Naomi Kawase

Naomi Kawase

Devant un parterre de journalistes principalement nippons, la réalisatrice japonaise Naomi Kawase avait longuement expliqué sa méthode de travail lors de la présentation de La Forêt de Mogari au Festival de Cannes. FilmDeCulte était présent pour recueillir les confidences d'une artiste accomplie.

  • Naomi Kawase
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FilmDeCulte - Que représente pour vous le fait d'être en compétition à Cannes ?

Naomi Kawase - Je suis très fier. J'avais une énorme confiance dans la sincérité de ce film. Je suis donc très honoré d'être en compétition, surtout qu'il s'agit du 60e anniversaire et que ça marque le dixième anniversaire de la présentation de mon premier film ici, Moe No Suzaku, qui avait obtenu la Caméra d'Or et lancé ma carrire de cinéaste. Pour moi, le Festival de Cannes est comme une maison pour le cinéma d'auteur, une fenêtre ouverte sur le monde. J'espère bien être là pour le 100e anniversaire (rires).

FilmDeCulte - Avez-vous vécu une expérience similaire aux personnages du film?

Naomi Kawase - Je n'ai pas vécu une expérience aussi mystique mais en revanche j'ai été marquée par mon enfance. J'ai été élevé par des personnes âgées. Elles m'ont appris à respecter le soleil, le feu, la nature et l'environnement. J'ai appris également à respecter les autres humains, à les écouter. Les transmissions d'idées et de sentiments m'ont construite.

FilmDeCulte - Pourquoi avoir choisi de traiter un sujet aussi dur ?

Naomi Kawase - J'ai voulu faire ce film car ma grand-mère, qui m'a élevé, a été atteinte de démence sénile. La société prend ces personnes de haut, éprouve un semblant de pitié. Mais même si elles ne sont plus autonomes, elles éprouvent toujours des sentiments et leurs âmes souffrent toujours autant. C'était un point important de ma réflextion. Il y a beaucoup de conformisme dans le monde contemporain et un refus de la vieillesse. L'important reste d'être soit-même. De choisir librement et pleinement.

FilmDeCulte - Comment avez-vous écrit le scénario?

Naomi Kawase - Au départ, j'avais une seule trame, Shingeki et Machiko qui partait ensemble sur la tombe de la femme de Shingeki, après s'être apprivoisés l'un l'autre dans la maison des retraités. Je n'avais pas réfléchi spécialement à l'accident et à ce qu'il pourrait se passer sans ce dernier.

FilmDeCulte - Comment s'est passé la collaboration avec Haut et Court?

Naomi Kawase - Très bien. Le film s'est fait rapidemment, en moins d'un an en comptant l'élaboration du scénario. Il y a bien eu quelques frictions comme dans toute collaboration (rires légèrement forcés du producteur français Christian Baute). et c'était parfois compliqué de bien se faire comprendre. Nous avons notamment beaucoup travaillé sur le montage sonore, c'est quelque chose de très important à mes yeux.

Propos recueillis le 26 mai 2007 à Cannes.

par Yannick Vély

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