The Christophers
États-Unis, 2025
De Steven Soderbergh
Scénario : Ed Solomon
Avec : Ian McKellen
Photo : Steven Soderbergh
Musique : David Holmes
Durée : 1h40
Sortie : 10/06/2026






Julian Sklar, ancienne figure majeure du pop art londonien devenu misanthrope n’a plus rien peint depuis des décennies. Ses enfants, avides d’héritage, engagent Lori, restauratrice et ex-faussaire, pour se faire passer pour son assistante. Sa mission : finir en secret une série de huit toiles inachevées, les « Christophers », et en tirer une fortune.
L'ART DE VIVRE
Étrange carrière que celle du scénariste Ed Solomon, spécialisé dans les comédies fantastiques (de Bill & Ted à Dans ses rêves en passant par Super Mario Bros et Men In Black), mais collaborateur de Soderbergh sur trois projets récents complètement différents : la série interactive Mosaic, le thriller No Sudden Move et ce dernier-né sur un pitch que l'on serait tenté de rapprocher des autres films de voleurs du cinéaste mais qui opte pour une tournure plus dramatique. En réalité, on est plus dans la veine d'un film comme A la recherche de Forrester de Gus Van Sant, en moins académique cependant. Le scénario de Solomon ne perd pas une seconde à poser la situation et les non-dits qui informeront le développement de la relation entre les deux protagonistes, entamant ainsi un double portrait, celui d'un vieil homme entier, aussi exécrable qu'amusant (une des meilleures performances d'Ian McKellen), et d'une femme brisée (fascinant visage de Michaela Coel avec un jeu tout en retenue), avant que les cartes ne soient mises sur table afin d'écarter tout potentiel suspense induit par le postulat et de basculer dans une réflexion sur l'art et l'identité, sur la création et la critique, pour qui on peint et pourquoi. Le dispositif quasiment théâtral - le film consiste presque exclusivement de discussions entre deux personnes dans un atelier - est à la fois épousé et transcendé par la mise en scène vivante de Soderbergh, caméra mobile au poing, laissant parfois l'impression que tout le film est en plan-séquence tant son découpage se fait fluide, laissant les acteurs et le texte, régulièrement amusant, prendre le devant de la scène. Et il y a peut-être une part autobiographique dans cette histoire d'un artiste en panne d'inspiration qu'une muse inattendue va raviver. En tout cas, après le doublé de l'an dernier, ça confirme que Soderbergh a de nouveau des choses à dire.






