Godzilla Minus Zero
La guerre a détruit le Japon. Godzilla a réduit ses ultimes espoirs à zéro. Deux ans ont passé. Depuis, le pays se bat sans relâche pour se relever et retrouver peu à peu une vie quotidienne. Alors que l’humanité commence enfin à renouer avec une paix difficilement acquise, une nouvelle menace surgit et anéantit tout espoir en un instant.
GODZILLA MINUS HEART
Après la réussite inattendue du reboot il y a trois ans, on attendait cette suite de pied ferme. Malheureusement, c'est une petite mais certaine déception à l'arrivée. Si le film impressionne une nouvelle fois, et ce dès l'introduction, par son sens du spectacle, toujours ancré dans une réalité parvenant à naviguer habilement entre hauteur d'homme et gigantisme, on ne retrouve jamais totalement ce qui faisait la force narrative du précédent. Dans Godzilla Minus One, le monstre donnant son titre au film aurait tout aussi bien pu être absent qu'il resterait un très solide et touchant récit de survivants de guerre essayant de se reconstruire. Dans Minus Zero, c'est la dimension humaine qui est trop largement absente du film pour qu'il se fasse aussi engageant que son prédécesseur. A la métaphore de la culpabilité et de la guerre symbolisée par la créature dans le premier tome succède une allégorie de la course à l'armement incarnée dans l'action et dans la présence d'une nouvelle créature (les attaques ne faisant qu'escalader la situation dans une surenchère littérale d'inspiration mythologique). Par conséquent, l'intrigue s'articule presque exclusivement autour des stratagèmes imaginés pour vaincre la menace, délaissant la dimension personnelle pour des scènes bavardes et répétitives de personnages penchés au-dessus de tables couvertes de plans.
Il y a bien une réflexion récurrente sur le bien-fondé du sacrifice, rebondissant de façon pertinente sur la thématique du chapitre d'avant, mais elle demeure timide, même lorsque le scénario exploite enfin, au bout d'une heure, une des nouvelles données de cette suite, permettant de lier le micro et le macro, le facteur humain au sein du propos plus large sur la guerre et la vengeance, autre notion là aussi pas assez fouillée alors que le personnage du vieux docteur est une excellente idée et que le film dépeint régulièrement des tableaux de dévastation d'une noirceur surprenante. Il faut attendre la toute fin, après le second des deux énormes morceaux de bravoure du film qui risque de tomber dans la baston de pixels mais s'en sort haut la main, pour que l'émotion explose enfin. De manière générale, le film, tout d'abord laborieux, va en se bonifiant, mais on voit surtout une mayonnaise qui aurait pu mieux prendre si ses ingrédients avaient été un peu mieux dosés et mélangés.







