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CONFERENCE DE PRESSE : RENCONTRES A ELIZABETHTOWN


Comédie romantique magistrale portée par une formidable bande-son, Rencontres à Elizabethtown, le nouveau long métrage de Cameron Crowe, a reçu un excellent accueil lors de son passage au Festival du Film Américain de Deauville. Le cinéaste et la jeune actrice Kirsten Dunst sont venus jusqu'en Normandie défendre le film. Morceaux choisis d'une conférence de presse marquée par le lumineux sourire de l'héroïne de Spider-Man.


FilmDeCulte - Quelle est la part autobiographique du film?

Cameron Crowe - Plus jeune, quand j’ai perdu mon père, j’ai fait un voyage similaire. Depuis l’enterrement, je n'étais plus retourné au Kentucky. Au début du tournage, j'étais donc submergé par l'émotion. Les souvenirs remontaient à la surface. Les moments complices, les longues discussions... Tout cela a nourri le film et a rendu, sur le plan personnel, l'expérience inoubliable.


FilmDeCulte - Kirsten, êtes-vous aussi optimiste que votre personnage?

Kirsten Dunst - J'essaie en tout cas (rires). J'ai opté pour le bonheur dans ma vie de tous les jours et je prends mon travail comme une chance, un moyen d’exprimer les différentes facettes de ma personnalité. Jouer Claire était facile. Les dialogues étaient ciselés, chargés d'une formidable musicalité. Cameron Crowe mettait de la musique sur le tournage. Du coup, on était tous dans le mood.

Cameron Crowe - J'aime quand une personne parle avec son âme. Je désirais trouver cette profondeur, m'éloigner de toute artificialité. Les dialogues prennent vie grâce au talent de Kirsten. Claire est la bonté personnifiée, l'honnêteté même, elle n'aurait pas été crédible sans Kirsten.

Kirsten Dunst - Claire est un personnage très profond. Pas seulement optimiste. Son métier d'hôtesse de l'air lui impose une certaine forme de solitude. Elle voit dans Andrew, outre un beau garçon, la possibilité de se projeter dans quelque chose, d'accomplir le bien autour d'elle, sans rien attendre en retour.


FilmDeCulte - Aimeriez-vous vivre un road-trip comme Andrew?

Kirsten Dunst - Le film m'a ouvert les yeux. J'adorerais voyager comme Andrew, avec mon petit ami ou mes meilleures copines. Je me suis rendue compte que je ne connaissais pas mon pays. Même une partie de la Californie m'est inconnue.


FilmDeCulte - Qu'est-ce qui vous attire dans les comédies romantiques?

Kirsten Dunst - Pour moi, le film n'est pas une simple comédie romantique. Cameron a son propre style, sa manière de raconter une histoire. Rencontres à Elizabethtown parle de la vie, de la mort et de l'amour. C’est un film vraiment original que l'on ne peut pas mettre dans une catégorie donnée.

Cameron Crowe - Comment ne pas être fasciné par les relations hommes-femmes? J'aime les films reposant sur de vrais personnages et non pas des archétypes. Ils se distinguent, à mon sens, des comédies romantiques lambda. L’amour est au cœur de mes préoccupations artistiques, j'aime en parler.


FilmDeCulte - Comment avez-choisi les morceaux qui composent la bande-son?

Cameron Crowe - La musique a toujours fait partie intégrante de mes films. Par chance, je partage cette passion avec Kirsten. Elle ressent profondément la musique, vit avec elle. Quand je mettais sur le plateau un morceau qu'elle n'aimait pas, elle n'hésitait pas à m'en parler. Je voulais que la musique fasse partie de la narration, qu'elle soit un guide pour le spectateur.


FilmDeCulte - Kirsten, vous incarnez souvent des femmes indépendantes. Pourquoi ce choix?

Kirsten Dunst - Je choisis les rôles essentiellement à l'instinct mais je cherche aussi à travers mes rôles à me définir en tant que personne. C'est vrai que les prochains rôles que j'incarne ou que je souhaite incarner, sont des figures historiques comme Marie-Antoinette ou Jean Seberg, deux femmes de tête qui ne se laissaient pas diriger par les hommes.


FilmDeCulte - Quelle a été l'influence de Billy Wilder sur ce film?

Cameron Crowe - Plus que ses films, j'adorais chez lui cette capacité à laisser briller et vivre les personnages. Je voulais retrouver ça, comme dans la scène du réveil. J'aime capturer des moments simples et magiques, retrouver le petit détail qui rend la scène vraie.


FilmDeCulte - Quelles sont pour vous les différences entre le DVD et les films diffusés en salles?

Kirsten Dunst - Pour moi, la salle de cinéma est le meilleur lieu pour regarder un film. A la maison, il y a toujours des distractions, le téléphone qui sonne, des amis qui passent. Au cinéma, on reste concentré sur l'essentiel.

Cameron Crowe - On en parlait avec Kirsten, ce matin. Pour moi, il n'y a rien de comparable avec la salle de cinéma. Partager une émotion, des rires, ensemble, avec des inconnus qui vivent virtuellement la même expérience que vous, demeure unique.


FilmDeCulte - Quel a été l'accueil au Kentucky?

Cameron Crowe - Extraordinaire. J'aime le sens de la communauté des gens du Kentucky. C'est une véritable famille. Ils ne cherchent pas seulement à réussir ou à s’enrichir et ça rejoint les thèmes du film: retrouver ses racines et vivre ses rêves. Le Kentucky est un endroit particulier, magique. Je retournerai là-bas dès que possible.

Kirsten Dunst - Rencontres à Elizabethtown est une ode à cette région. Une carte postale fidèle du Kentucky. Les gens sont plus humains, moins froids qu'à Los Angeles, bien plus accueillants.


FilmDeCulte - Parlez-nous de votre rencontre avec Orlando Bloom.

Kirsten Dunst - Je fais justement ce métier pour les rencontres. Cela fait maintenant très longtemps que je suis actrice. Avant, j'avais des doutes, je n’aimais pas me regarder à l'écran. Depuis quelques films, et en particulier celui-ci, grâce à Cameron, je n'éprouve plus cette gêne. J'ai essayé d'être entière, dévouée corps et âme à mon personnage.

Cameron Crowe - J'aimais déjà beaucoup cette actrice avant le film, et les personnages qu'elle avait incarnés. Je l'avais trouvé formidable dans Virgin Suicides de Sofia Coppola. Comme Claire, elle est toujours radieuse et de bonne humeur, c'était une belle rencontre. Dès qu'elle est arrivée sur le plateau, j'ai su que j'avais fait le bon choix. Pour Orlando, les choses ont été également très naturelles. Au-delà de son personnage mythique de Legolas dans Le Seigneur des anneaux, c'est un acteur subtil et brillant. J'avais déjà tourné une publicité avec lui, avant qu'il ne rencontre le succès que l'on sait.


Propos recueillis par Yannick Vély
Le 7 septembre 2005 à Deauville.

 
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