Michelle Pfeiffer
États-Unis
Reine de beauté dès son plus jeune âge, Miss Orange County quelques années plus tard, icône sexuelle du début des années 90, Michelle Pfeiffer, comme toutes ses collègues hollywoodiennes, a dû passer par les hauts et bas imposés par une industrie qui ne supporte pas les actrices nées avant 1970. La fin du siècle dernier semblait l’avoir enterrée. Mais, économisant dès lors ses apparitions à l’écran, Michelle Pfeiffer a survécu et s’est offert cet été l'un de ses plus gros succès sur le territoire américain avec Hairspray.
MICHELLE MA BELLE
"Je dois admettre que chanter dans ce film en particulier a été plus dur que tout ce que j’ai pu faire avant en la matière. Les mélodies sont tellement vives que vous avez à peine le temps de reprendre votre souffle. Mais une fois passée la phase du ‘Oh mon Dieu, que suis-je venue faire dans cette galère?’, c’était un pur plaisir de chanter à nouveau". Voici ce que déclarait Michelle Pfeiffer il y a peu à propos de Hairspray, elle qui, dans la mémoire collective, est née au cinéma en chantant dans la suite un rien nanardeuse d’un Grease qui, lui, est resté culte. Tout a débuté pourtant plus tôt pour Michelle, peut-être lors des parades électriques de Disneyland où elle incarnait une toute jeune Alice. Ou peut-être lorsque les joies de son job peu palpitant de jolie caissière l’ont poussée à aller voir si l’herbe était plus belle ailleurs. Michelle débute dans des séries télé, dont un épisode de Chips. Les choses s’accélèrent rapidement avec Grease 2, mais aussi Scarface sous la direction de Brian de Palma. Dans l’ombre géante d’Al Pacino, Elvira Hancock lui permet de s’imposer un peu plus. Au point de se voir offrir le rôle principal de Ladyhawke deux ans plus tard. Mais son premier vrai succès commercial arrivera avec Les Sorcières d’Eastwick. Sa carrière de star est lancée.
LA FELINE
En 1988, Michelle Pfeiffer est au générique des Liaisons dangereuses signé Stephen Frears. Un chef d’œuvre, mais le rôle en or est pour Glenn Close, impériale en Marquise de Merteuil. Pfeiffer se distingue malgré tout dans la peau délicate de Madame de Tourvel et reçoit sa première nomination aux Oscars. L’un de ses plus beaux rôles intervient l’année suivante avec Susie et les Baker Boys, où elle incarne l’héroïne titre, chanteuse de bars renversante. Archi favorite pour la statuette dorée, Pfeiffer se voit souffler la politesse par la vénérable Jessica Tandy dans Miss Daisy et son chauffeur. Après des retrouvailles ratées avec Al Pacino dans le mollasson Frankie et Johnny, au moment où elle laisse passer les rôles principaux du Silence des agneaux et de Basic Instinct, Michelle Pfeiffer se transforme en icône sous l’œil avisé de Tim Burton qui fait d’elle une Catwoman inoubliable dans Batman, le défi, malgré un costume encombrant ("Je me suis dit: je ne peux pas bouger, je ne peux pas respirer, je ne peux pas penser, je ne suis pas bien. Je ne peux pas le jouer"). Le film, dédié à ses freaks, réserve une part du gâteau plus généreuse envers Catwoman et le Pingouin que Batman lui-même. Alors à son sommet, Pfeiffer se paye le luxe de tourner sous la direction de Martin Scorsese dans Le Temps de l’innocence. Le film marquera étrangement le début d’une petite traversée du désert.
DERRIERE LES APPARENCES
Entre les romances un peu flapies et anecdotiques (avec Redford dans Personnel et confidentiel, Clooney dans Un beau jour et Willis dans Une vie à deux), les succès au box-office de films très moyens (l’évangélique Esprits rebelles, à l’occasion duquel elle fait face à Coolio dans un clip) et les vrais navets (Aussi profond que l’océan), la carrière de Michelle Pfeiffer semble avoir besoin d’un second souffle. Celui-ci viendra avec Apparences, un exercice de style hitchcockien mené de main de maître par Robert Zemeckis. Pfeiffer, en blonde héroïne façon sir Alfred, y obtient son meilleur rôle depuis pratiquement dix ans. Le film cartonne, mais la vraie star reste la caméra virtuose du réalisateur. Après une fin des années 90 frénétique (dix films en cinq ans), Michelle prend son temps. En 2002, avec Laurier blanc, elle interprète le rôle d’une mère ambiguë, poétesse vampire qui se voit Viking. Le film bide mais sa performance sera unanimement saluée. Enfin, le triomphe de Hairspray récompense une comédienne qui a su s’économiser pour faire les bons choix, ici celui d’une ancienne reine de beauté aussi superbe que venimeuse. Quelques semaines plus tard, Le Mystère de l’étoile sort aux Etats-Unis et fait un flop. Mais Michelle n’en est plus, maintenant, à un retour près.
En savoir plus
2007 Le Mystère de l’étoile 2007 Hairspray 2003 Laurier blanc 2002 Sam je suis Sam 2000 Apparences 1999 Le Songe d’une nuit d’été 1996 Personnel et confidentiel 1995 Esprits rebelles 1994 Wolf 1993 Le Temps de l’innocence 1992 Batman, le défi 1992 Frankie et Johnny 1991 Susie et les Bakers Boys 1989 Tequila Sunrise 1989 Les Liaisons dangereuses 1988 Veuve mais pas trop 1987 Les Sorcières d’Eastwick 1984 Scarface 1984 Ladyhawke 1982 Grease 2 1981 Charlie Chan and the Curse of the Dragon Queen 1980 Falling in Love Again


