Natür Therapy

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Natür Therapy
Mot Naturen
Norvège, 2015
De Ole Giæver
Scénario : Ole Giæver
Avec : Ole Giæver
Durée : 1h20
Sortie : 09/09/2015
Note FilmDeCulte : ****--
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Chaque fin de semaine après le travail, Martin a le choix entre sortir avec ses amis ou retrouver sa femme et son fils. Son quotidien l’ennuie, il a besoin de liberté. Il décide alors de partir seul en randonnée à travers les grands espaces norvégiens pour s’échapper et se ressourcer…

VRAIE NATURE

Out of Nature, Natür Therapy, Mot Naturen… Quelle que soit la traduction du titre du film d’Ole Giaever, la nature en question peut s’entendre de deux manières. C’est tout d’abord, bien sûr, celle des majestueux paysages norvégiens, dont la beauté désertique est omniprésente à l’écran. Mais c’est surtout la nature humaine, et ce qu’il en reste une fois que l’on quitte, même momentanément, la civilisation. Martin (joué par le réalisateur lui-même), s’absente juste le temps d’un weekend pour aller courir. Son soudain besoin d’évasion répond à une pression sociale, et son besoin de changer d’air n’est pas qu’à prendre au pied de la lettre. Martin s’habille, Martin fait son sac, ferme la porte, part en courant, et c’est là que le film commence vraiment. Que reste-t-il de la nature de Martin lorsque celui-ci s’éloigne de tout, jusqu’à ne plus penser à rien ? Que reste-t-il de la nature humaine lorsqu’elle quitte toute forme de culture humaine ? Qu’est ce qui nous reste quand on quitte tout ?

De par la solitude du protagoniste face aux éléments et ses propres pensées, il y a très peu de dialogues dans Natür Therapy, et tant mieux. Mais il y a en revanche beaucoup de voix off. Trop sans doute, jusqu’à parfois manquer de noyer l’ensemble. Pourtant, ce courant de conscience à voix haute n’est pourtant pas anodin. Son débit correspond à l’incapacité de Martin à se laisser aller, à ne pas analyser et même à oublier ce qu’il laisse derrière lui. Sous ses airs de metrosexuel scandinave, Martin cache en effet une nature âpre, inapte à s’épanouir dans la communauté comme dans la solitude. Il y a en effet quelque chose de très cru dans ce personnage, et cela s’exprime tantôt de façon drôle (comme dans une scène de masturbation bucolique), tantôt de façon plus violente (pour parler de sexe, ses mots sont crus, ses idées aussi). Cela ne se remarque pas tout de suite et pourtant cela finit par crever l’écran : Martin n’est pas forcément quelqu’un de facilement aimable, voilà qui donne un relief inattendu à un film lui-même faussement lisse. En effet, le voyage qui commence de manière exaltée et décalée dévoile progressivement une vraie amertume, jusqu’à un dénouement à l’ambigüité remarquable.

par Gregory Coutaut

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