Jeremy Leven : N'oublie jamais

Jeremy Leven : N'oublie jamais

Derrière le succès surprise, l’été dernier aux Etats-Unis, du film N’oublie jamais, se cache un homme: Jeremy Leven. Diplômé de psychologie enfantine à Harvard, auteur et metteur en scène de The Proposition, une revue satirique jouée dix ans à Boston et quatre ans off-Broadway, Leven est également écrivain, réalisateur (Don Juan DeMarco) et scénariste (La Légende de Bagger Vance). A l’occasion de la sortie française de N’oublie jamais, cet homme orchestre a accepté de répondre à nos questions.

FilmDeCulte - N’oublie jamais est-il un film sur la mémoire au même titre qu’une histoire d’amour?

Jeremy Leven - L’amour et la mémoire se rejoignent de nombreuses façons. Il y a une théorie sur la mémoire appelée "Now Print!" ( "Imprimez maintenant!"), qui explique pourquoi nous gardons en mémoire certaines choses et d’autres non parmi les millions de détails qui constituent une journée. Lorsque nous faisons face à des événements, des images ou des instants qui produisent un fort impact émotionnel sur nous-mêmes, notre cerveau nous dit: "Now Print!", associant ceci à une émotion, comme le flash d’une ampoule face à la caméra. L’émotion la plus forte, ou du moins la plus constante et la plus désirée, est l’amour. Le miracle que présente le film se situe dans cette capacité de l'amour à persister sans la mémoire.

FilmDeCulte - Quelles sont vos références en matière de drame sentimental?

Jeremy Leven – Mes références en la matière sont diverses. De grands films romantiques comme Casablanca, ou de grands écrivains qui vont de Dostoievski (qui n’est généralement pas considéré comme romantique) à Proust et Flaubert, ou encore E.M. Forster ou Henry James. Je pourrais continuer cette longue liste.

FilmDeCulte - L’adaptation de l’œuvre initiale de Nicholas Sparks vous a t-elle posé des problèmes particuliers? De la même façon, quels enjeux vous ont le plus enthousiasmé dans cette tâche?

Jeremy Leven - L’adaptation de ce livre présentait de nombreux défis. Les personnages avaient besoin d’être plus forts, plus intéressants. Les trente premières minutes du film, le premier acte, étaient présentées par une simple phrase dans le roman, "Ils tombèrent amoureux cet été-là.". La structure du livre devait être modifiée pour faire un film de deux heures, d’une façon plus linéaire. Et je ressentais le besoin de travailler une fin plus puissante que dans le livre, en la développant un peu plus loin. Les défis étaient tous très excitants, mais encore plus excitants une fois qu’ils ont été résolus.

par Mathieu Masseboeuf

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