Kill Bill Vol. 2

Kill Bill Vol. 2
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Kill Bill Vol. 2
De Tarantino Quentin
Éditeur : TF1 Vidéo
Zone 2
Nombre de disques : 1
Sortie : 06/01/2005
Note du film : ******
Note FilmDeCulte : ******
Location DVD online
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La mariée, après avoir tué deux de ses anciens complices, poursuit sa vengeance contre ceux qui ont massacré sa famille, notamment le fameux Bill, son ancien commanditaire.

PUMP UP THE VOLUME 2

Il convient, en premier lieu, de se demander si Kill Bill, tel que l’on peut aujourd’hui le voir dans sa globalité, a réellement un jour été envisagé comme un seul et unique film, tant les deux segments qui le composent sont différents, voire antagonistes. Il serait de bon ton de rejoindre la curée de journalistes reprochant aux frères Weinstein, producteurs du film et des précédents de Tarantino, d’avoir contraint leur génie le plus lucratif à couper son chef d’œuvre en deux afin d’augmenter son potentiel commercial. Quitte à décevoir les défenseurs les plus acharnés du cinéma d’auteur, les partisans les plus sincères de la vision originale du cinéaste, osons l’affirmer haut et fort: si Tarantino a effectivement été contraint de "saborder" son film, alors rendons hommage aux responsables de ce soi-disant "carnage" et affirmons une bonne fois pour toutes que, monté en un seul très long métrage, ce Kill Bill aurait été un piètre film. Décousu, hétérogène, pourri de l’intérieur par une trop grande profusion de références, comme a pu l’être pour les même raison un Pacte des loups de sinistre mémoire.

En l’état, le président du Festival de Cannes en 2004 accouche de deux petits chefs d’œuvre, deux œuvres magnifiques, qui se complètent, se répondent, se renvoient l’une vers l’autre par le biais de subtils clins d’œil réjouissants. Envisageons donc plus ou moins ce Vol. 2 comme un seul et unique film, une œuvre à part entière qui se suffit, ou presque, à elle-même. Envisageons-le comme un métrage dont il ne faut absolument rien savoir avant de pénétrer dans la salle, un métrage dont tout spoiler risque d’en gâcher l’absolue beauté. Appréhendons-le simplement comme un diamant d’une générosité inouïe qui prend de l’ampleur au fur et à mesure que sa projection avance, et qui dépasse en perfection le déjà sublime premier épisode. Un second volume radicalement différent du précédent donc, dans lequel les combats sont très peu nombreux, la première heure légèrement trop décousue et le tout sans doute un peu long (l’on pourrait sans peine retirer quelques scènes qui n’ont d’autres réelles fonctions que celle d’humaniser ou de "tarantinoïser" les personnages).

2 MUCH

Les paragraphes qui suivent contiennent d’importantes révélation sur le déroulement de l’intrigue et peuvent gâcher la vision du film. Sachez simplement que ce Vol. 2, couplé au premier, donne sans doute le plus beau film de Quentin Tarantino.

A l’ouverture granuleuse sur le logo des Shaw brothers du premier épisode, Tarantino oppose ici un splendide noir et blanc qui annonce paradoxalement la couleur sous la forme d’une publicité reprenant les arguments commerciaux de la bande-annonce. Après une "furieuse frénésie de vengeance dans un déchaînement de violence", il s’agit maintenant d’aller au plus vite au but inscrit sur le carnet de la mariée: Tuer Bill. Ce parcours du personnage, ponctué des meurtres de ses anciens complices, sera également celui du film à travers un univers précis, celui du cinéma, et plus précisément celui du cinéma par lequel le réalisateur a construit sa culture et son œuvre. Le Volume 1, plus qu’un déchaînement de violence, était un condensé - hallucinant de maîtrise et de virtuosité – de pop culture, mélangeant allègrement les références aux genres longuement considérés comme secondaires que sont le manga, le film d’arts martiaux, le chambara, etc. Le Volume 2 au contraire sera un véritable western, constitué des archétypes du genre: cow-boy solitaire, alcool, saloon, paysages désertiques, santiags, etc. Un western bercé par les mélodies de Morricone, et par ailleurs entrecoupé de scènes empruntées à d’autres genres – l’on pense notamment à l’entraînement de la Mariée faisant ouvertement référence au cinéma d’action chinois par le biais du personnage de Pai Mei, interprété ici par le cabotin Gordon Liu, acteur de la série de La 36ème Chambre. On pense aussi au cinéma d’horreur à travers les plans sur les yeux arrachés et la scène de résurrection (empruntant au film de zombie le code visuel de la main qui sort de terre).

