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FilmDeCulte - C'est aussi un film sur quelqu'un qui, à 16 ans, se donne les moyens de réaliser ses rêves. Est-ce que vous tous, à cet âge-là, aviez un rêve auquel vous avez renoncé? Peut-être que M. Abagnale n'a pas à répondre (rires).

Frank Abagnale - Dans mon cas, j'ai fugué et je me suis retrouvé à la rue à 16 ans. Evidemment, personne ne voulait m'engager. J'ai donc dû survivre, sans argent, et j'ai réfléchi à ces choses-là pour vivre. Je paraissait un peu plus âgé et j'ai commencé à créer de faux chèques. Si j'avais réfléchi un moment à ces escroqueries, je me serais probablement abstenu et je pense que si je n'avais rien commis de tout cela, j'aurais terminé hommes d'affaires, marié avec des enfants et une maison en banlieue.

Nathalie Baye - Je pense qu'à 16 ans, on en a plein de rêves. Le rêve, c'était de faire quelque chose qui me passionne et de le faire bien et je réalise mes rêves aujourd'hui même.

Steven Spielberg - Mes rêves sont devenus réalité et le seront tant que je continuerai à faire des films. Mes rêves ont toujours été ceux-là. J'avais ces rêves depuis mon premier film, un western réalisé en 8mm étant boy scout.

Leonardo DiCaprio - Il y avait trois choses spécifiques que je désirais être lorsque j'étais au lycée: agent de voyage, biologiste et acteur. Je n'aurai jamais cru qu'être acteur professionnel aurait pu devenir une réalité et je ne souhaitais être agent de voyage que pour parcourir le monde et je concrétise cela avec mon métier d'acteur. J'en profite dès que je peux pour découvrir des pays, des habitats, des cultures différentes...

Tom Hanks - Moi aussi je voulais être un agent de voyage (rires)! Hélas, mes rêves ne se sont pas réalisés. Je ne suis qu'un acteur qui va de nation en nation, de pays en pays...


FilmDeCulte - M. DiCaprio, vous êtes à l'écran dans deux films en ce moment. Changez-vous votre méthode de travail face à Daniel Day Lewis puis face à Tom Hanks ou Christopher Walken? Qu'apprenez-vous d'eux et que partagez-vous avec eux?

Leonardo DiCaprio - Je dirais que les intentions sont les mêmes lorsque vous vous engagez dans un projet. On y va tel un professionnel qui aime ce qu'il fait, on essaie de comprendre le personnage du mieux possible et de le rendre à la perfection à l'écran. Je ne pourrais répondre à cette question qu'en comparant les tournages de Gangs of New York et d'Arrête-moi si tu peux. Le film de Martin (Scorsese) remonte à plus de trois ans, le tournage a duré neuf mois et l'entreprise était d'une telle ampleur qu'une scène qui prenait trois jours sur ce film-là prenait un quart de journée sur le film de Steven. Le film reflète le style de vie de Frank Abagnale. Steven désirait faire le film ainsi, changeant constamment de lieu et vous demandant de faire confiance à votre instinct en tant qu'acteur. Il vous lance dans une situation et regarde comment vous vous débattez pour vous en sortir. Il s'agissait de différentes expériences. Quant à mes partenaires, j'ai travaillé avec deux des plus grands acteurs de notre temps. Ils sont de grands professeurs, je les ai observés avec minutie.


FilmDeCulte - M. Spielberg, dans ce dernier film vous employez le procédé du flashback...

Steven Spielberg - Oui, effectivement, le film démarre aux trois quarts de l'histoire, lorsque Frank est ramené en Amérique. Je considérais qu'il n'était pas grave de montrer qu'il allait se faire arrêter car pour moi, Frank savait pertinemment qu'il allait se faire prendre. Je ne pensais pas briser le suspense du film. Je trouvais plus intéressant de montrer son évolution, comment il a fait tout cela...


FilmDeCulte - J'aimerais savoir quelle était votre position concernant la politique de George W. Bush envers l'Irak?

Steven Spielberg - Je pense que vous êtes là pour parler du film donc j'essaie toujours de séparer mes visions sur le monde et ma vision de cinéaste.


FilmDeCulte - Pourquoi?

Steven Spielberg - Je fais des conférences de presse depuis l'âge de 22 ans et j'ai remarqué que dès qu'on s'aventure sur le terrain des questions politiques, tout ce qui reste de la conférence, c'est cette seule réponse et rien d'autre.


FilmDeCulte - En quoi est-ce que votre rencontre avec Janusz Kaminski, votre chef opérateur depuis La Liste de Schindler a changé votre vision artistique et votre manière de faire du cinéma?

Steven Spielberg - Je ne crois pas du tout que notre rencontre ait changé ma vision mais c'est la première fois que je travaille avec un directeur de la photographie qui est devenu un des mes meilleurs amis. J'ai ce cercle intime de collaborateurs, avec Michael Khan qui a monté tous mes films depuis Rencontres du troisième type, John Williams qui a composé les musiques de tous mes films. Et maintenant, j'ai Janusz Kaminski. C'est un artiste incroyablement brillant. Je dis toujours qu'avec Dieu, c'est lui qui travaille avec la lumière.

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