15e QUINZAINE DU CINEMA FRANCOPHONE: carrément à l'est
Belles avant-premières rue Quincampoix. Commençons par celle, donné samedi, du nouveau film de Lionel Baier, Comme des voleurs (à l'est), à laquelle nous vous encouragions à vous rendre. Notre oracle cinéphile était, ô joie, bon: le film est e
Belles avant-premières rue Quincampoix. Commençons par celle, donné samedi, du nouveau film de Lionel Baier, Comme des voleurs (à l'est), à laquelle nous vous encouragions à vous rendre. Notre oracle cinéphile était, ô joie, bon: le film est excellent, plein de fraîcheur, rappelant le ton de la nouvelle vague des pays de l'est, façon Forman des Amours d'une blonde. L'humour, l'intelligence scénaristique et de mise en scène (enthousiasmantes intuitions de montage, excellente utilisation de Ravel en fond musical et beau travail sur le son), tout concourt à faire de ce second long métrage la confirmation d'un auteur. Ajoutez-y des acteurs formidables, à commencer par Natasha Koutchoumov, déjà excellente dans Garçon stupide, ici très touchante en grande soeur intransigeante. Nul doute que nous reviendrons très vite, dès que ce grand film en voyage trouvera le chemin de la distribution.
Ce qui, apparemment, ne sera hélas pas le cas d'Un homme ordinaire, le très troublant thriller de Vincent Lannoo (Strass), sorti en Belgique depuis un bail, mais toujours inédit sous nos latitudes. On se permettra de le déplorer: petit bijou d'humour noir à la belge (on pense régulièrement à C'est arrivé près de chez vous), cette histoire de séquestration et de syndrôme de Stokholm, qui prend aujourd'hui un éclairage neuf à la lumière de l'affaire Kampusch, rejoue un Fargo du plat-pays, en plus dérangeant. On se permettra de regretter la toute dernière image, unique pirouette maladroite d'un film équilibriste mais, toujours, miraculeusement sauf. Lannoo confirme à son tour sa patte de metteur de scène soucieux de ses dialogues et du décalage de ses effets. Il rappelle aussi qu'un film à peu de frais peut tout à fait avoir une sacrée tenue.
Pour la suite, on vous encourage vivement à fréquenter la rétrospective Lucian Pintilié, entamée hier, et de quelle manière, avec l'impressionnant Chêne, chef-d'oeuvre noir foisonnant, en une Roumanie désespérément bordélique. La suite tous les soirs de cette semaine à 18h30.
Enfin, on pourra vérifier ce soir à 20h30 si la très flatteuse réputation du belge Joachim Lafosse, acquise de festival en festival, est méritée, à l'occasion de l'avant-première de Ca rend heureux.