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DAGUR KARI


Jeune réalisateur islandais de 30 ans, Dagur Kari signe avec Noi Albinoi son premier long-métrage. Poème glacé sur un ado à bout de souffle, celui-ci fait suite à un court intitulé Lost Weekend où un personnage, enfermé dans un hôtel, vivait à l'infini les même situations, rencontrant les mêmes personnes dans une temporalité cyclique. Kari approfondit ici son goût pour les ivres boucles labyrinthiques où se perdent ses protagonistes. Ainsi, avec Noi Albinoi, il dépasse le statut de curiosité pour se poser en jolie promesse.


FilmDeCulte - Y'a t-il une part de sombre conte de fées dans le film?

Dagur Kari – On peut voir ça comme ça... à vrai dire je tenais à faire un film qui ne soit pas purement réaliste mais qui fasse part d'une réalité un peu déformée, avec un microcosme à l'atmosphère particulière.


FilmDeCulte - Noi peut-il être vu comme un martyr?

Dagur Kari - Pas à mon sens. Je n'y ai pas spécialement pensé ainsi.


FilmDeCulte - Noi vit sur une île, dans un petit village, et s'enferme parfois dans une cave. Dans quel but avez-vous contruit une succession de murs autour de lui?

Dagur Kari – Je voulais représenter une communauté vivant confinée et entourée par les montagnes, la neige etc. Noi, de son côté, se crée un espace personnel parce qu'il n'appartient pas à cette communauté. Il doit en quelque sorte s'enterrer pour se sentir à l'aise.


FilmDeCulte - Que représentent les personnages féminins dans le film? Iris est-elle le salut de Noi?

Dagur Kari – Iris vient du monde de l'extérieur, elle vient de la grande ville. Par conséquent elle représente d'autres possibilités, elle symbolise le fait qu'il est possible de s'échapper, de rêver.


FilmDeCulte - La fin du film est-elle une apocalypse qui permet une renaissance pour Noi? Et plus généralement, pensez-vous que toute renaissance doive passer par la destruction?

Dagur Kari – La fin est très ouverte, vous pouvez l'interpréter comme vous voulez. C'est en effet une possibilité. Pour moi c'était en quelque sorte une façon de dire que les pires choses qui vous arrivent peuvent parfois être les meilleures, les plus bénéfiques, ironiquement. Mais tout reste ouvert, j'ai entendu nombre de versions à propos de la fin, et j'aime ça, qu'il y ait plusieurs films en un seul.


FilmDeCulte - La scène dans le musée représente t-elle le monde statique de Noi?

Dagur Kari – Non, en fait cette scène devait se passer ailleurs, mais lorsque nous avons trouvé cet étrange musée, on s'est décidés à tourner là. Le musée devient un endroit comme un autre où les personnages se retrouvent, parce qu'ils n'ont nulle part où aller.


FilmDeCulte - Avez-vous des points communs avec Noi?

Dagur Kari – Pas vraiment, il vient vraiment de mon imagination. On n'a pas grand chose en commun du point de vue de la famille, de notre condition… c'est principalement une création.


FilmDeCulte - Dans quel but avez-vous disséminé des symbole de fatalité dans le film?

Dagur Kari – C'était délicat parce que je ne voulais pas que ça soit trop voyant, je voulais que ça soit subtil. Il y a quelques signes ça et là, mais je ne tenais pas à ce qu'on se dise "Ah ah, quelque chose de mal va arriver". Lorsque les événements dramatiques arrivent, ils prennent de la profondeur grâce à des signes qui accentuent le côté tragique. La scène du sang renversé ou celles du cimetière y participent.

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