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Présenté dans le cadre du Festival du Cinéma Américain de Deauville 2007, Michael Clayton renoue avec le cinéma engagé des années 70 sans toutefois atteindre les sommets des Hommes du président de Sydney Pollack, second rôle du long métrage de Tony Gilroy. Ce dernier, sa star George Clooney et l'actrice Tilda Swinton sont venus sur les planches normandes défendre le film.


FilmDeCulte - Comment, Tony, avez-vous déterminé le rythme du film?

Tony Gilroy - Le rythme du film est bien sûr très différent de La Vengeance dans la peau (NDLR: il en est le scénariste). Chaque film a son propre rythme, son vocabulaire particulier. Jason Bourne nécessitait un tout autre rythme. Celui-là devait avoir un tempo différent, plus réfléchi.


FilmDeCulte - George, vous êtes l’un des producteurs du film, quel a été votre rôle exact dans la mise en place du projet?

George Clooney - Je ne suis que producteur exécutif. J’ai surtout travaillé en amont du tournage, pour trouver de l’argent et le financement du film. Ensuite, sur le tournage, je suis redevenu un simple acteur totalement à la disposition du réalisateur. Je ne voulais plus interférer et laisser donc les vrais producteurs travailler au jour le jour.


FilmDeCulte - Tony, comment avez-vous élaboré le ton du film?

Tony Gilroy - Je vis à New York depuis 25 ans. Je connais bien les gens qui sont dans ce long métrage, ce milieu des banquiers, des hommes d’affaires et des journalistes. J’ai beaucoup travaillé avec le chef opérateur du film, pour développer une ambiance particulière et refléter la solitude du personnage et son sentiment d’"exil au sein, pourtant, d’une grande ville comme New York.


FilmDeCulte - George, pourquoi avoir accepté de participer gratuitement à ce film?

George Clooney - Vous savez, je fais semblant d’organiser des soirées pour le Darfour, mais en fait je garde l’argent des dons pour moi (rires). Si je choisis de participer à ces films indépendants, c’est avant tout car je veux voir porter à l’écran des projets comme Solaris ou Syriana. Je vous rassure. Avec un Ocean’s Thirteen, je peux payer les traites de ma maison (rires).


FilmDeCulte - Allez-vous organiser une soirée de soutien pour le Darfour à Deauville?<

George Clooney - Hélas, je ne peux pas organiser de soirée ici, car je dois repartir travailler mais je reste bien sûr concerné. Mon combat n’est pas d’aujourd’hui. J’ai découvert l’horreur du Darfour en lisant de nombreux articles sur le sujet dans le New York Times. J’ai été choqué par cette situation et son manque de médiatisation. Je sortais alors de la campagne des Oscars. C’est comme une campagne politique, je passais mes journées à embrasser des bébés pour un film. Je me suis demandé alors comment exploiter ma célébrité pour cette noble cause.


FilmDeCulte - Envisagez-vous une carrière politique?

George Clooney - Vous avez vu Batman et Robin (NDLR: dans ce mauvais film, il combat Arnold Schwarzenegger, ancien acteur devenu gouverneur de la Californie)? Je ne pense pas faire une carrière politique. Je préfère rester sur le côté et conserver mon indépendance. Je suis un peu comme le film. Michael Clayton est un bon thriller. L’aspect politique est présent, bien sûr, mais en arrière-plan…


FilmDeCulte - Vous reverra-t-on dans un film d’action?

George Clooney - Justement, on a pensé faire Le Pacificateur 2 (NDLR: l’acteur fait référence au Pacificateur, "chef d’œuvre" à oublier de sa filmographie). Rassurez-vous, je plaisante (rires). Je me trouve trop vieux pour ce genre de film. Si j’en fais un, je vais finir en morceaux, je vais m’écrouler. Je pense que les blockbusters sont pour les jeunes acteurs. Personne ne veut me voir en super-héros sauvant le monde et pour être franc, ça ne m’intéresse guère non plus même si j’aime bien voir des films d’action comme spectateur.


FilmDeCulte - Tilda, pourquoi avoir choisi ce film et ce scénario?

Tilda Swinton - Je n’étais pas chère (rires). Pour moi, c’était une expérience assez exotique de jouer une new-yorkaise, très maquillée et sûre d’elle. Ce qui m’intéressait dans le personnage c’est comment elle glissait dans la peau d’une méchante alors qu’au départ, elle est juste profondément humaine et ne veut pas faire le mal autour d’elle.


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