Western certes (Sergio Leone, Joseph Le Reptile Mankiewicz, Sergio Corbucci y sont cités), mais western spaghetti et bavard, qui surprend par son parti pris systématique de décentraliser l’action, qui devient ainsi anecdotique, voire anodine. Carrément reléguée même, au fin fond de la caravane de Budd où a lieu le mémorable combat qui oppose Elle et elle, Daryl Hannah à Uma Thurman, véritables furies. Si Tarantino sacrifie parfois à ses tics les plus regrettables (le monologue superflu autour du personnage de Superman), il parvient ici, comme dans son émouvant Jackie Brown, à insuffler une véritable moelle à ses personnages, qui dépassent le statut de vignette qu’ils pouvaient avoir dans Pulp Fiction, ou d’icône dans le Volume 1. Les dialogues sont beaux, les dialogues sont forts, et dès la première (si l’on exclut l’extra-diégétique prologue) scène, le ton est donné: la confrontation armée entre Bill et la Mariée lors du mariage de cette dernière se déroulera hors champ, laissant la place à cette première rencontre anthologique et dialoguée avec le fameux Bill, dont seule la voix était révélée dans le précédent épisode. Tarantino s’est assagi. Tarantino a mûri. Pas de cri, pas de coup de feu, mais une conversation, belle à en pleurer, faite de sourires, de coups d’œil émus - une conversation qui renvoie à celle tout aussi belle, rythmée par le son de flûte, autour du feu de camp. L’adieu à l’amant, l’adieu au père, le premier devenant contre son gré le second.

2 OU 3 CHOSES QUE JE SAIS D’ELLE

Tarantino, dont le cinéma était au départ exclusivement masculin (voir l’exécrable personnage de Maria de Medeiros dans Pulp Fiction), réussit un nouveau et splendide portrait de femme après celui de Jackie Brown. Kill Bill, c’est avant tout le U de U&Q, les deux auteurs de l’idée originale (Uma et Quentin). Kill Bill Vol. 2, c’est surtout la renaissance d’un personnage terrassant d’émotion, effectuant un véritable chemin de croix. Battue, laissée pour morte, enterrée vive, elle renaît à la vie dans une scène d’une beauté à couper le souffle, qui parvient à matérialiser à l’écran l’horreur ultime telle qu’on ne l’avait pas vu au cinéma depuis la terrible Emprise des ténèbres de Wes Craven, film dans lequel Bill Pullman se retrouvait lui-même enterré vivant. U, c’est Béatrice, c’est la mère d’une petite fille qu’elle retrouve au milieu du film, jouant avec son père. U, c’est avant tout la beauté de ce plan final qui la voit allongée sur le carrelage de la salle de bains, riant, pleurant, sans doute les deux à la fois. Comment a-t-elle appris à se battre? D’où vient sa technique de l’arrachage de l’œil? Quel est son nom? Que représente-t-elle pour Bill? Toutes ces questions trouvent une réponse dans un film qui a presque une valeur documentaire sur un personnage fictionnel. Tel un film d’investigation, Vol. 2 dissémine ses indices dans une intrigue plus linéaire que celle du précédent épisode, dessinant ainsi au fur et à mesure le visage d’une femme marquée par le destin, qui ne trouvera pas la paix tant que sa soif de vengeance ne sera pas étanchée.

Si le premier volume se focalisait essentiellement sur le premier mot du titre ("Kill"), ce second volume opère un déplacement vers un nouveau personnage qui a pour nom le second mot ("Bill"). Et si la mort reste bien entendu très présente (celle de Bill est d’ailleurs un moment anthologique, d’un calme et d’une sobriété aussi incroyables que surprenants), elle laisse place à une mélancolie émouvante. Celle de Budd ("she deserves her revenge and... we... deserve to die"), mais surtout celle de Bill, père aimant, adorateur de blondes, joueur de flûte, être humain aux défauts et aux qualités qui l’éloignent du loup sanguinaire que le Volume 1 laissait pressentir. Bill, sans doute l’un des personnages les plus forts de la galaxie tarantinienne, est le plus beau rôle de David Carradine; un homme brisé par l’amour qu’il porte à sa fille spirituelle (Béatrice), fabuleux complexe électrien qui renforce la complexité des liens entre les différents protagonistes. Devant le face à face ultime, on se demande si Kill Bill n’est pas tout simplement l’adieu d’une fille à son père mourant, d’un père à sa fille, avant que celle-ci ne s’émancipe, regardant une dernière fois celui qui l’a fait naître s’éloigner lentement. "De quoi j’ai l’air?" demande-t-il. "De quelqu’un de prêt" répond-elle. De quelqu’un de vieux, sans doute. De quelqu’un de beau, surtout.

