FilmDeCulte - Il y a pour moi deux films fantastiques (dans son sens
le plus large, et non pas limité à l'horreur) qui sortent du lot ces dix ou quinze dernières années, c'est
Simple mortel et 36-15 Code Père Noël.
Eric Valette – Simple mortel, j'adhère totalement. C'est un excellent
film avec une espèce de folie, très sous-estimé, d'ailleurs. Un film qui non seulement n'a pas marché, mais qui
n'a pas eu non plus par la suite de carrière télé ou vidéo. Beaucoup de gens qui connaissent pourtant le genre
ignorent même son existence.
FilmDeCulte - En fait, j'ai rencontré Pierre Jolivet (Lire l'entretien)
il y a quelques mois, et il m'a dit que ce film était justement celui pour lequel on l'arrêtait le plus dans la
rue.
Eric Valette – Ah oui? Ca veut dire que, malgré tout, il y a un vrai
intérêt des fans pour ce film, mais il me semblait que je faisais véritablement partie d'une petite poignée de
gens… Pour revenir à l'autre titre, 36-15 Code Père Noël, je ne l'ai pas vu donc je ne me prononcerai pas
sur la question, si ce n'est pour dire que j'exècre globalement l'œuvre de René Manzor… Je fais partie des gens
qui avaient été traumatisés par Le Passage.
FilmDeCulte - Justement, il y a chez ce cinéaste (et également dans
les chansons de son frère, d'ailleurs) cet aspect niais et incroyablement naïf, qui paradoxalement passe
parfaitement dans ce film pour en faire une sorte de conte moderne et violent assez malin et réussi
Eric Valette – Il y a dans ses films une espèce de visuel eighties,
on dirait de vieilles pubs pour Connexion, et ça me terrifie à chaque fois. Je retrouve un peu la même sensation
lorsque je vois Les Percutés, un film plus récent. C'est un film que vous devriez chroniquer sur FilmDeCulte,
quelque chose de spécial, que l'on n'oublie pas! Une sorte de polar déjanté dans un hôpital psychiatrique sorti
l'été dernier. A ne pas manquer!
FilmDeCulte - Y a t-il d'autres cinéastes en France, qui ont œuvré dans
un genre précis, et qui t'ont marqué?
Eric Valette – Hum… J'essaye de voir, en France… Bon, si l'on remonte
aux vingt dernières années - parce qu'avant ça, Melville est probablement mon cinéaste culte de polars -, j'ai
un peu de mal… Le dernier film de genre qui m'ait véritablement impressionné, c'était Harry, un ami qui vous
veut du bien. Je trouve que c'est un vrai thriller intimiste, un vrai film de genre, et qui ne prend pas le
prétexte de la comédie, par exemple. C'est bizarre, j'en trouve plein quand je réfléchis à la maison.
FilmDeCulte - As-tu vu le film Terminus, qui pour moi constitue
une véritable date puisqu'il enterre en 1987 pour quelques années le genre du fantastique et de la science-fiction
en France?
Eric Valette – Je l'ai vu à la télé… C'est vrai que c'était assez mauvais.
Il y avait plus tard Baby Blood, un petit film sympathique. Egalement Les Prédateurs de le nuit,
de Franco. Là aussi un thriller sympathique. Il y a bien entendu le choc du Pacte des loups en 2000. C'est
un film qui, je pense, nous aide encore beaucoup. Le fait qu'il ait marché, en combinant son histoire dans une
espèce de délire kungfu-héroico-fantastico-cape et épées, a convaincu les financiers que c'était possible.
Je ne sais pas si vous l'abordez dans votre dossier sur le cinéma fantastique français, mais il y a toute la filiale
Besson qui fait principalement du film de genre (même si pas du tout fantastique).
FilmDeCulte - Justement, cette filiale Besson se confond par certains points
avec la génération Starfix. De quel côté te sens-tu le plus proche?
Eric Valette – Je n'ai jamais travaillé à Starfix, mais je connais très bien
François Cognard qui a généré le projet Maléfique. Mon cœur penchez forcément du côté de Starfix déjà parce
que je le lisais, d'une part. Et puis il se trouve que Cognard fait partie des gens qui tous les jours me motivent
et avec qui j'ai une véritable osmose d'esprit.