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Octobre 2007

Gangs of New York, l'aventure d'un film

Gangs of New York, l'aventure d'un film

Les éditions des Cahiers du cinéma ne pouvaient pas manquer une aussi belle occasion d’accompagner l’un des derniers grands cinéastes américains dans l’accouchement difficile de son dernier rejeton, Gangs of New York. Comme le film, le livre, d’une dimension de 27x23, en impose par sa taille et son gigantisme. Pas moins de 288 pages au service de l’œuvre, avec de nombreuses et magnifiques photographies puisées des images vues en salle, des entretiens en abondance avec les membres de l’équipe et, en bonus, le scénario intégral du film. Il est cependant regrettable que la politique de la maison d’édition soit de s’associer à la sortie du film comme objet promotionnel, avec, par définition, sa part de superficialité. Il aurait été sans doute préférable de patienter davantage, de laisser le temps au film de vivre un petit bout de vie, afin d’y inclure par la suite diverses réflexions et analyses, qui auraient été nécessaires à l’approfondissement de cette œuvre baroque. En effet, le livre ne possède aucun recul sur l’évènement, et l’enthousiasme des personnes interviewées vient très vite se substituer à l’intérêt des questions posées. Une gaieté partagée par tous les intervenants, du fait d’avoir travaillé aux côtés de Scorsese, qui vient rappeler, comme du reste chaque sujet promotionnel, que tout le monde il est beau et tout le monde il est gentil. Les questions sont également très peu personnalisées, aucun membre de l’équipe n’échappant par exemple aux deux sempiternelles interrogations "Qu’avez-vous pensé des décors de Dante Ferretti?" et "Comment s’est passé le travail avec Martin Scorsese"… Sachant que seules une demi-douzaine de questions sont posées par intervenant, une légère frustration se fait sentir

Le Story-Board

Le Story-Board

Tout le monde en a entendu parlé, beaucoup en ont vu, mais peu en ont réalisé, et pour cause: le story-board est une création artistique. Mais si certains dessinateurs ont élevé le procédé au rang d’art moderne, d’autres l’utilisent simplement pour son aspect fonctionnel et pratique. Le story-board, en noir et blanc ou coloré, imprimé ou crayonné, schématique ou dessiné, reste avant tout une lecture du scénario en images. Sa fonction première est de présenter à toute l’équipe une même vision du métrage, concrétisée par un montage non exhaustif de vignettes, évitant ainsi tout malentendu ou divergence de points de vue sur le tournage. Chaque dessin représente un plan du film, détaillé d’indications visuelles. Sont précisés, dans l’image ou en légende, la position de la caméra (plongée, contre-plongée…), le mouvement d’appareil (travelling, louma…), la valeur de cadre (plan moyen, américain…), l’étendue du paysage dans le champ (le nombre de figurants à l’image, les décors…) et un extrait du scénario correspondant, le tout offrant une idée assez avancée de ce que devrait être le montage final. Toutes ces indications visuelles sont particulièrement nécessaires lors des scènes de cascades, d’explosion, de poursuites ou d’effets spéciaux. Les équipes de production peuvent ainsi plus facilement s’imaginer ce que seront les difficultés sur le plateau, et élaborer un meilleur devis, plus précis. Ainsi, tous les obstacles, en théorie, sont devancés