Entretien avec Kenji Kawai
FilmDeCulte: Comment avez vous procédé pour la composition de la musique de
Avalon?
Kenji Kawai: C'était une situation assez spéciale. Mamoru Oshii m'a demandé de composer des
morceaux avant même le début des prises de vue pour le film. J'ai ainsi composé le morceau final,
Voyage to Avalon, en ne connaissant que quelques informations sur le film, simplement les bases
du script. C'était un véritable défi. J'ai ensuite écrit 6 autres morceaux avant que le tournage ne débute.
Il fallait créer une atmosphère pour les différentes phases de jeu. Il y a les morceaux d'une couleur assez
hypnotique pour les phases de jeu, les morceaux orchestraux d'inspiration européenne pour la vie dite "réelle".
Voyage to Avalon est interprété par l'orchestre que l'on voit pendant le film.
FDC: Parlez nous de votre relation avec Mamoru Oshii.
KK: Ma première collaboration avec Mamoru Oshii remonte à Red Spectacles, en 1987.
Nous avons travaillé ensemble à plusieurs reprises depuis, ce qui a créé une réelle complicité. Mais
le cheminement n'est jamais identique, chaque travail est différent, j'essaie d'insuffler une singularité
à chaque composition. Par exemple, pour Ghost in the Shell, il n'était pas prévu d'ajouter des chants
aux percussions traditionnelles japonaises utilisées lors du film. Et puis je compose également pour d'autres
réalisateurs, comme Hideo Nakata (ndlr: Ring 1,
Ring 2)...
FDC: Avez vous le désir d'apparaitre dans un film de Mamoru Oshii dans le futur?
KK: Pas spécialement, non (ndlr: tout sourire).
FDC: Quelles sont vos musiques de prédilection?
KK: Les musiques de films des années 60 ou 70, Francis Lai, Santana, Carole King...
FDC: Il était question que vous composiez la musique du Pacte des Loups?
KK: Les problèmes d'emploi du temps ont fait que non.
FDC: Est-il indispensable de parfaitement comprendre un film pour en composer la musique?
KK: Héhé...je n'ai peut être pas pénétré tous les méandres d'Avalon, mais assez cependant
pour capter l'esprit du film. Et comme je vous l'ai dit, la majorité de mon travail s'est fait avant que
je sache très precisément de quoi il allait en retourner.