Festival de Films de Femmes de Créteil: People That Are Not Me

Festival de Films de Femmes de Créteil: People That Are Not Me
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People That Are Not Me
Anashim shehem lo ani
Israël, 2016
De Hadas Ben Aroya
Scénario : Hadas Ben Aroya
Avec : Hadas Ben Aroya
Durée : 1h17
Note FilmDeCulte : ****--
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Vivant à Tel Aviv, Joy est une jeune femme qui entretient une relation d’amour-haine avec ses rapports sexuels occasionnels. Tout son univers se résume à son appartement et à la rue dans laquelle il est situé, la même rue où vit aussi son ex, celui qui refuse tout contact avec elle. Joy tente désespérément de le reconquérir, refusant de le laisser partir jusqu’à ce qu’elle tombe sur Nir, un intellectuel bavard, qui dit et fait ce qu’il veut.

SEXE ET AUTRES COMPLICATIONS

Réalisatrice, scénariste, actrice : la toute jeune Hadas Ben Aroya est un peu partout dans son premier long métrage, intitulé People That Are Not Me. « Je voulais faire un film sur moi, sur mes amis et ma génération. Je voulais faire un film qui ne soit ni biographique ni pornographique, un film qui serait représentatif de ce que beaucoup de gens de mon âge traversent », a commenté la jeune femme au sujet de ce long métrage découvert l'été dernier à Locarno et qui est diffusé cette semaine au Festival de Films de Femmes de Créteil. Avec son pitch, People That Are Not Me pourrait tout à fait être une comédie romantique à passer au four micro-ondes. La réalisatrice israélienne en renverse les codes : on n'assistera certainement pas ici à un film avec Katherine Heigl.

La caméra suit longuement Joy, l'héroïne, dans la ville. Ce type de séquence, ces longues prises, on les retrouvera plusieurs fois dans People That Are Not Me - des balades nocturnes, des scènes de danse. Le temps s'étire et on rentre dans la tête de Joy, qui semble être dans un total fouillis. L'actrice-réalisatrice ne se ménage pas avec ce rôle pas nécessairement aimable, en tout cas à mille lieues du type de poupées à romance auxquelles le cinéma nous habitue. Ici, on parle librement de cul et de manière parfaitement naturelle : sodomie, cuni, bukkake... mais l'amour semble être une autre paire de manches.

Le titre de travail de People That Are Not Me était It's Pathological - à la fois plus méchant, plus noir et plus drôle. C'est pathologique ? L'autre renversement de People That Are Not Me, outre ceux des codes de la romcom, c'est aussi celui de ce genre de protagoniste amoureux et pathétique, quasi-exclusivement masculin et volontiers creepy, qui trouve ici un équivalent féminin inédit. La dernière scène du film, particulièrement gonflée, crée le malaise en même temps qu'elle amuse. Ce ton à part, cette aisance pour créer une héroïne hors normes, font de Hadas Ben Aroya un nom à suivre.

par Nicolas Bardot

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People That Are Not Me est diffusé cette semaine au Festival de Films de Femmes de Créteil.

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