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TROPICAL MALADY
Conférence de presse cannoise en présence du réalisateur Apitchatpong Weerasethakul, de l’acteur Sakda Kaewbuadee, et du producteur Charles De Meaux.
FilmDeCulte - Vous n’abordez jamais des thèmes que l’on peut qualifier de "classiques". Cela vient-il de votre pays d’origine la Thaïlande?
Apitchatpong Weerasethakul - Oui, en Thaïlande tout est toujours très classique, le cinéma est devenu un moyen de communication qui permet de sortir de ce classicisme. Ce phénomène est d’ailleurs devenu beaucoup plus important et surtout intéressant depuis l’avènement du numérique.
FilmDeCulte - C’est la première fois qu’un film thaïlandais est en compétition à Cannes. Ressentez-vous une certaine pression?
Apitchatpong Weerasethakul - Un peu, mais c’est surtout parce que ce film est très personnel, il fait allusion à ma propre expérience, à des souvenirs qui me sont chers. Autrement, non, je ne ressens pas trop de pression par rapport au festival, au fait d’être le premier film thaïlandais présenté ici. Que les critiques ou le résultat soient bons ou mauvais, ce qui m’importe le plus, c’est de savoir comment mon film va être interprété. Il faut que j’améliore mon style pour que je sache où situer mon cinéma, car je n’ai jamais travaillé dans cette industrie. Par-contre, ce qui est intéressant avec ce passage à Cannes, c’est que les gens vont respecter d’avantage ce que je fais ainsi que le travail des cinéastes thaïlandais de ma génération. J’espère que mon film, quel que soit le résultat, servira à développer le cinéma dans mon pays.
FilmDeCulte - Il y a deux parties très différentes dans le film, la seconde est très énigmatique et pourrait être un film en soi. Comment relier ces deux parties?
Apitchatpong Weerasethakul - On ne doit pas les relier, juste les comprendre. La première partie est sensée être réelle, mais a une fin totalement irréelle. Inversément, la seconde partie plus irréelle se situe dans un milieu très réel, celui de la jungle. Le film montre cette recherche d'identité, entre le réel et l'irréel.
FilmDeCulte - Est-ce que pour la sortie du film en salles vous comptez changer l’articulation entre ces deux parties?
Apitchatpong Weerasethakul - La changer? Comment ça? J’ai donné à mon film sa forme finale pendant le montage. La façon dont j'ai relié ces deux parties est la plus simple et la plus sincère. D’ailleurs, le passage d’une partie à l’autre n’est pas aussi radical que vous semblez le dire. Il y a une sorte de saut, de changement mais ces deux parties s'éclairent l’une au regard de l’autre.
FilmDeCulte - Tropical Malady est très lié au folklore thaïlandais et il est parfois nécessaire de connaître cet environnement pour comprendre votre film. En avez-vous tenu compte?
Apitchatpong Weerasethakul - En fait la deuxième partie, c’est un folklore que j’ai totalement inventé à partir de la forme très simpliste des récits thaïlandais traditionnels.
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