Thelma et Louise

Thelma et Louise
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Louise (Susan Sarandon) est une serveuse de l'Arkansas qui ne voit pratiquement jamais son chanteur de copain (Michael Madsen). Elle a pour grande amie Thelma (Geena Davis), une femme au foyer soumise mariée au stupide Daryl (Christopher McDonald). Un jour, elles décident de partir en week-end dans les montagnes sans en parler à personne, histoire de prendre l'air. Mais leur petite virée se transforme vite en fuite vers le Mexique après que Louise ait tué un homme qui tentait de violer Thelma.

Plus qu'un road movie à travers les USA, Thelma et Louise est un voyage vers la liberté. D'une simple envie de prendre l'air dans les montagnes, la petite escapade se transforme en désir de briser toutes les chaînes qui les retiennent. Se libérer d'un lourd passé que Louise ne révèlera jamais. Se libérer d'un avenir fade et triste que représentent ces petits vieux qu'elles ne cessent de croiser. Mais surtout se libérer de ces hommes qui sont autant d'obstacles dans leur vie et qui les ont poussées dans cet engrenage irréversible. Des hommes caricaturés à l'extrême par un Ridley Scott qui se fait juge arbitre en déclarant par l'intermédiaire de Al (Harvey Keitel) : "je te rendrai personnellement responsable d'une partie de ce qui va leur tomber dessus".

Parmi ces hommes "poison", il y a: le mari possessif (Christopher McDonald), jaloux, stupide et macho qui ne considère Thelma que comme une poupée gonflable qui sait faire la cuisine et le ménage. Le violeur et le camionneur, obscènes, pervers et vulgaires, aveuglés par leurs instincts primaires. Le beau gosse irresponsable (Brad Pitt) qui va de vols en mensonges et de mensonges en provocations. Les policiers engoncés dans leurs uniformes qui ne jurent que par la loi et qui méprisent les sentiments.

Face à ce carcan qu'est leur vie, et à l'effet boule de neige qu'a pris la tournure des évènements, une seule solution donc: partir, de plus en plus loin vers une indépendance totale. Les cheveux au vent dans une thunderbird décapotable verte, la quête de la liberté se traduit par l'envie de braver les interdits, de repousser leurs propres limites. Un pistolet pris en cachette, une cigarette échangée, une flasque d'alcool volée, un braquage, un camion qui flambe, autant de gestes libérateurs qui les mènent jusqu'au point de non retour.

Mais la liberté n'est pas présente que dans les actes, elle transpire dans toutes les images du film, elle habite son atmosphère. Plus la voiture avance, plus elle s'enfonce sur les routes désertes et poussiéreuses du grand ouest américain. Ces territoires vierges, sauvages aux décors et aux éclairages magnifiques, cette Monument Valley aux monolithes insolites qui réveillent l'esprit cowboy qui sommeille en nous. Tout un univers rythmé par la musique chaloupée de Hans Zimmer, une guitare country planante qui laisse s'intercaler des chansons des plus représentatives.

Le voyage prend fin après une course poursuite au bord du Grand Canyon. L'envie de liberté est trop puissante et la marche arrière impossible, c'est l'heure du grand saut. Tel deux oiseaux en plein vol, elles atteignent la plénitude totale.

par Julie Anterrieu

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