Oklahoma Honey
The Rivals of Amziah King
États-Unis, 2026
Avec : Matthew McConaughey, Kurt Russell
Durée : 2h10
Sortie : 19/08/2026






Au cœur des terres reculées de l’Oklahoma rural, Amziah King, personnage charismatique au talent musical hors du commun, veille sur une bande de marginaux passionnés de bluegrass tout en supervisant la plus importante exploitation apicole de la région. Lorsque sa fille adoptive, dont il était éloigné depuis des années, réapparaît soudainement, Amziah y voit l’occasion de renouer les liens et de bâtir avec elle une entreprise familiale. Mais le monde du miel est sans pitié, et les rivaux d’Amziah menacent de détruire tout ce qu’il a construit.
YES, THE BEES
Au premier abord, lorsque l’on voit débarquer ces musiciens dans une station-service, on est tenté de rouler des yeux face à l'ambiance bluegrass qui se préparait à s'enjailler. Et là Matthew McConaughey arrive et se met à chanter et on est à donf. La musique adoucit les mœurs, dira-t-on, mais ce qui séduit, c'est davantage l'esprit de communauté que capte une fois de plus Andrew Patterson après son premier long radicalement différent (le Twilight Zone-esque The Vast of Night). Ce premier interlude musical donne immédiatement lieu à un élément déclencheur que l'on croit être celui du film mais qui s'avère surtout celui du premier segment, déroulé presque en temps réel, le cinéaste parvenant encore ici à travailler la durée pour traduire une authenticité immersive, présentant habilement les lieux, la situation, les personnages, la communauté donc, mais aussi l'humour même dans les pires moments.
L'accroche est improbable - on est dans le milieu d’apiculteurs qui jouent de temps en temps du banjo - et pourtant c'est du miel. Dans un premier temps, il y a la particularité de ce domaine qui apporte une certaine dose d'originalité, puis il y a la caractérisation, avec un McConaughey charismatique au possible et qui n'avait sans doute pas été aussi beau depuis longtemps. Et dans un second temps...il n'y a rien. Rien qui ressemble à une intrigue. On n'est même pas dans de la chronique de la vie d'un apiculteur de l'Oklahoma, on est plutôt dans une sorte de hang out movie qui nous accueille comme Amziah King accueille la protagoniste dans sa bienveillante famille d'adoption. On avait commencé la séance métaphoriquement les bras croisés et on se retrouve désarmé par une plongée communicative en diable dans cet univers. Les scènes se suivent et "l'histoire" ne démarre jamais, Patterson étirant l'exposition du premier acte chargée de nous attacher aux personnages sur toute la première heure ! Par conséquent, on n’est pas simplement attachés aux personnages, on est fucking IN LOVE. Franchement, ça aurait pu durer trois heures tant c'est que du bonheur.
A ce stade, on ne sait plus à quoi s'attendre et lorsqu'arrive la césure à mi-parcours et que le scénario bascule dans quelque chose de beaucoup plus plot-driven, difficile de ne pas accuser une certaine déception devant un récit qui se fait plus conventionnel. Les personnages ont désormais un objectif et du coup, la suite des événements se fait moins surprenante, plus attendue, mais a l'intelligence de continuer à exploiter la spécificité de ce microcosme, de cette topographie, pour se distinguer du film de gangsters classique, et continue à incarner dans l'action son propos sur la communauté, dont les colonies d'abeilles sont une évidente allégorie, sur le travail collectif et l'entraide. Si la deuxième moitié n'atteint jamais les sommets de l'impeccable première heure, l’horriblement nommé (en France) Oklahoma Honey reste un très joli film.