par Anthony Sitruk

Bonus

Alors que le coffret regroupant les deux parties du film de Tarantino est sorti dans nos bacs depuis quelques mois, il aura fallu attendre cette date du 6 janvier pour obtenir à l'unité le second volume de l'histoire de (!?@!!!), pour les déjà détenteurs du premier volume. Mais l'édition ultime annoncée par le réalisateur lui-même est toujours prévue pour le courant de l'année et fera selon ses propres dires parler d'elle comme une nouvelle référence dans le monde du DVD. Il est donc permis d'attendre cette future édition avec impatience. Mais pour l'instant, concentrons-nous sur la présente édition.

IMAGE & SON

A l'instar du volume 1, le DVD de Kill Bill vol. 2 propose une magnifique image, quasiment irréprochable. Bien sûr, on pourrait pinailler à certains endroits, et encore, cela dépend selon la marque du téléviseur ou du projecteur utilisé, mais ce serait manquer de respect envers l'éditeur, qui nous offre une version identique à celle aperçue en salle. Des couleurs surexposées durant l'entraînement chez Paï Meï aux désaturations de la cérémonie de mariage, des couleurs chaudes du désert de Budd aux mélanges doux des ambiances de l'appartement de Bill, chaque image rend hommage au travail de Tarantino et de son chef opérateur Robert Richardson. Trois pistes sonores s'offre à nous sur cette version. La VF se décline sous les formes Dolby Digital 5.1, avec ou sans sous-titres pour malentendants, et DTS, mais cette fois exempte de ces sous-titres, alors que la VO se retrouve amputée de sa version DTS présente sur le volume 1, elle n'est présente ici que sous sa forme 5.1. Même si les puristes préféreront regarder le film dans sa version originale, qui nous donne la possibilité de faire "rugir" chacune de nos enceintes, la VF 5.1 ou DTS n'est absolument jamais en reste et les rendus des scènes de l'enterrement ou encore du combat déjà mythique entre The Bride et Elle dans la caravane de Budd donnent de quoi déranger les voisins, se permettant même le luxe de pousser un peu plus les basses du films. Du travail magnifique.

BONUS

- Le premier des bonus présenté dans cette édition est une partie du concert des Chingon's. Pendant onze minutes, on assiste au concert privé du groupe du réalisateur Robert Rodriguez, durant la soirée de présentation du film. Comme dans le premier volume et pour rendre hommage à la musique, point essentiel des films de Tarantino, ce supplément permet de passer quelques minutes supplémentaires dans l'ambiance du film sans chercher à faire exister autre chose qu'une séance de bonne humeur.

- Le making of expose pendant 25 minutes toute la bande du film, de Tarantino à Thurman, de Carradine à Madsen, ce qui a motivé chacun dans le script, les uns ne tarissant pas d'éloges envers les autres. Plus promotionnel qu'autre chose, ce making of apparaît surtout trop court quand on voit qu'il est sans arrêt entrecoupé de séquences du film. Et cette rapide promotion se révèle très vite n'être qu'un apéritif face au plat de résistance qu'il risque de devenir pour la future édition.

- Vient ensuite la galerie de photos, qui se compose de vingt clichés promotionnels pris sur le tournage. Peut-être un peu trop léger.

- Les bandes-annonces se partagent entre les teasers et les trailers des deux volumes. Petit point négatif, seul le teaser du volume 2 est en VO sous-titrée, alors que les autres sont en VF. Ce choix peut laisser dubitatif, mais permet de se laisser imprégner une dernière fois par les images du film.

- Pour finir, la scène inédite. Objet particulièrement jouissif pour la plupart d'entre nous qui avons suivi le projet de près, car on attendait de voir comment, suite à la bande-annonce, Bill allait pouvoir se confronter à RZA. Et le fait de ne pas l'avoir vu dans le film en a laissé plus d'un sur sa faim. Ce problème est désormais réglé et l'on peut donc désormais visionner, voire savourer, pendant un peu plus de trois minutes, Bill exceller dans son art du sabre et du combat à mains nues avec un final assez gore, presque digne de (!?@!!!) face aux Crazy 88.

