Good Luck, Have Fun, Don't Die
États-Unis, 2026
De Gore Verbinski
Avec : Sam Rockwell
Durée : 2h15
Sortie : 15/04/2026






Un soir, dans un resto minable de Los Angeles, un homme étrange et débraillé débarque avec un détonateur à la main et affirme venir du futur. Ce serait la 117ème fois qu’il remonte le temps pour empêcher l’apocalypse déclenchée par une IA et sauver une humanité lobotomisée par les écrans. Son ultime stratégie : recruter les clients du restaurant pour former une équipe capable de sauver le Monde. Si ce groupe aussi improbable que mal préparé y parvient, alors l’Humanité a peut-être encore une chance… Ou peut-être pas. Qui sait ?
OK BOOMER
S'il n'a pas une patte identifiable comme certains de ses contemporains ayant émergé de la pub et étant passé par l'écurie Bruckheimer, Gore Verbinski s'est imposé tout de même comme un des artisans les plus intéressants, passant d'un cartoon live à une comédie de gangsters puis à un remake de film d'horreur (supérieur à l'original) avant d'attaquer les blockbusters et de revenir à des projets atypiques tels que The Weather Man et Rango. Malheureusement, depuis 20 ans, chaque nouveau film s'est avéré moins bon que le précédent. Et ça faisait neuf ans qu'il n'avait pas refait un film. Le voici donc revenir hors des sentiers battus, loin des studios, avec un petit ride qui en a gros sur la patate, sorte de Terminator de la lose où la combat de l'Homme vs. l'intelligence artificielle n'a malheureusement plus rien d'exotique mais de tristement quotidien. Après tout, ce n'est sans doute pas un hasard si le diner où le protagoniste débarque pour recruter son équipe se baptise "Norms". Dans un premier temps, après une entrée en matière déjà amusante portée par l'énergie comique du toujours parfait Sam Rockwell, l'improbablement nommé Good Luck Have Fun Don't Die présente une première vignette technophobe et on craint un peu le film de vieux con. Toutefois, si le film a beau ressembler à un menu Maxi Best Of d'épisodes de Black Mirror, c'est justement l'accumulation des exemples et surtout leur traitement exacerbé qui fait le sel du film, renvoyant aux films de SF des années 50 et à leurs sous-textes exploitant les peurs du quidam.
Derrière un humour qui ose parfois être des plus noirs (cf. tout ce qui touche aux fusillades) ou simplement barré (le prompt final) se cachent les sincères craintes d'un daron (et d'un artiste) pour l'avenir de nos enfants et plus largement de notre civilisation, trop à-même de céder aux sirènes des paradis virtuels. Néanmoins, dans son aspiration à couvrir un large spectre de questions, le film s'allonge quelque peu - Verbinski n'ayant toujours pas appris à resserrer convenablement son récit - ce qui est dommage d'autant plus que son exploration passe sans doute à côté des risques plus insidieux de la technologie aujourd'hui. Et sa résolution ne dépareille par conséquent pas vraiment de ses prédécesseurs dans ce sous-genre spécifique. Mais "son cœur est au bon endroit", comme disent les anglo-saxons, et ça reste généreux et fun, et formellement très engageant, le cinéaste soignant chaque composition de cadre, chaque petit mouvement, pour rythmer son découpage, avec juste assez de personnalité pour se distinguer, signant facilement son meilleur film en vingt ans.






