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MARIA BELLO
Depuis la fin de son passage dans Urgences, Maria Bello a réussi à se construire une carrière cinématographique discrète mais prolifique, et surtout classieuse et riche en grands noms: David Cronenberg, Paul Schrader et maintenant Oliver Stone. L’actrice américaine, très pro, a profité de sa présence à Deauville pour répondre à nos questions sur World Trade Center.
Q - Comment êtes vous arrivée sur le projet, et quelle a été votre première réaction en entendant parler de ce script et en apprenant qu’Oliver Stone le mettrait en scène?
Maria Bello - Mon agent m’a envoyé le scénario en me disant que j’aurai envie de le faire. J’ai donc lu ce script magnifique d’Andrea Berloff qui m’a fait versé toutes les larmes de mon corps, et en le refermant, je me suis dit "Il faut que je sois dedans". Et quand j’ai su que le brillant Oliver Stone le ferait, je pouvais encore moins refuser.
Q - Aviez-vous des idées préconçues sur la manière dont Oliver Stone traiterait le sujet?
Maria Bello - J’avais des idées préconçues sur Oliver lui-même. Je savais que c’était un génie, mais je ne savais pas à quoi m’attendre sur le plan personnel. Et j’ai été tellement surprise de voir à quel point il peut avoir l’enthousiasme, la passion d’un enfant, et il a un tel sens de l’humour qu’on a passé notre premier rendez-vous a rigoler. Je suis tellement fière de le connaître.
Q - Avez-vous eu le sentiment que… comment dire… Sachant qu’il sait qu’il est Oliver Stone et qu’il a réalisé tant de films engagés par le passé, et qu’il aborde désormais le 11 septembre sous un angle très positif, avez-vous eu le sentiment qu’il était conscient de lui-même en réalisant le film, vu les attentes qui l’entourent?
Maria Bello - Les gens croient savoir tant de choses sur lui, mais ils ignorent sa générosité et sa spiritualité. Et le film était une occasion de faire ressortir ce côté-là de sa personnalité.
Q - Comment était-ce de travailler avec Donna McLoughlin? Avez-vous collaboré ensemble pour mieux saisir son personnage?
Maria Bello - Nous sommes devenues très intimes. Quand on les a rencontrés pour la première fois, ils nous ont reçus chez eux à Long Island pour déjeuner et Donna et moi avons fait la vaisselle ensemble. Nous avons parlé de nos vies, de nos espoirs, de nos rêves, et j’ai pu capter son essence, sa force silencieuse, sa compassion.
Q - Le personnage de Maggie Gyllenhaal laisse tout sortir tandis que le votre contient beaucoup plus ses émotions. En tant qu’actrice est-ce plus dur à faire…?
Maria Bello - C’est une excellente question. Si c’était à moi de décider, j’aurais joué toutes mes scènes en position fœtale sur le sol à pleurer! (rires) Mais Oliver m’a constamment répété qu’il s’agit de l’épouse d’un policier depuis vingt ans. Elle se dit tous les jours qu’il pourrait ne jamais revenir. Ce jour était ordinaire, l’ampleur des évènements n’avait pas encore été complètement saisie, et elle devait rester digne devant ses enfants et sa famille. Elle a fait ce qu’elle aurait fait n’importe quel autre jour: elle a fait la lessive, a nourri les enfants… Et ce n’est qu’à la fin qu’elle craque.
Q - Donc tout le récit de la journée est exact?
Maria Bello - Oui, tout.
Q - Que pensez-vous du personnage de Dave Karnes (le Marine)? J’ai entendu des critiques hier au sortir de la projection au sujet du côté vengeur dont il fait montre. En Europe, ça semble être un point chaud. Comment le voyez-vous?
Maria Bello - Oliver a restitué de manière fidèle les évènements de cette journée et ce que vous avez vu, c’est bel et bien l’histoire de Dave Karnes. Il est le Marine qui les a trouvés. Oliver aurait pu être politiquement correct et le changer, mais il ne voulait pas être politiquement correct et l’a montré comme il était. Beaucoup d’Américains ont eu cette même réaction ce jour-là et c’était important de le montrer.
Q - Une dernière petite question. J’avais lu pas mal de choses sur vos fameuses lentilles de contact bleues dans le film. Etait-ce l’idée d’Oliver Stone?
Maria Bello - John (McLoughlin) a toujours dit que les yeux bleus de sa femme lui faisait penser à un ange. Les lentilles bleues donnaient un côté angélique au regard de mon personnage.
Entretien réalisé par Liam Engle
le 3 septembre 2006
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