Michael Fassbender

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Verra-t-on seulement un jour Michael Fassbender dans une bluette du dimanche soir, dans le rôle d’un chaton bienheureux qui n’impliquerait ni pendaison, ni torture, ni champ de bataille, ni grève de la faim, ni mort violente ? Non ? Tant mieux. Quand bien même il incarnerait à merveille le plombier au grand cœur, Michael Fassbender refuse de céder à la facilité. A l’affiche de quatre films en moins d’un an, Fassbender est celui dont on retient la plus brève apparition, celui que les fins connaisseurs gardaient jalousement pour eux, avant que la rumeur ne s'empare des plus hautes sphères (Quentin Tarantino, David Cronenberg, Steven Soderbergh et Ridley Scott se l'arrachent). En une poignée de rôles impétueux, physiques et ultra sexués, Michael Fassbender réinvente la classe européenne.

CORPS ET ÂME

Il a fallu attendre X-Men : Le Commencement pour révéler au grand public son charisme insensé, cette désinvolture fragile, teintée d’ironie, et voilée d’un soupçon de perversité. Travailleur acharné, investi comme un damné, Michael Fassbender a trouvé dans la révolte et la détresse d’Erik Lenhsherr / Magneto, le survivant des camps, un splendide écho à ses propres obsessions d’acteur. Qu’il soit un guerroyeur invétéré (300), un romain en cavale (Centurion), un prétendant énigmatique (Jane Eyre), un peintre maudit (Angel), un père occasionnel (Fish Tank) ou un prisonnier insoumis (Hunger), Fassbender se jette à corps perdu dans un univers insolite, un lieu trouble et dangereux, parfois à la limite de la démence. Fassbender est joueur et aime jouer de son excentricité. Insaisissable, l’homme défend le panache dans la débâcle, l’éloquence raffinée dans un gouffre d’amertume. La tiédeur, connaît pas. Aussi félin dans l’épreuve de force que dans la retenue, Michael Fassbender possède à l’écran cette présence puissante et toute charnelle qui fixe les esprits. A n’en pas douter, l’athlète soumis à 10 semaines d’entraînement brutal (4 heures par jour, 5 jours sur 7) pour incarner le frondeur Stelios dans 300 ne rechigne pas à exploiter son avantageux physique. Un brin masochiste, Fassbender abandonne aussitôt ses bonnes résolutions alimentaires pour les besoins de Hunger. Il s’exile à Los Angeles, loue une maison en bord de mer à Venice, et mène une vie monacale pendant 10 semaines. Au terme d’un régime slim fast and furious à base de noix et de sardines en conserves, il se retrouve nu, anémique, les côtes saillantes et la peau décharnée. Mais le plus spectaculaire dans Hunger n’est pas tant sa métamorphose que son intransigeante détermination. On se souvient de ces éprouvantes 16 minutes de dialogues échevelés tournées en plan fixe et en plan-séquence, pour lesquelles Fassbender a répété nuit et jour sans ciller. Aux côtés du perfectionniste et débonnaire Steve McQueen, le tournage a pourtant été… "a lot of fun". Michael Fassbender, joyeux drille hors écran, a une définition large de l’entertainment.

BOND. JAMES BOND ?

Ce dévouement, l’acteur le tient de sa rigueur irlandaise… à moins que ce ne soit sa jovialité allemande. Il est le premier à plaisanter de ses origines. Né en 1977 à Heideberg, en Allemagne, d’un père allemand (Josef) et d’une mère irlandaise (Adele), élevé à Killarney en Irlande avec sa grande sœur (Catherine) et résidant principalement à Londres, Michael Fassbender est un embrouillamini linguistique, un Européen dans l’âme qui ne se soucie plus des frontières. C’est grâce à sa connaissance de l’allemand qu’il décroche le rôle du lieutenant Archie Hicox dans Inglorious Basterds… alors qu’il convoitait celui du machiavélique Landa. Pour se préparer, Fassbender suit des cours intensifs de français et d’italien. Peine perdue, Quentin Tarantino a déjà choisi Christopher Waltz. Mais ce rouquin aux yeux bleus, qui a lui-même adapté et mis en scène à 18 ans une version théâtrale et fauchée de Reservoir Dogs, titille la curiosité du réalisateur. Terrifié à l’idée d’être le canard boiteux d’une distribution en or massif, Michael Fassbender révise pieusement l’intégralité de la filmographie de George Sanders (le modèle avoué de son personnage) et réussit à imposer son élégance, son humour, son accent subtilement déguisé, et son rythme - détails vitaux chez Tarantino -, dans une séquence digressive et charnière d’anthologie. Dans X-Men : Le Commencement, Fassbender exacerbe son profil d’aventurier polyglotte tout-terrain. Téléporté dans les années 60, aussi bien vêtu qu’un agent secret au service de sa Majesté, Fassbender réveille de nouveaux fantasmes. Et si c’était lui, le successeur de Daniel Craig dans la peau de James Bond ? Matthew Vaughn ne tarit pas d’éloges sur son Sean Connery germano-irlandais et ne serait pas contre, le cas échéant, reprendre les commandes de la franchise. Doux rêve.

