Jesus

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Jesus
Chili, 2016
De Fernando Guzzoni
Scénario : Fernando Guzzoni
Durée : 1h25
Sortie : 28/03/2018
Note FilmDeCulte : ***---
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Jesus, 18 ans, vit avec son père, avec le son de la télévision très fort pour couvrir leur incapacité à communiquer. Le reste du temps, il chante danse un boys-band, traîne la nuit avec ses amis, et couche avec des filles de des garçons dans des lieux publics. Un soir, un événement dramatique se produit.

CHEMIN DE CROIX

Dès les premières scènes, la chorégraphie intense d'un boys band filmée en pleine immersion est interrompue par les écrans noirs du générique. La musique k-pop tonitruante est brutalement interrompue par des secondes de silence avant de reprendre de façon toute aussi abrupte. Nous sommes prévenus, voilà un film qui ne cherche pas à laisser le spectateur tranquille. Mais peut-on dire pour autant que le ton du film est d'emblée lancé ? Oui et non. Jesus, gamin gâté à la jeunesse dorée, plus ou moins laissé à son compte par un père absent, traîne son ennui, boit et baise comme tant d'autre ados. Un soir, avec sa bande de potes, par ennui et défi, ils tabassent à mort un autre jeune garçon sdf dans un parc. Une longue scène de violence physique et d'humiliation, précédé d'une autre scène montrant une fellation (hétéro) non simulée... Jesus n'elude pas grand chose. On pense d'ailleurs aux récentes provocations du cinéma mexicain contemporain (les films de Carlos Reygadas ou Amat Escalante).

Or Jesus (qui soit dit en passant, ne possède pas encore la maitrise esthétique des réalisateurs en question - c'est le principal défaut du film) est en réalité un film chilien. Franco-chilien pour être exact. Qu'est ce que cela change? Cela n'a peut-être aucun rapport, mais le film possède une respiration différente et inattendue. À mi-parcours, le film bascule progressivement, change de récit et de protagoniste, change même de ton. La première partie, puissante mais étouffante, laisse place à une seconde, plus lente et plus amère. Jesus passe au second plan au profit de son père, et ce sont les codes d'un autre film qui semblent alors se mettre en place, ceux d'un thriller viril où un homme seul contre tous cherche à faire justice lui-même. On passe à un autre terrain cinématographique, lui aussi bien balisé, et pourtant l'alliance des deux crée un étonnant mélange, et une subtilité bienvenue. Le parcours moral des protagonistes prend un relief surprenant pour finalement faire preuve d'encore plus de noirceur que prévu. On pensait avoir un coup d'avance sur le film, mais c'est lui qui au final, nous laisse ko.

par Gregory Coutaut

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