- On trouvera également deux bonus cachés totalement dispensables puisqu'il s'agit des crédits du DVD et d'un pseudo making of en multi-angles des animations des menus des DVD.

Christophe Chenallet

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Interactivité :

Alors que le coffret regroupant les deux parties du film de Tarantino est sorti dans nos bacs depuis quelques mois, il aura fallu attendre cette date du 6 janvier pour obtenir à l'unité le second volume de l'histoire de (!?@!!!), pour les déjà détenteurs du premier volume. Mais l'édition ultime annoncée par le réalisateur lui-même est toujours prévue pour le courant de l'année et fera selon ses propres dires parler d'elle comme une nouvelle référence dans le monde du DVD. Il est donc permis d'attendre cette future édition avec impatience. Mais pour l'instant, concentrons-nous sur la présente édition.

IMAGE & SON

A l'instar du volume 1, le DVD de Kill Bill vol. 2 propose une magnifique image, quasiment irréprochable. Bien sûr, on pourrait pinailler à certains endroits, et encore, cela dépend selon la marque du téléviseur ou du projecteur utilisé, mais ce serait manquer de respect envers l'éditeur, qui nous offre une version identique à celle aperçue en salle. Des couleurs surexposées durant l'entraînement chez Paï Meï aux désaturations de la cérémonie de mariage, des couleurs chaudes du désert de Budd aux mélanges doux des ambiances de l'appartement de Bill, chaque image rend hommage au travail de Tarantino et de son chef opérateur Robert Richardson. Trois pistes sonores s'offre à nous sur cette version. La VF se décline sous les formes Dolby Digital 5.1, avec ou sans sous-titres pour malentendants, et DTS, mais cette fois exempte de ces sous-titres, alors que la VO se retrouve amputée de sa version DTS présente sur le volume 1, elle n'est présente ici que sous sa forme 5.1. Même si les puristes préféreront regarder le film dans sa version originale, qui nous donne la possibilité de faire "rugir" chacune de nos enceintes, la VF 5.1 ou DTS n'est absolument jamais en reste et les rendus des scènes de l'enterrement ou encore du combat déjà mythique entre The Bride et Elle dans la caravane de Budd donnent de quoi déranger les voisins, se permettant même le luxe de pousser un peu plus les basses du films. Du travail magnifique.

BONUS

- Le premier des bonus présenté dans cette édition est une partie du concert des Chingon's. Pendant onze minutes, on assiste au concert privé du groupe du réalisateur Robert Rodriguez, durant la soirée de présentation du film. Comme dans le premier volume et pour rendre hommage à la musique, point essentiel des films de Tarantino, ce supplément permet de passer quelques minutes supplémentaires dans l'ambiance du film sans chercher à faire exister autre chose qu'une séance de bonne humeur.

- Le making of expose pendant 25 minutes toute la bande du film, de Tarantino à Thurman, de Carradine à Madsen, ce qui a motivé chacun dans le script, les uns ne tarissant pas d'éloges envers les autres. Plus promotionnel qu'autre chose, ce making of apparaît surtout trop court quand on voit qu'il est sans arrêt entrecoupé de séquences du film. Et cette rapide promotion se révèle très vite n'être qu'un apéritif face au plat de résistance qu'il risque de devenir pour la future édition.

- Vient ensuite la galerie de photos, qui se compose de vingt clichés promotionnels pris sur le tournage. Peut-être un peu trop léger.

- Les bandes-annonces se partagent entre les teasers et les trailers des deux volumes. Petit point négatif, seul le teaser du volume 2 est en VO sous-titrée, alors que les autres sont en VF. Ce choix peut laisser dubitatif, mais permet de se laisser imprégner une dernière fois par les images du film.

- Pour finir, la scène inédite. Objet particulièrement jouissif pour la plupart d'entre nous qui avons suivi le projet de près, car on attendait de voir comment, suite à la bande-annonce, Bill allait pouvoir se confronter à RZA. Et le fait de ne pas l'avoir vu dans le film en a laissé plus d'un sur sa faim. Ce problème est désormais réglé et l'on peut donc désormais visionner, voire savourer, pendant un peu plus de trois minutes, Bill exceller dans son art du sabre et du combat à mains nues avec un final assez gore, presque digne de (!?@!!!) face aux Crazy 88.

- On trouvera également deux bonus cachés totalement dispensables puisqu'il s'agit des crédits du DVD et d'un pseudo making of en multi-angles des animations des menus des DVD.

Christophe Chenallet

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