Import/Export
FESTIVAL DE CANNES 2007 -Deux trajectoires évoluent dans des directions opposées. Olga, jeune infirmière ukrainienne, part à la recherche du bonheur à l'Ouest où elle devient femme de ménage dans un service gériatrique en Autriche. Paul était agent de sécurité à Vienne. Au chômage, il prend la route avec son beau-père vers l'Est, en direction de l'Ukraine. Deux destins de jeunes gens à la recherche d'une nouvelle chance, qui se voient confrontés à la réalité crue.
On connaît Ulrich Seidl en France pour son tétanisant et génial Dog days, ou encore pour son fascinant documentaire, diffusé en catimini sur Arte, Jésus, toi qui sais. Il n'aura en outre pas échappé aux cinéphiles attentifs, que Werner Herzog cite l'autrichien parmi ses dix cinéastes préférés. Autant d'excellentes raisons d'attendre énormément de son nouveau projet. Après avoir transité par Vienne au printemps 2006, le tournage d'Import Export s'est achevé à l'automne dernier, en Ukraine. Sur un scénario coécrit par Seidl et Veronika Franz, le film raconte "deux histoires sur la quête du bonheur et de l'argent, sur le côté effrayant de la sexualité, de la mort et sur l'art de brosser les dents d'un renard empaillé", ainsi que l'annonce le grinçant pitch officiel. C'est en tout cas la première fois que Seidl s'autoproduit, via sa société Film-Produktion créée en 2003. Pour l'occasion, le cinéaste a mis les petits plats dans les grands: Import Export est à ce jour son film le plus fastueux, bénéficiant d'un budget de 2,1M€ et d'une photo signée Ed Lachman (Virgin Suicides) et Wolfgang Thaler (Dog Days). La sélection cannoise est une première récompense à cette ambition.
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L'AVIS CANNOIS de Yannick Vély: Le choc. Pendant 2h15, Ulrich Seidl suit les trajectoires de deux marginaux et ça fait mal. Tragi-comédie d'une beauté plastique étonnante qui se termine par un dernier doigt d'honneur à la face du monde capitaliste, Import/Export est la première véritable bombe du festival. Difficile de décrire par des mots simples les nombreuses scènes chocs d'un film très réfléchi. Malgré la noirceur du propos - une Ukrainienne qui devient une femme de ménage dans un hospice autrichien pour malades abandonnés en fin de vie, un Autrichien chômeur fauché et rejeté tente de trouver une place dans la société-, Ulrich Seidl fait preuve d'un humour noir salvateur. Sa présence au palmarès assurerait une belle polémique...


