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CONFERENCE DE PRESSE : SIN CITY


Conférence de presse cannoise en présence de Robert Rodriguez, Frank Miller, Jessica Alba, Britany Murphy, Mickey Rourke, Clive Owen, Michael Madsen et benicio Del Toro



FilmDeCulte - Il y a une violence assez crue dans ce film, comment avez-vous réussi à passer la censure ? N’avez-vous pas peur que des personnes soient influencées par de telles images ?

Franck Miller - La violence, c’est un mot que l’on entend souvent actuellement. Il faut se souvenir d’abord que dans la dramaturgie il y a toujours eu beaucoup de violence, la violence s’est d’ailleurs exprimée tout au long de l’histoire. C’est quelque chose de ridicule, pour ce qui est d’inciter les gens à se comporter violemment, je ne crois pas en cette théorie. Ce que je fais est extrême, ce sera toujours extrême. Je fais partit d’un long héritage de violence stylisée dans la fiction américaine et occidentale.

Robert Rodriguez - Je vais continuer sur ce sujet. C’est pour cela que l’on a aimé le livre, c’est très stylisé. Et c’est pour ça également que nous n’avons pas eu de problème avec la censure. Le film a été vendu comme étant très stylisé, irréel. C’est une approche artistique conceptuelle. Sin City est un film noir qui parle de ce qui est sombre, et il ne s’agit pas ici que de l’histoire, mais de ce que les personnages ont de sombre en eux même.


FilmDeCulte - Pourquoi avez-vous choisi d’adapter l’œuvre de Franck Miller et surtout pourquoi avoir choisi ce mode d’adaptation ?

Robert Rodriguez - Nous avons beaucoup aimé le livre et nous avons estimé que ce livre était un excellent film sur papier et nous avons voulu faire le meilleur film possible qui traduisait le livre pour le cinéma. C’est pour cela que j’ai demandé à Franck de nous rejoindre. Nous avons voulu donner vie à tout cela grâce aux acteurs.


FilmDeCulte - Il y a énormément de personnages dans ce film, de quel autre personnage que le votre vous sentez-vous proche ?

Jessica Alba - Moi j’aime beaucoup le personnage de Marvin, celui qu’interprète Mickey, je le trouve touchant.

Britany Murphy - Pareil, le personnage de Marvin.

Mickey Rourke - Moi j’aurai bien aimé jouer le rôle de Jessica…


FilmDeCulte - Comment s’est passé le choix du casting, notamment pour Mickey Rourke?

Franck Miller - Pour Mickey, on travaillait sur le casting et Robert m’a dit qu’il pensait à lui pour interpréter le rôle de Marv’ ce qui m’a surpris car je pensais aussi à lui. Mickey est venu nous rejoindre à une séance de travail, nous avons discuté une demi heure, et je n’ai eu absolument aucun doute sur le fait que c’était lui l’acteur parfait pour Marvin.


FilmDeCulte - Vous avez réalisé un film degrande envergure, qui s’apparente à un blockbuster avec un budget plutôt restreint, pourquoi travaillez-vous de cette façon alors que pour un tel projet vous auriez pu avoir un budget plus conséquent ?

Robert Rodriguez - Lorsque l’on ne dépense pas beaucoup d’argent, ça nous donne de la liberté parce que les gens qui investissent dans le film vont au moins rentabiliser leur investissement même si le film ne marche pas parfaitement. Tout le monde en sort gagnant. Et en plus moi ça m’incite à aller plus loin, à pousser les choses d’avantage en essayant d’être original. Bien sûr, il faut essayer de maîtriser le budget que chacun ait plusieurs emplois à l’intérieur de l’équipe, mais en fin de compte on a moins de pression parce qu’on a vraiment l’impression de faire notre propre film, de faire des essais ici ou là, des tentatives, et c’est une manière excellente de tourner. Ca nous permet de puiser dans notre créativité.

Franck Miller - Je voudrai ajouter également que j’ai travaillé avec l’équipe de Robert et j’ai constaté que l’ensemble de l’équipe est extrêmement efficace et se donne à fond dans son projet. Nous avons pu tourner rapidement, c’est pour ça que ce film n’a pas coûté plus que notre budget. Et nous avons également reçu une grande marge de manœuvre, beaucoup de liberté de la part de Miramax et ils nous ont donné l’impression que nous pouvions à la fois travailler vite et faire des miracles.


FilmDeCulte - Quelle est la place du film dans la production actuelle hollywoodienne?

Robert Rodriguez - Ce film est très indépendant. Miramax nous a donné beaucoup de liberté. Ils ne savaient pas ce que ça deviendrait, mais ils ont accepté de participer à l’aventure.


FilmDeCulte - Vous avez travaillé uniquement avec des fonts verts et les décors ont été rajoutés numériquement, comment se passe un tel tournage ? Est-ce que finalement les acteurs étaient nécessaires ?

Robert Rodriguez - Les acteurs interprètent des personnages, et la seule chose que nous avons faite c’est les faire avancer dans une intrigue. Ce n’est pas un film à effets spéciaux dans le sens où les acteurs interagissent entre eux, jouent avec des objets réels, etc. C’est juste un autre genre de film.

Jessica Alba - Franck et Robert ont collaboré pour avoir une performance spécifique de notre part.

Clive Owen - En fin de compte ça s’apparente beaucoup au mode de jeu que l’on développe au théâtre, où le décors est souvent identiques pendant toute la durée de la pièce et c’est aux acteurs d’évoluer là dedans, de composer.


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