REMBOBINEZ S’IL VOUS PLAIT

Dans une autre vie, Michael Fassbender préparerait des cocktails dans un bar (ses parents, aujourd’hui retraités, étaient restaurateurs). Ou bien il se laisserait pousser les cheveux pour maltraiter une guitare dans un groupe de metal (c’est un fan d’Iron Maiden). C’est un enfant calme et sans histoire. Le cerveau de la famille, c’est Catherine, sa grande sœur, devenue neuropsychologue. Lui se trouve moyennement stupide. "J’ai dû ouvrir mon premier livre à 12 ans, c’était Winnie l’Ourson." Il rêve, comme tous les petits garçons, d’être Superman. Il vénère L’Homme qui valait trois milliards… Il perd tous ses moyens devant Les Dents de la mer. Sa mère se passionnant pour le cinéma américain des années 70, il dévore Mean Streets, Un après-midi de chien, Le Parrain, Voyage au bout de l’enfer… Al Pacino et Robert de Niro sont ses héros. L’envie de jouer est là. Il ne songe plus à devenir architecte, journaliste ou reporter de guerre. A 17 ans, il monte sur la scène d’un pub pour incarner l’une des Ugly Sisters (soit Javotte, soit Anastasie) dans une adaptation très libre de Cendrillon, croisée avec Le Petit Chaperon rouge et Jack et le haricot magique. Après une courte formation théâtrale, il se jette à l’eau. Dans ses moments les plus ras les pâquerettes, le jeune Michael passe ses nuits à décharger des camions avant de courir les castings avec la fraîcheur d’un mort-vivant. Son assiduité finit par payer. A 24 ans, il intègre le casting de la mini-série Frères d’armes (Band of Brothers) dans lequel il tient un petit rôle. Il y croise d’ailleurs James McAvoy, son futur partenaire de X-Men. Sa carrière américaine est lancée, Fassbender en est convaincu. L’année suivante est placée sous le signe victorieux du chômage. Retour à la case départ. Le freluquet est réexpédié en Angleterre. Le succès passera par des chemins plus sinueux : quelques apparitions furtives, un téléfilm sur Winnie l’ourson, son vieux livre de chevet (Winnie, un ourson de légende), des rôles en costumes (La Revanche de Sherlock Holmes), un épisode d’Hercule Poirot, un personnage d’ange déchu (Hex : la Malédiction)… Et puis le grand écart 300 / Angel. François Ozon a le bon goût de miser sur Fassbender (sans avoir vu le film de Zach Snyder). Peut-être s’est-il amusé de l’homonymie avec Rainer W. Fassbinder. Après cinq auditions, Michael Fassbender devient Esmé, l’artiste torturé et renié par ses contemporains. Déjà, tout Fassbender est là : le charisme, l’insolence et la noirceur. Un prince charmant, insidieusement terrifiant.

LES SENTIERS DE LA GLOIRE

Andrea Arnold saisit parfaitement l’ambivalence de son image, ce magnétisme trouble qui éblouit et bouscule le quotidien d’une petite famille désorientée. Dans Fish Tank, le chaleureux Connor (Fassbender) est celui qui concentre tous les fantasmes. Peut-on trouver meilleur amant, meilleur ami, meilleur père de substitution que cet inconnu surgi de nulle part qui fredonne dans la voiture California Dreaming de Bobby Womack ? Impossible de le haïr, même quand il révèle la pire des lâchetés. Toute l’intensité du film repose sur un jeu du chat et de la souris entre Mia (Katie Jarvis) et Connor. Fassbender, qui a signé sans pouvoir lire le scénario, révélé aux acteurs au fur et à mesure du tournage, a toute latitude pour improviser et déployer son immense capital sympathie. Même l’imparfait Centurion et l’affreux Jonah Hex (merci Josh Brolin, qui lui a proposé le rôle par amitié) ne réussissent à ternir son étoile. Car plus rien n’arrête Michael Fassbender. Tout le monde le veut. Steven Soderbergh pour Haywire face à une ex-catcheuse, David Cronenberg pour A Dangerous Method, aux côtés de Viggo Mortensen, Cary Fukanaga pour une relecture de Jane Eyre (l’occasion de faire plaisir à sa mère et sa sœur, amoureuses de l’œuvre), Brendan Gleeson qui réalise son premier film adapté du roman At Swim-two Birds et s’offre un casting irlandais quatre étoiles (Colin Farrell, Cillian Murphy, Gabriel Byrne…)… Au cas où Michael Fassbender échapperait encore aux radars de la cinéphilie, Ridley Scott lui offre un passionnant rôle d'androïde dans Prometheus, projet surexcitant qui reviendrait à l’esprit du premier Alien. Les deux hommes se sont tellement bien entendus qu'ils se retrouveront pour The Counselor, d'après un scénario de Cormac McCarthy. Mais c'est encore Steve McQueen et son deuxième coup d'éclat (le magnifique Shame) qui le propulsent vers de nouveaux sommets. En septembre 2011, un jury présidé par Darren Aronofsky lui remettait la coupe Volpi du meilleur acteur à la Mostra de Venise. En attendant une troisième collaboration avec McQueen aux côtés de Brad Pitt (Twelve Years a Slave), une avalanche de trophées et de distinctions, Michael Fassbender est ce charmant trentenaire qui part en vacances avec ses parents, mitonne un bon plat d’agneau pour Mia Wasikowska durant les heures creuses de Jane Eyre, se passionne pour les belles cylindrées et continue de boire des pintes au pub, ni vu ni connu, en toute sérénité.

par Danielle Chou

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