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Entretien avec Eric Lacroix
à propos de Thomas est amoureux (2001)


A l'occasion de la sortie de Thomas est amoureux, FilmDeCulte a voulu jouer au découvreur de talent, d'un métier, et pour cela nous n'avons pas rencontré Pierre-Paul Renders, mais son assistant, Eric Lacroix. Belge d'origine Namuroise, habitant à Bruxelles et assistant-réa donc, sur Thomas est amoureux mais aussi (et ça, peu de gens le savent) réalisateur à la date d'aujourd'hui de 3 courts-métrages.


FilmDeCulte: D'ou t'es venue l'envie de faire du cinéma ?

Eric Lacroix: Ca remonte à très très très longtemps...Quand j'avais 6-7 ans, on a joué à faire du cinéma avec mon frère aîné, je me souviens très bien, il avait une vieille caméra qui ne marchait pas, je ne savais pas très bien ce qu'on faisait mais je trouvais ça extraordinaire, je m'amusait... et ma soeur qui avait 15-16 ans m'a expliqué qu'il y avait des gens dont c'était le métier. Je sais que depuis ça m'a toujours obsédé. Mais bon, j'ai grandi dans un système éducatif où c'était pas des trucs sérieux, donc voilà, c'est pour ça que c'est resté un peu à l'état de rêve inaccessible pendant pas mal d'années.


FDC: Vous décidez alors de suivre des études de droit. Ne vous sentant pas à votre place, vous arrêtez au bout de 3 ans. Ne voulant pas repartir pour 4 ans d'études (durée des études à l'IAD et à l'INSAS, les 2 écoles de cinéma les plus réputées en Belgique), vous choisissez de suivre des cours de techniques de scénario à l'ILICIT. Vous en sortez à 25 ans. Et alors, à partir de là ?

EL: J'avais la chance d'avoir une cousine qui travaillait un peu dans le cinéma, qui m'a pas filé un boulot comme sur un plateau mais qui m'a orienté vers 2, 3 personnes à appeler, et j'ai eu du bol, j'ai assez vite trouvé un boulot payé, sur un truc épouvantablement pas intéressant (artistiquement), mais c'est un premier boulot d'assistant réalisateur et ça m'a tout appris, de toute façon, au niveau de l'assistanat.


FDC: Et Thomas est amoureux dans tout ça ?

EL: Sur ce premier boulot, justement, ça s'appelait Affaire de famille (un remake francophone d'un soap flamand très populaire en Flandre), ça se tournait à Namur et il y avait une super ambiance, et c'est là que j'ai rencontré Pierre-Paul Renders, qui était directeur d'acteur. Pierre-Paul est un type super sympa, avec qui je me suis assez vite très bien entendu. Moi, j'étais régisseur...allez, le titre était régisseur, mais objectivement c'était un travail d'assistant réalisateur sur le plateau. Je l'assistais dans son boulot, on était assez proche rapidement et lui aimait assez bien ma manière de travailler, je crois qu'à ce moment-la il s'était fait à l'idée que quand il ferait son long-métrage, il me proposerait d'être son assistant.


FDC: Et ton rôle d'assistant réalisateur, cela consiste en quoi exactement ?

EL: Le poste d'assistant réalisateur, cela consiste en quoi? Moi, je définit ça comme ça: c'est la personne qui fait le planning de tournage, et qui est un peu le contremaître sur le plateau. Qui doit vérifier que tout le monde fait bien son boulot, dans les délais. Mettre le réalisateur dans les meilleures conditions, le décharger de tous les problèmes d'organisation, de présence des gens, de transmission de l'information.


FDC: Thomas est amoureux est un film assez original, comment s'est passé ce tournage?

EL: On tournait comme en studio, en fait, c'était dans une école, dans laquelle pratiquement tous les décors ont été construit. On a fait quelques tournages en extérieur mais pas beaucoup. C'était une équipe relativement réduite, mais c'est surtout au niveau technique que le tournage était assez spécifique, c'était assez complexe, aussi bien au niveau de l'image qu'au niveau du son. Parce qu'en fait, il y avait le personnage qui était à l'image, qui était filmé, et le personnage de Thomas qui était dans une petite pièce. Des 2 côtés il y avait une caméra, et ils avaient tous les deux l'image de l'autre, ils étaient vraiment en communication l'un avec l'autre, il fallait donc qu'au niveau du son ils puissent se parler et que la prise-son du comédien face-caméra soit quand-même tout à fait propre. Techniquement c'était assez lourd et ça prenait énormément de temps au niveau de l'installation. Sinon, il n'y a avait pas vraiment de différence avec un téléfilm classique. A la différence que l'équipe, ici, était hyper motivée, les gens ont envie de faire le mieux possible. Il y avait une ambiance extraordinaire...on en garde tous un très bon souvenir. J'ai eu un cafard monstrueux, après... J'aurais voulu que ça dure plus longtemps, le tournage était très court, 4-5 semaines, court mais intense ! C'était un budget extrêmement serré, de toute façon.


Sur le plan personnel, il a achevé de réaliser 3 courts-métrages: L'assiette du voisin, Nous sommes pas les derniers, et des Des Fleurs pour Irma.

Le premier, c'est entre potes pour pas grand-chose, un court muet en noir et blanc. Il manque l'argent pour gonfler le support en en pellicule.

Le second est en stade de finition montage son grâce à la rencontre avec Thierry Zamparutti, un producteur.

Et le troisième, c'est grâce au concours scénario Kieslowski. "C'est le genre de trucs qu'on fait sans y croire une seconde, il y a 1300 scénarios envoyés, il y a 3 lauréats...Gagner le Prix, c'est presque un miracle, un cadeau du ciel...Cela prouve qu'il y a des opportunités et qu'il faut les saisir".


Il compte peut-être encore se faire la main sur un court, car il ne se sent pas encore prêt pour s'attaquer à un long, bien qu'il ait peut-être des opportunités grâce au Prix Kieslowski car... "Ce Prix est pris très au sérieux en France. Dès que je dis que je suis titulaire du Prix Kieslowski, on me prend tout de suite au sérieux et on me transfère tout de suite au producteur, ce que n'était pas le cas avant !!! (rires)"


Histoire à suivre donc...un mot de la fin monsieur Lacroix ?

EL: Si on veut percer dans le métier, il faut se rendre compte que c'est collectif, il faut essayer de rencontrer le plus possible de gens...et aussi avoir de la chance.


Propos reccueillis par Yves



LIENS

Thomas est amoureux (2001)



 
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