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FilmDeCulte - Pensez-vous que l’on assiste à un retour du cinéma politique des années 70?
Tony Gilroy - Tous les films que j’aime datent de cette période. George aussi, me confiait son amour pour ce cinéma lorsque nous dînions ensemble. Il y avait à l’époque une urgence, une nécessité, une vraie liberté de ton. Aujourd’hui, on ne rencontre cet état d’esprit que dans le cinéma indépendant. L’argent est désormais partout et aucun blockbuster ne peut être aussi politique. J’espère qu’il y aura plus d’acteurs comme George Clooney à s’impliquer dans des films engagés dans la vie des gens.
George Clooney - Les années 60 et 70 étaient pleines de changements. La révolution sexuelle, le mouvement des droits civils aux Etats-Unis, la guerre du Vietnam et le mouvement hippie. Après le Watergate, tout semblait fini pour la contestation et les idées politiques. J’ai pourtant le sentiment que cela revient aujourd’hui en force. C’est un très bon signe pour le cinéma et la société. L’art a besoin de poser des questions.
FilmDeCulte - Comment appréciez-vous la moralité de votre personnage?
George Clooney -
Il est comme moi, humain, donc à la fois moral et amoral. Il y a dix ans, on aurait sans doute fait du personnage le méchant de l’histoire. C’est un excellent rôle. Tony Gilroy est un très bon réalisateur et l’on perçoit bien sa peur de mettre le pied dans l’engrenage, de plonger en enfer.
FilmDeCulte - Tony, pourquoi avoir choisi Sydney Pollack pour un second rôle?
Tony Gilroy - Dès le début du projet, il était impliqué. Il voulait même réaliser le film mais j’ai refusé car je voulais vraiment mettre en scène cette histoire. Sydney, en plus d’être un immense réalisateur, est un très grand acteur. Souvenez-vous de sa performance dans Maris et femmes de Woody Allen. Il me fallait quelqu’un qui possède une vraie stature pour en imposer à George Clooney. Sydney était parfait.
FilmDeCulte - Quel impact a pour vous le cinéma sur la société?
George Clooney - Un seul film ne peut pas changer le monde mais un groupe de films oui. Regardez les longs métrages sur les droits civils dans les années 60-70. Le cinéma participe aux mouvements de contestation comme les chansons engagées. Tout peut participer à une prise de conscience. L’art est justement là pour ça, quand la télévision ne suffit plus à informer les gens. Pour moi, Michael Clayton est le film d’une personne en colère contre certaines dérives de la société. Bien sûr, un film tout seul ne peut changer le cours des choses, mais un groupe de longs métrages, le cinéma, oui, peut changer le monde.
Tilda Swinton - Faire du cinéma n’est pas innocent. Si Michael Moore, un activiste politique, passe par le biais du cinéma pour toucher les consciences, c’est que l’art reste encore un moyen d’action, un lieu pour exprimer une vision différente.
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