Backrooms

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Backrooms
États-Unis, 2026
Avec : Chiwetel Ejiofor
Durée : 1h51
Sortie : 17/06/2026
Note FilmDeCulte : ****--
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Une étrange porte apparaît dans le sous-sol d’un magasin de meubles.

IN THE OPEN SPACE, NO ONE CAN HEAR YOU SCREAM

Le film est plus fascinant dans ce qu'il révèle de la psyché de son jeune réalisateur de 20 ans que de la psyché de ses personnages trop stéréotypés. En interview, Kane Parsons semble ne pas être particulièrement cinéphile et si certaines références qu'il cite sont étonnantes, comme One Hour Photo de Mark Romanek ou Punishment Park, il évoque surtout la série Mr Robot et le jeu vidéo Portal là où le spectateur pense à Shining, Massacre à la tronçonneuse et David Lynch. C'est dire comme ces modèles, que Parsons ignore peut-être, ont pu infuser tout un pan de la culture qui est arrivée jusqu'à lui. Et en un sens, c'est ce dont parle le film.

S'il situe son action en 1990, en partie pour épouser l'esthétique vidéo low-res naturellement flippante lors de ses séquences found footage qui constituaient la websérie originale et qui trahissent effectivement l'art vidéoludique comme la plus grosse influence sur la mise en scène de l'horreur de Parsons (la déambulation dans des pièces et couloirs labyrinthiques façon Wolfenstein 3D, l'apparition effrayante non pas du hors champ mais de la profondeur de champ), l'omniprésence d'un monde analogique s'articule en contrepoids avec une angoisse typiquement actuelle. Lors d'une des explications un peu didactiques du film, il est évoqué que cet espace liminal semble conjurer la mémoire de lieux et de personnes réelles mais "altérées", mal souvenues. Outre l'inquiétante étrangeté que revêtent inévitablement ces lieux et êtres, il est impossible de ne pas penser à l'IA générative et ses simulacres plus ou moins foireux de la réalité. Des imitations sans vie de la vie comme symboles de l'horreur existentielle vécue et ressentie par les protagonistes.

Le film n'est jamais aussi bon que lorsqu'il se tait et laisse le spectateur s'identifier au personnage évoluant dans ces backrooms à la moquette et au papier peint jaune malaisant, qui pourraient tout aussi bien être l'enfer de l'open space et autres bureaux comme lieux d'aliénation. Dans ces moments-là, la peur se fait viscérale, l'infiniment grand comme effrayant champ des horreurs possibles, nous refusant tout abri, toute cachette, renvoyant même à une imagerie de contes (les nano-portes à la Alice au pays des merveilles). C'est dans ces moments-là, qu'ils soient en found footage ou non, que Parsons témoigne d'un réel talent de découpage, loin des poncifs de mise en scène et autres jumpscares.

Il s'avère moins à l'aise dès que le film parle - il n'a d'ailleurs pas écrit le script. Les témoignages du personnage principal lors des sessions de thérapie sont assez basiques là où les flashbacks muets de la thérapeute, à défaut d'être terriblement originaux, explorent cette même notion de porosité entre les décors, entre les temporalités, dans une imagerie bien plus effective que la psychologie de comptoir qui va couler le dernier tiers du film, en donnant des explications un peu vulgaires à un mystère qui n'en nécessitait pas ou qui aurait gagné à se comprendre exclusivement sur le terrain visuel. C'est dommage parce que la première moitié est vraiment prenante et intrigante et horrifiante mais peut-être qu'il n'y avait pas de quoi transformer un creepypasta en long métrage conventionnel. Heureusement, Parsons continuera et, on l'espère, avec un autre scénariste.

par Robert Hospyan

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