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THE ROCK


Dégageant tout de suite de la sympathie tout en imposant son charisme, professionnel mais décontracté, Dwayne "The Rock" Johnson reçoit FilmDeCulte. Il est là dans le but de promouvoir son dernier film, Doom, adaptation d’un jeu vidéo dans lequel il n’hésite pas à prendre un rôle secondaire alors qu’on lui propose le personnage principal, témoignant à la fois d’une modestie sans égal mais aussi d’un intérêt pour les rôles plus exigeants. Si sa participation étonnante dans ce projet nous a marqués, on a préféré évoquer l’ensemble de sa carrière, de ses jours en tant que catcheur jusqu’à ses derniers films tournés, prévus pour 2006, en passant par ses racines.

L'interview de The Rock en vidéo



FilmDeCulte - Durant vos années en tant que catcheur pour la WWF, vous êtes passé de Babyface (personnage gentil) à Heel (personnage odieux), tout comme vous êtes passé d’un personnage méchant (dans Le Retour de la momie) à des héros dans votre carrière cinématographique. Aujourd’hui, dans Doom, vous êtes les deux. Quels sont les avantages et les inconvénients, qu’il s’agisse du catch ou du cinéma, à être bon ou méchant? Quel est le challenge?

The Rock - En tant que catcheur, le challenge est toujours de divertir le public parce que vous avez à faire quatre heures de télévision. Chaque semaine. C’est vraiment beaucoup. Beaucoup de regards portés sur vous constamment. Le challenge est d’être original, d’être créatif, chaque semaine. C’est de la télévision, comme pour une série hebdomadaire. En terme de cinéma, je pense qu’au final le challenge est d’être bon, convaincant dans le rôle. Que vous jouiez un héros ou autre, il faut être dévoué au rôle. Le type de héros que j’aime interpréter au cinéma sont des héros qui sont avant tout crédibles mais qui possèdent également un aspect pas forcément manichéen, qui franchissent quelque peu la limite. Il ne fera pas forcément toujours des choses justes, mais visera toujours à faire le meilleur. Il y a une réelle distinction entre les deux. Et en ce qui concerne jouer les méchants, comme dans Doom, pour moi, tant que c’est crédible, c’est bon. J’ai adoré jouer ce mec dans Doom, il est génial, il est fou!


FilmDeCulte - Dans Be Cool, vous incarnez un garde du corps samoan qui hausse un sourcil, l'un de vos gimmick de catcheur, et qui veut percer à Hollywood, et dans votre prochain film, Southland Tales (par le réalisateur de Donnie Darko, NDR), vous êtes Boxer Santaros, star du cinéma d’action, moitié afro-américain, moitié samoan. Est-il plus intéressant et demandant d’interpréter un personnage proche de vous ou est-ce plus facile?

The Rock - Je pense qu’avec ces deux personnages, le caractère ethnique en soi ne représente pas un challenge, vu que c’est moi: je suis à moitié afro-américain et à moitié samoan. Dans Southland Tales, le challenge n’était pas nécessairement d’incarner un "blamoan" (black/samoan), mais plutôt d’interpréter un paranoïaque schizophrénique, d’entendre des voix. Le défi, c’est s’engager à réellement entendre des voix afin que ce soit convaincant à l’écran. Être à la recherche de la vérité, être amnésique, autant de caractéristiques du personnage. "Qu’est-ce qui se passe là, bordel?" en somme. C’était ça le challenge pour ce protagoniste. J’ai eu de la chance avec ces deux rôles de pouvoir non seulement être de descendance afro-américaine et samoane, mais de pouvoir le dire. "Voilà qui je suis". C’est cool. En réalité, c’est vraiment cool, quand on y pense, oui. C’est énorme.


FilmDeCulte - Je me demandais justement à quel point vos racines samoanes avaient transpiré à travers vos rôles. Est-ce quelque chose que vous aimeriez explorer plus avant? Je sais que vous êtes désireux de faire un film concernant le Roi Kamehameha. Le projet avance-t-il? Est-ce que vous envisageriez de l’écrire et de le réaliser vous-même? Vous citez souvent Mel Gibson et Braveheart comme références.

