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LE DAHLIA NOIR
Ambiance bon enfant à cette conférence de presse de luxe, où Josh Harnett, Aaron Eckhart et, surtout, Brian DePalma, était accompagnés de l’auteur du Dahlia noir en personne: James Ellroy.
Q - M. Ellroy, que pensez-vous de l’adaptation de votre roman? Etes-vous satisfait?
James Ellroy - Pour résumer, le film de M. DePalma est une compression et une réduction magnifiquement conçue de ma très longue histoire. Elle conserve les arcs des personnages, isole les thèmes-clés, et donne à mon roman une forme physique magnifique que je n’aurai jamais pu imaginer. Ce film restera comme un souvenir visuel des personnages que j’ai créés.
Q - M. DePalma, pourriez-vous nous raconter comme vous vous êtes retrouvé sur ce film et ce qui vous a intéressé dans ce projet?
Brian DePalma - J’ai lu le livre en 1992 tandis que je travaillais sur L’Impasse et je l’avais bien aimé. J’en avais parlé avec le producteur Art Linson à l’époque, mais l’histoire semblait trop vaste pour être correctement adaptée. C’est en voyant L.A. Confidential que j’ai compris qu’il était possible de retranscrire Le Dahlia noir au cinéma. Josh Friedman à l’époque avait écrit un scénario avec David Fincher qui faisait quelque chose comme 210 pages, mais David est parti sur un autre projet et Art et moi nous sommes mis au travail sur le scénario pour le ramener à une longueur convenable. Ce qui me plaît dans le roman, c’est la force de ses images, qui restent gravées en mémoire, et le challenge que représentait l’adaptation d’une histoire aussi vaste.
Q - Josh, comment êtes-vous arrivé sur le film et comment vous êtes-vous préparé pour ce rôle?
Josh Hartnett - David Fincher et Art Linson sont venus me voir il y a environ cinq ans avec le scénario de 210 pages dont parlait Brian. C’était une adaptation très différente de celle qu’on a finalement réalisée. Quelques années plus tard, Brian est arrivé sur le projet et je l’ai rencontré dans un petit hôtel sur la plage à Los Angeles. On n'a pas tant parlé du film que blagué et bu des verres, et Brian m’a engagé. Pour ce qui est de la préparation, j’ai surtout boxé. James Ellroy insiste beaucoup sur ce fait et donc j’ai passé du temps à la salle d’entraînement. Et j’ai relu le livre. Quatre fois de plus.
Aaron Eckhart - Josh était Mr Ice, donc j’ai été Mr Fire. J’ai juste fait le contraire de Josh. J’ai laissé mes émotions sortir.
Q - Votre film a eu des problèmes à trouver des financements. Qu’est-ce que cela révèle de la politique d’Hollywood aujourd’hui?
Brian DePalma - Ils n’aiment pas faire des films noirs et sombres où il n’y pas un héros clairement défini. C’est donc toujours dur de faire financer des films de ce genre, surtout lorsqu’ils sont aussi chers. Mais les acteurs ont tenu bon malgré que l’argent nous ait manqué par deux fois. Ça m’a laissé le temps de chercher mes décors un peu partout dans le monde, donc lorsque le moment de tourner le film est venu, j’étais prêt.
Q - N’était-ce pas un risque de refaire une adaptation de roman après l’échec que fut Le Bûcher des vanités? Et voyez-vous ce film comme un comeback après les insuccès de Femme fatale et Mission to Mars?
Brian DePalma - Vous vous souvenez peut-être d’une adaptation que j’avais réalisée de Carrie qui avait eu un certain succès? (rires) En ce qui concerne Le Bûcher des vanités, nous avons fait des modifications sur ce film que je ne referai plus jamais. Sur Le Dahlia noir, j’ai essayé de suivre le récit d’Ellroy le plus près possible, même si ça peut être complexe pour le public, mais c’est ce qui fait qu’Ellroy est Ellroy. Et seuls vous pouvez décider s’il s’agira d’un vrai comeback!
Q - M. Ellroy, qu’est-ce qui vous a décidé à laisser vos romans être adaptés au cinéma et qu’avez-vous pensé des différents films qui en ont été tirés?
James Ellroy - L’argent est le cadeau que personne ne rend jamais! (rires) Quand j’étais un jeune écrivain il y a vingt ans, j’ai reçu 25000$ de nulle part en échange des droits du Dahlia noir. Je suis réaliste et j’ai traîné suffisamment longtemps à Hollywood pour savoir que mon roman ne serait jamais adapté, et que si c’était le cas, il serait foireux de A à Z. L’option a été renouvelée au fil des années et cet argent a servi à payer mon premier divorce. Et les royalties qui me reviendront du film de Brian DePalma continueront à financer mon deuxième divorce. Quand l'un des producteurs, Rudy Cohen, m’a appelé pour m’annoncer que DePalma allait réaliser l’adaptation, j’étais tellement heureux que j’ai regardé par la fenêtre, j’ai vu que la lune était pleine, je suis sorti et j’ai aboyé devant elle.
Q - Scarlett Johansson et Hilary Swank sont parmi les plus prometteuses des jeunes actrices d’Hollywood. Comment était-ce de travailler avec elles ?
Brian DePalma - J’ai rencontré Scarlett quand elle avait 13 ans et j’ai vu qu’elle était très drôle. Des années plus tard j’ai repensé à elle pour le rôle, je me suis dit "C’est parfait". On s’est donc revus et c’était réglé. Je connaissais Hilary depuis longtemps, on a vécu tous les deux à Greenwich Village, on avait mangé plusieurs fois ensemble déjà. Et j’ai toujours voulu la voir faire ressortir sa sexualité, c’est une belle femme, très sexy, qui a eu beaucoup de succès en interprétant des garçons et des boxeurs. J’ai donc saisi l’occasion de la transformer en femme fatale et surprendre tout le monde.
Josh Harnett - C’est toujours un plaisir de travailler avec des actrices talentueuses, surtout quand elles sont aussi sexy. Elles ont toutes les deux un talent très différent: Hilary crée ses personnages à la maison, à partir de rien, de manière très ordonnée. Et Scarlett arrive à jouer l’esprit très ouvert, de manière très instinctive. Et les embrasser fut aussi un plaisir.
Aaron Eckhart - Je n’ai pas eu l’occasion de les connaître aussi bien que toi. (rires) Mais j’ai pris beaucoup de plaisir à travailler avec elles. Scarlett a vraiment, comme dit Josh, une telle ouverture, un tel instinct, et en plus elle est drôle et incroyablement sexy. Malheureusement elle m’a quitté! (rires)
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