L'Invitation
The Invite
États-Unis, 2026
Avec : Penélope Cruz, Edward Norton, Seth Rogen
Durée : 1h47
Sortie : 16/09/2026






Angela et Joe invitent leurs mystérieux nouveaux voisins du dessus à dîner. La soirée va alors rapidement faire voler en éclats toutes leurs certitudes.
DEVINE QUI VIENT PINER
Adaptation US du film espagnol Sentimental, soit le septième de NEUF remakes en sept ans (Italie, Allemagne, France, Russie, République Tchèque, Corée du Sud, Portugal et Hollande), L'Invitation se démarque d'emblée de ses prédécesseurs par le sens accru de la mise en scène dont témoigne Olivia Wilde. Retrouvant la verve de son premier film, la réalisatrice semble prendre toutes les bonnes décisions. Outre la pellicule qui confère à l'image cette nature tactile, tangible, cette profondeur, on sait qu'on est devant un film de cinéma et le découpage a-cé-ré qui va suivre distingue définitivement l'approche esthétique du théâtre filmé. Chaque axe est réfléchi, chaque entrée de champ, chaque report de point. Chaque plan soudainement très large, exploitant la largesse de ce décor gigantesque, un appartement presque labyrinthique et donc symbolique, que Wilde divise régulièrement en cadres dans le cadre, enfermant les personnages, les séparant, utilisant les reflets pour mieux signifier leur fuite, leur souci des apparences. Ce n'est jamais filmé comme une comédie tout en restant impeccable sur le tempo comique.
Dans l'écriture également, c'est une joyeuse cacophonie qui érige la joute théâtrale au rang de screwball comedy, insufflant l'ensemble d'une énergie qui porte le film pourtant plus long de 20 minutes que presque toutes les autres versions (qui font toutes entre 77 et 93 minutes). Et puis il y a les prestations remarquables des quatre comédiens, notamment Rogen fidèle à lui-même mais agrémentant clairement les dialogues de ses improvisations, Wilde aux antipodes de sa performance dans I Want Your Sex (mais qui a visiblement opté de s'emparer du sujet cette année) et le trop rare Norton à contre-emploi. Ils apportent ce naturalisme typiquement américain qui assoit la plus boulevardienne des intrigues dans une réalité ancrée.
Et la comédie est drôle, ce huis-clos en temps réel minant la friction entre humour et tension, sur le couple et la sexualité, et il faut vraiment atteindre le dernier tiers pour que le soufflé retombe malheureusement quelque peu. Lorsque le récit opère l'inéluctable implosion cathartique dramatique, la charnière pour y basculer est paresseuse et les "non-dits" qui sortent enfin sont un peu trop banals, même si forcément justes, pour servir de conclusion à la hauteur du crescendo névrosé qui a précédé. Et la fin est aussi jolie que trop rapide donc touchante mais pas entièrement convaincante. Mais c'est un sacré rebond après le ratage Don't Worry Darling.






