Blade, le chasseur de vampires mi-homme mi-créature, est contacté par la race supérieure de ses ennemis afin de les aider à vaincre une nouvelle espèce, dangereuse à la fois pour les êtres humains et les suceurs de sang...



C'est en 2000, après le succès de X-Men, que les studios hollywoodiens se lancent furieusement dans les adaptations de bandes dessinées. Pourtant, c'est en 1998, bien avant la déferlante, que sort une adaptation efficace d'un comic book peu connu : Blade. Le film de Stephen Norrington, plutôt réussi,
 
marche assez bien dans les salles (70 M$) pour générer cette suite qui comme tout successeur cinématogra- phique sait se faire encore plus jouissif. C'est le mot le plus adéquat pour définir cette entreprise et l'effet presque orgasmique qu'elle produit sur le spectateur. Car il ne faut pas s'y méprendre, les adeptes des intrigues intelligemment ficelées et des histoires originales ou uniques ne trouveront pas ici leur bonheur. Il s'agit, dans le cas présent, d'un film dont chaque punchline percute en vue de faire plaisir aux amateurs du genre, où chaque coup de poing asséné fait jubiler son public... En un mot, c'est un film purement bourrin. Cependant, le talentueux Guillermo Del Toro (Mimic, l'excellent L'Echine du diable et bientôt Hellboy) ne
 
s'arrête pas là et ne se contente pas de signer un blockbuster carré. Il pousse encore plus loin la mise en scène en utilisant les codes visuels caractéristiques de la bande dessinée et du jeu vidéo. Bon nombre de plans sont époustouflants, comme ceux mettant en scène les répliques numériques du héros (qui se permet alors des cascades halluci- nantes); on est constam- ment soumis à ce genre de plans en images de synthèse depuis Matrix mais il s'agit ici, et de loin, du recyclage le plus inventif depuis le film des frères Washowski. Les images ne sont certes pas chargées d'un sens profond, mais elles sont innovantes et spectaculaires. On n'en demande pas plus en allant voir Blade II.



Le scénario n'est pas pour autant négligé. David Goyer, auteur de la saga, développe un univers déjà imposé dans le premier et parvient à le rendre encore plus riche. Il en exploite parfaitement les ressources lors de séquences regorgeant d'idées. Malgré quelques longueurs (y compris dans les scènes d'action) le film comble les espérances des spectateurs. Blade II est un authentique produit de série B, avec son lot de références aux films de genre qui l'ont précédé.
 
Le film de Del Toro n'apparaît pas comme corrompu par le système et se permet des effets gores et violents très réjouissants, chose rare dans le paysage très 'Disneyland' des blockbusters. Blade II est un film soigné où rien n'est négligé. Les armes sont toujours plus brillantes (dans tous les sens du terme) et les vampires toujours plus ignobles (encore une fois au sens propre comme au figuré). On prend encore une fois un énorme pied et on salive déjà en attendant le troisième opus où, paraît-il,
 

les vampires règneraient sur le monde…