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CÉDRIC KLAPISCH


En écrivant la réplique "Tous ensemble mais chacun pour soi" dans son premier long-métrage (Riens du tout), Cédric Klapisch ouvrait les portes de son cinéma, et libérait la quintessence de ses films à venir. Son personnage principal sera multiple, mais chaque individu du groupe existera comme une entité à part entière. Naviguant sans cesse entre le drôle et le triste, entre comédie et drame, Klapisch s'est naturellement imposé dans le cinéma français comme un artiste essentiel et singulier. Sa personnalité, assez large pour nourrir plusieurs rêves de cinéma, se revendique aussi bien du cinéma d'auteur que du divertissement populaire. Pour la seconde fois (lire le premier entretien), le cinéaste nous invite dans son sympathique univers.


1 - DVD
2 - COURT-METRAGE
3 - NI POUR NI CONTRE
4 - NOUVELLE VAGUE
5 - BANDE DESSINEE
6 - AMBITION ET MORALE
7 - RUPTURE DE TON
8 - PHOTO ET MUSIQUE
9 - OUI ET NON


1 - DVD

FilmDeCulte - Dans le coffret DVD de Ni pour ni contre, vous offrez un petit livret avec quelques images de tous vos films, commentées de votre main. C'est un beau cadeau pour les fans. Vous êtes sensible à ce genre de petites attentions?

Cédric Klapisch - Oui. J'aime bien les DVD, déjà, de façon générale. Et pour ce qui est des bonus, c'est vrai que les faux bonus, ça m'énerve. Donc j'essaye de faire en sorte que les bonus soient de vrais bonus, avec cette notion, comme vous dites, de cadeau. Je sais que personnellement, il y a certains films ou certains réalisateurs dont j'aimerais avoir des bonus semblables à celui-ci. S'il y a des gens qui s'intéressent à mon cinéma, du coup j'ai envie de leur offrir quelque chose. C'est une opération marketing à la base, bien sûr, mais j'y adhère complètement si c'est une bonne idée.


FilmDeCulte - Depuis l'édition DVD de Peut-être, vous accompagnez systématiquement vos films d'un making of d'une trentaine de minutes. C'est un document auquel vous tenez personnellement, comme souvenir du tournage, ou vous le faites déjà dans le but de l'offrir en bonus?

Cédric Klapisch – C'est un peu des deux. C'est vrai que j'aime bien voir ça sur d'autres films. Et j'ai envie de partager ça avec les gens, mais c'est un truc un peu égoïste aussi. C'est comme un album de famille, c'est un souvenir sur le film. J'ai revu le making of de Peut-être il n'y a pas très longtemps, or le tournage du film commence à dater un peu pour moi, on a tourné en 98, c'était donc il y a 5 ans. Et c'est vachement agréable de revoir ces images du plateau, d'avoir un souvenir autre que le film. Et puis je suis fan de ça chez les autres, donc si j'aime, je me dis que je ne suis pas le seul.


FilmDeCulte - Avez-vous en votre possession des versions plus longues des making of de vos films?

Cédric Klapisch – Non. En général quand il y a eu des montages comme sur Ni pour ni contre ou L'Auberge espagnole, il y avait des versions plus longues qu'on a décidé de couper. C'est un peu dommage, mais on ne va pas non plus garder des scènes coupées du making of comme on le fait pour le film, et les mettre en bonus… C'est un vrai travail, un vrai petit film. Par exemple, je n'arrive pas à faire un album photo de ma famille, car ça tient du même principe, c'est à dire que l'on prend des photos, puis il faut s'arrêter, faire des choix. C'est un vrai travail, un truc qui se fait après, où il y a une réflexion. Quel souvenir on garde de la chose ? Quelle photo on met et laquelle on jette ? Il y a quelque chose comme ça dans les bonus de DVD. On ne peut pas tout garder non plus.


FilmDeCulte - Qui se charge de faire le making of dans votre équipe?

Cédric Klapisch – C'est Jérôme Plon qui s'en est occupé pour ceux de Peut-être et L'Auberge espagnole. Et là sur Ni pour ni contre, c'est une assistante qui a fait les images, et ça a été monté par une journaliste. Moi en général j'assiste au montage, je demande quelques rectifications quand il le faut, mais je me contente le plus souvent de donner mon accord.


FilmDeCulte - Depuis Le Péril jeune, vous collaborez avec ce même Jérôme Plon, votre photographe de plateau, qui prend de très beaux clichés. Des photos que l'on peut retrouver sur certains de vos DVD. Quel regard portez-vous sur son travail?

Cédric Klapisch – Je le trouve de plus en plus bon photographe. Et en dehors de ça aussi, puisqu'il s'est mis à filmer en DV, il a mis le pied dans le cinéma. Je trouve par exemple que le diaporama sur le DVD de Ni pour ni contre est extraordinaire. Ce n'est plus seulement de la photo. C'est à dire que là, c'est entre le making of, le diaporama et la photo, c'est un récit du film qui est particulièrement réussi. Il a plusieurs talents, et depuis ses débuts, il a fait des progrès constants, et pas qu'en tant que photographe de plateau.


FilmDeCulte - Est-il déjà arrivé qu'en le voyant travailler sur le plateau, il vous donne l'idée d'un plan à faire?

Cédric Klapisch – Oui, parfois. Pas très souvent, parce que bizarrement la photographie et le cinéma n'ont pas du tout le même genre de langage. Mais c'est déjà arrivé. Par contre, là où il intervient, c'est lorsque je lui demande de faire des repérages. Je l'avais envoyé pour Chacun cherche son chat faire des photos du quartier de la Bastille, et à partir de ces photos, j'avais choisi certains lieux. J'aimais vraiment certaines photos, je lui demandais à quelle heure il les avait prises, parce que j'aimais bien la lumière ou les ombres. Et du coup, je l'ai également envoyé en avance à Barcelone, parce que j'avais très peu de temps pour préparer L'Auberge. En une semaine, il a fait un véritable reportage photographique de la ville, et en fonction des clichés qu'il a ramené, j'ai choisi certains lieux de tournage, dont celui en particulier, où Judith Godrèche et Romain Duris ont cette discussion à propos du racisme envers les espagnols. Donc il peut avoir une vraie influence, mais plus en amont, dans un travail de repérage.

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