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Et de trois pour Matt Damon: déjà présent en 2002 et 2004, l’acteur est revenu sur les planches présenter le troisième (et dernier?) volet de la saga Jason Bourne. Et, dans sa valise, il a amené avec lui le réalisateur Paul Greengrass, avec qui il s’apprête à tourner Imperial Life in the Emerald City, un film sur l’occupation américaine de l’Irak.
FilmDeCulte - Paul, comment vous êtes-vous replongé dans l’ambiance avant de réaliser ce troisième volet?
Paul Greengrass - Réaliser un Bourne est une expérience unique. C’est presque comme si, avec Matt, on partait dans un endroit du monde et, une fois là-bas, on se regarde et Matt me demande "Et maintenant, qu’est-ce qu’on fait?". On s’est retrouvé dans un ferry à destination de Tanger et je lui ai juste répondu: "Je ne sais pas. Contente toi d’avoir l’air dur et intense et on verra." Voilà ma contribution à La Vengeance dans la peau. (rires)
FilmDeCulte - Matt, comment vous êtes vous préparé physiquement pour le rôle?
Matt Damon - Comme vous le voyez, il n’y a pas vraiment de manière de se préparer! Mais physiquement, j’ai fait beaucoup de boxe, comme pour les deux précédents films. Le problème c’est qu’entre temps, j’ai eu une petite fille! Une raison supplémentaire pour moi de rentrer à la maison à la fin de la journée plutôt que de me rendre à la salle de gym. C’est pourquoi la fermeture éclair sur ma veste remonte petit à petit durant le film afin de cacher mon physique!
FilmDeCulte - Etant donné que Nicky vous attend toujours dans le café à la fin du film, il faut que vous fassiez un quatrième épisode! Qu’en est-il?
Matt Damon - Je pense que Julia Stiles risque d’attendre longtemps dans ce café! (rires) Paul et moi nous sommes mis d’accord pour ne pas évoquer l’idée d’un quatrième épisode avant au moins cinq ans. Les trois films parlent de la quête d’identité de Bourne et, maintenant qu’il l’a récupérée, il faudrait réaliser un film bien différent. Il ne faut jamais dire jamais, mais je n’imagine pas une série à la James Bond pour ce personnage-ci. Un autre acteur pourrait reprendre le rôle, mais pour l’instant, en ce qui nous concerne, Paul et moi, nous n’avons pas de projet.
Paul Greengrass - Chacun des deux premiers films conduisait naturellement au suivant. Maintenant que la boucle est bouclée, il faut laisser du temps, et peut-être que là une nouvelle idée émergera. Mais, à l’heure qu’il est, il n’y a aucune raison naturelle qui nous pousserait à prolonger l’histoire.
FilmDeCulte - Quelle est l’importance d’un festival comme Deauville par rapport à Venise, par exemple?
Matt Damon - Deauville est connu aux Etats-Unis. Ça fait trois fois que je viens ici, chaque fois avec un Bourne. L’ambiance est détendue, très calme, et puisqu’il n’y a pas de compétition pour nous, il n’y a pas de stress. On est juste là pour célébrer des grosses machines hollywoodiennes! (rires)
FilmDeCulte - Paul, vous avez dit que les Bourne sont un mélange entre les films hollywoodiens et un cinéma plus indépendant. Pourriez-vous nous en dire plus?
Paul Greengrass - C’était ça l’idée de génie de Doug Liman lorsqu’il a donné naissance à la franchise avec La Mémoire dans la peau. Il a montré qu’on pouvait prendre ce personnage de roman d’espionnage et en faire une sorte de nouveau héros d’action, et également qu’on pouvait créer une franchise qui prenait racine dans le cinéma des années 70 et rentrait en collision avec un style plus moderne. J’ai essayé de poursuivre dans cette voie. Mais lorsqu’on s’est attelé à réaliser La Vengeance dans la peau, la série était déjà un énorme succès. A partir de là, comment revenir malgré tout à quelque chose de brut? C’est en partie ce questionnement qui a guidé le choix des lieux de tournage: Tanger, la gare de Waterloo, les rues de New York… Ce sont des endroits où l'on ne peut pas travailler comme une grosse équipe traditionnelle.
FilmDeCulte - Matt, il y a quelques semaines, vous disiez vouloir voir Jason Bourne dans un film porno…
Matt Damon - Hé bien, nous sommes justement ici pour vous annoncer que… (rires). Plus sérieusement, c’est une blague que m’avait sorti Doug Liman sur le premier film. Il suggérait qu’après chaque prise, on fasse une prise de vue supplémentaire à poil, pour réaliser ainsi le film porno le plus cher de tous les temps. C’est devenu un running gag depuis!
FilmDeCulte - Paul, comment réussissez-vous à tourner dans des endroits ouverts au public et aussi peuplés?
Paul Greengrass - Un endroit public, comme son nom l’indique… est bourré de public! (rires) Quand on réalise un film, on a un choix à faire: on peut se couper de la réalité et coordonner le plateau comme le ferait une équipe traditionnelle. Ou bien choisir de se frotter à la réalité. C’est ce qu’ont toujours fait les Bourne. Les films se déroulent dans le monde réel que l’on connaît: ce n’est pas le Paris touristique avec la Tour Eiffel en fond, ni Londres avec Big Ben… On paye le prix d’une telle approche car c’est plus difficile de travailler. Mais en contre partie on y gagne en vitalité. C’est également assez drôle: lorsque l’on tournait la poursuite en voitures à New York, les passants filmaient le tournage et postaient leurs vidéos, montées sur de la musique, sur YouTube le soir même. Ça m’a d’ailleurs fourni quelques idées. (rires)
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