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HERSCHELL GORDON LEWIS
Initiateur du gore en tant que genre cinématographique, le Pape du gore, celui qui reste
à l'origine de tous les longs métrages sanglants vus sur un écran depuis quarante ans, Herschell Gordon Lewis, revient
cette année avec une suite à son film culte, Blood feast. Sans Herschell Gordon Lewis, pas de Sam Raimi, pas de John Waters,
pas de Peter Jackson... Venu présenté ce nouvel opus en avant première lors
de l'Etrange Festival, il a accepté de répondre à nos questions.
FilmDeCulte - En quoi Blood Feast 2 (lire la critique du film) se démarque-t'il de
Blood Feast 1?
Herschell Gordon Lewis - Nous avons fait quelques efforts pour
la confection de la statue de Ishtar, qui ressemblait à un mannequin de grand magasin dans le premier
volet. Et puis cette fois-ci, les effets comiques du film sont volontaires. A vrai dire, en plus d'être
le sommet de ce festival, Blood Feast 2 est probablement le sommet de ma carrière!
FilmDeCulte - Quels sont vos liens avec John Waters (ndlr:
qui joue un petit rôle dans le film)?
Herschell Gordon Lewis – John Waters est originaire de Baltimore.
Il a absolument tenu à ce que je présente The Gore Gore Girls au festival de Baltimore...
Moi ça ne m'enchantait guère, de m'enterrer ainsi dans sa ville. J'ai accepté, mais il devait y
avoir quelque chose en retour. D'où sa participation pour le rôle du prêtre.
FilmDeCulte - Pourquoi avoir attendu 40 ans avant de tourner
la suite de Blood Feast?
Herschell Gordon Lewis – Je me suis renseigné auprès de Dieu pour en
savoir plus sur mon avenir cinématographique, mais il m'a répondu "Je suis en vacances, va au diable!".
Et puis si vous demandez à un unijambiste pourquoi il ne marche que sur une jambe, il vous répondra
"Parce que si je ne me tiens pas dessus, je tombe".
FilmDeCulte - Comment expliquez-vous le changement
de votre public, entre les drivings d'antan et les festivals plutôt cinéphiles comme celui-ci?
Herschell Gordon Lewis – Avant, le cinéma gore était extrêmement singulier.
Aujourd'hui, il est beaucoup plus accepté, le public a évolué. Mais il demeure toujours habité par une
certaine folie... Pour être honnête, je me rends compte qu'il suffit de vivre assez longtemps pour
parvenir à être légitimé. D'ailleurs, la nature même de ces films a été légitimée, et je plaide
coupable!