The Rock - Premièrement, est-ce que j’envisagerais de l’écrire? Non. Parce que je suis nul en écriture (rires). Ce serait un scénario vraiment affreux. On a un deuxième scénariste dessus en ce moment, le projet est chez Sony. Il est possible que John Wells, qui a produit Doom et qui a été nommé plusieurs fois aux Emmy Awards (pour ses scénarios d’Urgences et A la maison blanche, NDR), vienne signer le script. On a besoin d’un John Wells, ou de scénaristes comme ceux qui ont déjà travaillé sur le projet, qui comprennent ce que Kamehameha représentait pour les îles d’Hawaii et à quel point c’est important pour l’histoire. En ce qui concerne mon héritage samoan, et la manière dont ça joue dans mes films, j’ai trouvé ça génial dans Be Cool de pouvoir explorer ça, de pouvoir, à la fin du film, effectuer une danse traditionnelle samoane, une siva. Avec un film comme King Kamehameha, ce serait effectivement pour moi ce que Braveheart fut pour Mel Gibson, ou ce que Gladiator fut pour Russell Crowe, et j’en peux plus d’attendre. Ça prendra quelques années mais ça va être génial.


FilmDeCulte - Vous êtes toujours apparu comme quelqu’un de très humble, de très modeste, que ce soit au travers de votre autobiographie (The Rock Says…, co-écrit avec Joe Layden, inédit en France) ou dans des films comme Be Cool ou Southland Tales, qui sont des films choraux. Cependant, dans l'un de vos prochains films, Gridiron Gang, vous incarnez Sean Porter, un entraîneur de football ayant réellement existé, et vous avez vous-même été joueur de football américain. Envisageriez-vous un film sur le catch, voire même un film sur votre propre carrière, inspiré de The Rock Says…, où vous tiendriez le premier rôle, à l’instar d’Howard Stern dans Parties intimes?

The Rock - C’est possible. Du moins, je le produirai, si je ne joue pas dedans. Vous savez, je suis très sensible à ce sujet. Quand j’ai pris ma retraite, il y a environ deux ans et demi, après mon match contre Goldberg en gros, j’ai voulu faire ça discrètement. Sans esbroufe. J’ai remercié les gens que je devais remercier en particulier, Vince McMahon (président de World Wrestling Entertainment, autrefois nommé World Wrestling Federation, NDR), Jim Ross (commentateur pour la WWF, NDR), des gens comme ça… Les fans également, que j’aime à mourir. Vous savez, le jour où je commencerai à faire des choses de ce genre… Je ne sais pas, ça m’a toujours l’air trop égoïste, égocentrique, et je ne suis pas ce genre de gars. Pas vraiment. Parfois (rires). Si jamais un projet de ce type survenait, un film sur le catch, je le produirais probablement, j’adorerais le produire. Parce que j’adore le monde du catch, j’ai grandi dedans, c’est une de mes passions.


FilmDeCulte - Concernant vos futurs projets, vous venez de terminer Gridiron Gang et Southland Tales, qu’allez-vous tourner à présent?

The Rock - En principe, je devrai tourner un film pour Disney, ce qui m’excite beaucoup. Entrer dans "la Maison de la Souris" ("The Mouse House" en anglais, NDR), comme on dit. C’est un film intitulé Daddy’s Girl et c’est une comédie avec beaucoup de cœur. Le scénario est vraiment très bon. Avec une firme comme Disney, qui est une machine de marketing impressionnante, vous savez que vous allez avoir de la substance en tant qu’acteur. Bien que j’en ai déjà eu avec les autres studios, ici en particulier avec ce type de film, qui parle de cœur, d’émotion, avec cette petite fille qui va changer ma vie… Vous savez que vous avez là non seulement un potentiel succès mais carrément le grand chelem. Un film qui pourrait rester dans les annales cinématographiques comme une vraie réussite. De plus, les producteurs, avec lesquels il me tarde de travailler, [Mark] Ciardi et [Gordon] Gray, ont produit Rêve de champion (2002, avec Dennis Quaid) et Miracle (2004, avec Kurt Russell, inédit). Ils savent quand il est temps de faire appel au cœur et d’émouvoir les gens (rires). Ce sera donc probablement Daddy’s Girl, qui se tournera à partir du mois de mars, je dirais.


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