Elephant Man

Elephant Man
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Elephant Man
États-Unis, 1980
De David Lynch
Scénario : Eric Bergren, Christopher De Vore
Avec : Anne Bancroft, Anthony Hopkins, John Hurt
Photo : Freddie Francis
Musique : John Morris
Durée : 2h06
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Dans un visuel noir et blanc tout en sobriété et sur fond de musique mélancolique, David Lynch nous montrait déjà il y a vingt ans combien il aime explorer l'âme humaine.

En effet, il nous dépeint ici le dramatique destin de John Merrick, un jeune homme affreusement difforme, sa mère ayant été piétinée par un éléphant lors de sa grossesse. Dans le Londres des années 1900 (peu de temps après Jack l'Eventreur et son retentissement sur l'opinion publique), John (brillamment interprété par John Hurt) est exhibé en tant que monstre de foire, comme la femme à barbe et autres nains, ce qui n'est pas sans nous rappeller le cultissime Freaks. Mais un jour, un médecin (un des meilleurs rôles d'Anthony Hopkins, alors peu connu) le découvre (une scène magnifique, toute en retenue) et l'arrache à son "propriétaire".

L'installant à l'hôpital, il va alors s'occuper de lui, avec bienveillance et patience. Mais son désir acharné de vouloir l'intégrer à la société en tant que n'importe quel être humain le rendra aveugle, John restant toujours d'une certaine manière un monstre de foire. Ainsi, tandis que l'un des gardiens de l'hôpital organise des visites payantes et secrètes la nuit pour voir 'Elephant Man', toute la haute société londonienne vient prendre le thé avec lui et lance ainsi une nouvelle "mode". John semble heureux et souffre en silence, ne cherchant que respect et amour, surtout celui d'une figure maternelle (on retrouvera ces thèmes dans Edward aux mains d'argent et, plus récemment, dans A.I.).

La phrase culte "Je ne suis pas un animal, je suis un être humain" résonne encore, de même que le médecin lançant au gardien découvert "C'est vous le monstre!". En effet, Lynch met ici l'accent sur l'opposition apparence/personnalité. Ceci s'observe bien dans la dichotomie John Merrick/humains au physique "normal", la bonté jaillissant du premier, la méchanceté et l'oisiveté des seconds. Une fois encore, le maître Lynch donne vie à des personnages touchants, bien écrits, qu'il aime, et nous offre un film de toute beauté, poignant, voire déchirant sans être dépressif, mais terriblement juste, cruel de vérité.

par Yannick Vély

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