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NICOLAS BOUKHRIEF


A l'occasion de la sortie du remarquable Convoyeur, rencontre avec le cinéaste Nicolas Boukhrief à l'occasion du Festival du Film Policier de Cognac. L'ancien rédacteur du magazine culte Starfix revient sur les débuts de sa carrière, sans tabou ni langue de bois. Il explique aussi pourquoi il a attendu son troisième long métrage pour mettre en scène un vrai film de genre.


FilmDeCulte - Tu es l'un des fondateurs de Starfix au début des années 80 avec Christophe Gans, Christophe Lemaire, François Cognard, Doug Headline. Comment est né ce magazine mythique?

Nicolas Boukhrief - Christophe Gans travaillait à L'Ecran fantastique, et il avait commencé à travailler avec Scherzo, un éditeur vidéo, à qui il a conseillé une série de cassettes porno. Ça a tellement cartonné que les gens avaient de l'argent qu'ils voulaient réinvestir, et Christophe a eu l'idée de leur proposer de faire un journal, sur le concept de Starfix. Et comme ils ont accepté, il a commencé à rallier autour de lui des gens qu'il connaissait pour faire ce journal, comme Doug Headline qu'il avait rencontré à la Cinémathèque et qui bossait à Métal hurlant, François Cognard et moi-même, qui faisions des fanzines, etc etc. Et la suite, on la connaît.


FilmDeCulte - Vous vous connaissiez bien avant, donc?

Nicolas Boukhrief - Oui. Christophe, je le connaissais depuis l'âge de neuf ans. On est né dans la même ville, on aimait tous les deux le cinéma, donc on a commencé à discuter très tôt, en fait, dès la 6ème.


FilmDeCulte - Est-ce que vous avez conscience que ce magazine a forgé toute une génération à un certain type de cinéphilie?

Nicolas Boukhrief - On le découvre aujourd'hui et on en est ravi. On rencontre des gens qui viennent parler du journal avec un certain enthousiasme. Ce qui s'est passé, c'est qu'à l'époque on avait vingt ans, et notre lectorat quatorze, mais nous on ne calculait pas ça en terme de génération. Au départ, c'était uniquement conçu pour nous offrir un moyen d'expression et faire partager notre passion, donc du coup on est content que des gens l'aient partagée à ce point.


FilmDeCulte - C'est surtout qu'à l'époque c'était le seul magazine qui défendait aussi bien Zulawski, Greenaway, Tarkovski que Friedkin, Carpenter ou Cronenberg.

Nicolas Boukhrief - On défendait simplement ce qu'on aimait. Et comme on aimait beaucoup de choses, très variées, on n'avait pas d'ostracisme comme il y avait dans beaucoup de revues. C'est ce qui a intéressé le lectorat, je pense.


FilmDeCulte - Aujourd'hui ça paraît évident, mais à l'époque c'était soit Mad Movies ou L'Ecran fantastique...

Nicolas Boukhrief - …soit Les Cahiers du cinéma, absolument. L'idée était de faire cet amalgame, ce mélange des genres, sans ostracisme. Ce n'est pas que ça nous flatte mais ça fait plaisir de voir que des gens appréhendent le cinéma comme nous on l'appréhendait, d'une façon gourmande et non cérébrale. A partir de là, ce sont des gens qui peuvent aussi bien voir un film des frères Coen qu'un film d'Abdel Kechiche [ndlr: réalisateur de L'Esquive], je pense.


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