| |
|
|
FilmDeCulte - Michelle, au départ votre personnage est tout ce qu’il y a de plus normal. Il finit par adopter une attitude de tueuse plutôt efficace. Comment interprétez-vous et comprenez-vous cette transition si radicale?
Michelle Monaghan - C’est justement ça qui m’intéressait. Quand les gens, enfin surtout les femmes, se retrouvent dans des situations extraordinaires, elles sont capables de tout. Et mon personnage, Julia, ne sait pas du tout de quoi elle est capable. Au début elle est plutôt une fille simple, elle ne sait pas que son mari est un espion, elle pense qu’il travaille pour la circulation etc. Et puis j’adore l’idée que les femmes sont capables de faire n’importe quoi quand elles sont amoureuses. Je trouve ça très joli dans cette histoire, cet instinct protecteur, presque maternel, qui est poussé à bout par amour.
FilmDeCulte - Mission: impossible III est bien évidemment un film d’action, mais est-ce que le propos principal du film n’est pas finalement la confiance dans le couple?
J.J. Abrams - C’est le sujet du film: que devient un couple quand l’un des amants n’est pas tout à fait sincère envers l’autre. Tout au long du film Ethan ment à sa fiancée, parce qu’il pense que l’amour est plus fort que tout et que le mensonge n’est pas si grave. Mais petit à petit, il prend conscience qu’il n’est pas honnête. En même temps ce qui est intéressant, c’est de voir qu’Ethan est prêt à quitter ce monde de l’espionnage pour Julia qui, elle, a plutôt l’air contente d’être dans ce monde. A la fin du film, ce n’est toujours pas clair entre eux. J’ai aimé mettre ce petit point d’interrogation malgré le happy end. Car où ce couple va t-il aller maintenant?
FilmDeCulte - Michelle, est-ce que vous pensez intégrer l’équipe de Mission: impossible pour une éventuelle suite?
Michelle Monaghan - J’adorerais. Et si jamais J.J. ne vient pas frapper à ma porte pour le faire, je serais très déçue.
FilmDeCulte - J.J., maintenant que vous avez rendu service à la licence Mission: impossible en réalisant le troisième opus, est-ce que Tom Cruise vous a promis de faire une apparition dans un épisode de Lost?
J.J. Abrams - Oui Tom sera dans Lost! (rires). C’est juste qu’il ne le sait pas encore. J’ai écrit un arc scénaristique de huit épisodes où il devrait apparaître. Non je plaisante. Vous savez, à Hollywood, soit on fait d’énormes films, soit on se consacre à une petite série. Alors il faudra qu’il fasse son choix (rires). Mais à la limite je veux juste qu’il regarde la série (rires).
Paula Wagner - En fait, Tom et moi avons même eu le privilège de pouvoir visionner l’épisode pilote de Lost avant qu’il ne soit diffusé à la télé.
FilmDeCulte - J.J., est-ce que la musique, et en particulier le thème de Mission: impossible que tout le monde connaît, vous influence dans votre mise en scène? Est-ce que vous vous êtes dit qu’il y avait des thèmes que l’on devait impérativement entendre dans le film?
J.J. Abrams - Tout d’abord, il faut savoir que j’ai eu un problème avec cette musique. Sur le plateau, presque tout le monde avait le fameux thème comme sonnerie de téléphone portable. Donc pendant les quatre premiers jours du tournage, dès qu’un téléphone sonnait - à peu près 5000 fois par jour - ça faisait "tain-tain-taintaintain-tain-taintain-taintaintain-taintaintain"… Pour plaisanter, j’ai demandé à tout le monde d’éteindre son téléphone, mais surtout de changer de sonnerie, sans quoi je n’utilisais pas le fameux thème. Je savais que je devais reprendre des thèmes connus de la série, mais je ne savais pas vraiment où ni à quel moment. Je travaille avec Michael Giacchino depuis des années sur la musique de mes séries. Deux mois avant le début du tournage, nous avons établi la liste et l’emplacement des morceaux à utiliser. Nous nous sommes mis d’accord sur la scène du Vatican pour faire entendre le thème principal, parce qu’à mes yeux c’était le seul moment où l’équipe remporte une vraie victoire.
FilmDeCulte - On sait désormais que Tom Cruise fait lui-même ses cascades. Est-ce que, justement, l’arrêter a été une mission impossible?
Paula Wagner - En fait même J.J. a fait ses propres cascades (rires). Comme je travaille avec Tom depuis très longtemps, je sais qu’il exécute ses propres cascades comme un vrai professionnel et même s’il m’arrive de m’inquiéter pour lui, il est toujours très précis et fait tout de A à Z comme un professionnel le ferait. Je me rappelle qu’à l’époque du premier Mission: impossible, lorsque Tom se retrouvait suspendu au filin dans la salle des contrôles de la CIA, j’avais vraiment peur pour lui mais maintenant, à force de le voir évoluer et faire ses propres cascades dans les films, je le laisse faire ce qu’il veut.
J.J. Abrams - Tom a fait ses cascades lui-même et en plus il m’a laissé réaliser ce film. À mon avis ce gars est fou (rires). En même temps, j’adore que Tom fasse ça mais je dois avouer que j’ai un sentiment un peu partagé, parce que c’est ma star et il ne faut pas que je la tue. Pendant le tournage, il m’est arrivé d’imaginer les titres des journaux: "Un nouveau réalisateur tue Tom Cruise". Vous imaginez l’angoisse? J’avais un peu peur de ça. Mais d’un autre côté, quand on voit Tom Cruise faire ses propres cascades, on sait très vite que le film va être meilleur. Et j’ai adoré ça. C’est vrai qu’il était bien entouré par notre équipe de cascadeurs, notamment par Vic Armstrong, mais Tom est aussi bon pour les grosses scènes, par exemple quand il saute de la tour de Shanghai, que pour un combat dans un ascenseur. C’est pour ça que ça marche. Parce que Tom est avant tout acteur, il peut aussi jouer pendant les cascades. Et pour moi c’est ce qui le rend vraiment impressionnant.
- 2/3 -
|
|
|