés chez eux et sortent rarement dans la rue...

DANS MA PEAU

Premier long métrage d'un tout jeune réalisateur espagnol, Pieles raconte les tourments essentiellement sentimentaux de quelques personnages physiquement différents. Différents, si l'on parle d'une jeune fille dont la bouche et l'anus ont été inversés, ou d'une autre qui se colle des bijoux dans le vide laissé par son absence d'yeux, est une sorte de doux euphémisme. A vrai dire, il n'est guère question d'euphémisme dans ce premier essai de Eduardo Casanova : Pieles ne prend pas de gants, n'a aucune retenue en matière de mauvais goût, ni en matière de grossièreté. Cela pourrait être lourdement complaisant, mais c'est plutôt le caractère gonflé et jusqu’au-boutiste, jusqu'au surréalisme le plus absurde, jusqu'au décalage le plus wtf, qui donne sa valeur au film.

Dès ses premiers instants, Pieles marie le rose bébé à l'horreur la plus totale. Le kitsch jusqu'au malaise. Les découvertes successives des personnages sont aussi dingues qu'inventives ; et font naître parfois de vraies percées poétiques comme avec cette héroïne aveugle précédemment évoquée et qui, alors que la caméra tourbillonne sur elle, semble échappée de La Triste fin du petit enfant huître. Pieles manque de maturité, et a du mal à véritablement construire une histoire autour de ses figures. Mais ce mariage tordu entre John Waters (pour l'usage politique du bon mauvais goût) et Roy Andersson (pour les vignettes mi-déprimantes mi-drolatiques qui décollent du réel pour mieux en parler) a quelque chose de foncièrement intrigant, et parvient avec une candeur efficace à questionner l'identité, la perception et la haine de soi – tout en ayant toujours l'air d'être une farce potache.

par Nicolas Bardot

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