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FilmDeCulte - Avez-vous été consulté, de près ou de loin, pour Day of the Dead 2?

George Romero - Je n'ai rien à voir là-dedans ! Mon ex partenaire (ndlr : Richard Rubinstein) a vendu les droits du film sans me consulter, et je ne sais pas trop ce que ça donne. Mais c'est assez intéressant de voir tout ça, ça ne me dérange pas vraiment. Mais mon boulot, c'est mon boulot, et mes films reflètent mes raisons et mes impressions sur le genre et sur la société, comme je l'ai dit. J'ai essayé d'en faire des films d'horreur différents, un peu plus profonds, mais les morts-vivants sont un peu... Mon hobby ! C'est l'œuvre de ma vie (même si mon œuvre, justement, ne se limite pas aux morts-vivants). Ces films sont des instantanés de la société, prise sur le vif, et j'en suis assez fier. C'est pour ça que les films des autres ne m'intéressent pas trop...


FilmDeCulte - Qu'est-ce qui vous pousse à faire des films ?

George Romero - Mais j'adore le cinéma, j'adore voir des films et il me paraissait logique que j'en fasse à mon tour. J'adore les vieux classiques, et pas que les films d'horreur. Je suis très fan de Michael Powell, de John Ford, et notamment de La Prisonnière du désert. Quand j'étais jeune, nous vivions dans le Bronx, mon père était très pauvre et avait trois emplois différents. J'allais beaucoup au cinéma, et je pigeais de mieux en mieux comment le tout était créé, ce qu'il y avait derrière l'écran, derrière la caméra, etc. J'ai toujours voulu faire des films, des films qui aient un sens, et très vite, ce qui était au début qu'un petit film commercial, La Nuit des morts-vivants est devenu une sorte de pamphlet politique.


FilmDeCulte - Quels sont aujourd'hui vos projets ?

George Romero - J'ai quelques projets en suspens, justement. Des projets qui étaient en cours lorsque le buzz autour de Land of the Dead est apparu, lorsque la décision de faire le film a été prise. Mais la suite dépendra un peu du succès de celui-ci. Malheureusement, aux Etats-Unis, nous avons été quasiment invisibles, le film est sorti presque en même temps que La Guerre des mondes, et il n'a pas eu le temps de fonctionner comme il aurait du. Mais il s'en tirera mieux au cours de l'exploitation mondiale, ainsi que lors de la sortie DVD. Nous verrons. A Hollywood, votre talent est calculé en fonction du box-office. J'ai un projet avec Stephen King, qui est assez avancé, La Petite fille qui aimait Tom Gordon, d'après son livre. Et j'ai un autre projet, que l'on m'a proposé il y a tout juste quelques jours, pour une seconde adaptation de King, celle de son dernier roman, Roadmaster. Ca ressemble un peu à Christine... Je vais voir, je ne sais pas encore, il faut que je lise le script. Puis j'ai bien entendu ce projet depuis quelques années, Diamond Dead. Mais j'ai bien l'impression qu'il ne se fera jamais. L'histoire d'un groupe de rockeurs zombies, justement. Avec des chansons écrites par Richard Hartley. Personne ne semble réellement intéressé par ce truc, et le projet ne décolle pas du tout.


FilmDeCulte - Allez-vous attendre la prochaine décennie pour réaliser un autre film de morts-vivants ?

George Romero - Déjà, cela dépendra du temps qu'il me reste à vivre ! Mais j'attendrai. J'attendrai jusqu'à ce que quelque chose arrive. Quelque chose qui change le climat politique actuel. Ca peut arriver la semaine prochaine ou dans plus longtemps, je ne sais pas. Mais il faut que le film soit une critique de quelque chose de nouveau, de contemporain. Ce quelque chose n'a pas forcément besoin d'être ponctuel. J'aime bien l'idée de dresser le portrait d'une société américaine en cours de mutation, qui change progressivement. Mais je ne sais pas encore quel sera ce prochain changement. Un avion peut s'écraser sur Washington !


FilmDeCulte - Vous ne confirmez donc pas les rumeurs selon lesquelles vous pourriez tourner sous peu World of the Dead?

George Romero - World of the Dead, vraiment? Je n'ai jamais parlé d'un truc pareil. Je ne sais pas d'où ça peut venir. Vous parlez sérieusement?


FilmDeCulte - Et Masters of Horror?

George Romero - Oui, une sorte de collection de moyens métrages d'une heure... Je ne sais pas si je pourrai participer, malheureusement. Je devrais théoriquement tourner en septembre, mais avec la promo de Land of the Dead, qui devrait durer jusqu'à novembre au moins, cela parait totalement compromis. Je ne sais pas, il y a peu de chance. Mais Mick Garris, le créateur du concept, est un très bon ami à moi et j'aimerais vraiment lui faire plaisir et travailler avec lui. Ils ont annoncé ma participation, mais pour le moment, rien n'est signé. Ce genre de trucs arrive fréquemment, d'ailleurs. Je ne compte plus le nombre de fois où j'ai vu mon nom apposé sur l'affiche d'un projet dont je n'avais jamais entendu parler. Quoiqu'il en soit, j'aimerais que la saga des morts-vivants se termine sur une sorte d'espoir, un pacte du genre "vous ne nous mangez pas, et nous ne vous tuons pas", quelque chose de ce genre. Je n'ai pas envie que ça finisse de façon ambiguë sur un désastre planétaire. Il y avait plusieurs possibilités : plan a, les producteurs veulent un tome 5, je continue directement sur les personnages de Land of the Dead. Je suis le camion, ou je suis les zombies. Plan b, pour une raison ou une autre il n'y a pas de tome 5, et je voulais terminer sur l'idée d'une possibilité de pacte entre les morts et les vivants. D'où cette fin. Je voulais que cette idée soit effleurée dans ce film, au cas ou il n'y ait pas de suite.


Propos reccueillis par Anthony Sitruk
Le 28 juillet 2005




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