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ANNE PARILLAUD


De Nikita, qui la propulsa en 1990 sous le feu des projecteurs en lui valant le César de la meilleure actrice, à son dernier film Deadlines, dans lequel elle interprète une reporter de guerre aussi belle qu'énigmatique, Anne Parillaud revient pour FilmDeCulte sur son parcours riche en changement, ses goûts personnels et ses inspirations. Rencontre.


FilmDeCulte - Deadlines a été monté il y'a plus d'un an et demi. Pourquoi ne sort-il que maintenant?

Anne Parillaud - C'est un film "qui n'est pas facile d'accès" dit-on. Les gens peuvent aimer le film - ce qui était le cas - sans prendre le risque de le sortir. Car faire un film comme ça, c'est s'engager. A n'importe quel niveau. Donc un distributeur qui sort ce film, c'est un distributeur qui s'engage. Il y'a beaucoup de distributeurs qui avaient adoré le film, mais qui ne voulaient pas s'engager sur un sujet difficile, conflictuel, polémique. C'est toujours difficile de rendre populaire un sujet qui ne l'est pas.


FilmDeCulte - Le tournage a été difficile?

Anne Parillaud - Il y'a eu quelque chose d'important: souvent, on essaye de maintenir les acteurs dans un confort, on veut qu'ils se sentent bien traités. Sur des films où les budgets sont réduits, comme Deadlines, c'est par là que les limites commencent. On va se dire qu'il n'y aura pas forcement de caravane. Et justement, cette fois-ci, c'était très important qu'il n'y ait pas ce confort là. Parce que le film est un film inconfortable, dénonciateur, qui traite d'un conflit de guerre. Là, on se retrouve obligé d'être dans ce décors, entouré de cadavres et de ruines. Du coup tout devient réel, on oublie totalement que c'est un décors, que ce sont de faux morts. On erre dans le voyage, et dans l'esprit de ce que peut ressentir un reporter de guerre. Tout ça conditionne l'acteur, et le structure.


FilmDeCulte - Ludi Boeken, l'un des réalisateurs, parle autant anglais que français, comme vous. Il vous dirigeait en...

Anne Parillaud - En anglais! Parce que tous les autres acteurs parlaient anglais. Et parce que la langue utilisée sur le plateau était l'anglais. Je n'allais pas être l'exception. Ca ne vous aide pas vraiment, quand on fait partie d'une équipe, de se sentir à part.


FilmDeCulte - Et sinon, vous préférez jouer en quelle langue?

Anne Parillaud - J'aime bien tourner en anglais. Parce qu'il y'a une virginité pour moi dans la langue, dans le phrasé, dans l'élocution et l'utilisation des mots. Je n'ai pas eu d'enfance dans cette langue. C'est extrêmement ravivant. Il y'a une sorte de liberté qui s'impose.


FilmDeCulte - Le film a commencé sa carrière dans divers festivals... Déjà des prix?

Anne Parillaud - Oui, le film a été présenté en Amérique comme en Europe. J'ai reçu le prix d'interprétation féminine au Festival de Paris l'an dernier. Et justement, je souhaiterais avec Deadlines axer différemment le parcours promotionnel, pour rendre crédible le film. On a par exemple fait beaucoup de projections à de vrais reporters de guerre, qui l'ont adoré. Moi, j'en ai rencontré avant comme après le tournage. C'est pour cette raison que je veux vivre cette promotion beaucoup plus comme un engagement, et non comme un film de plus à promouvoir. Mon désir serait qu'il existe dans une crédibilité, une authenticité, proche d'un témoignage.


FilmDeCulte - Quelles sont les actrices qui vous ont inspiré au début de votre carrière?

Anne Parillaud - En fait il n'y en pas vraiment. J'ai toujours beaucoup de mal lorsque l'on dit "les metteurs en scène", "les acteurs", "les auteurs". Pour moi, il y'a avant tout des rôles. Une actrice peut avoir été magique et magnifique dans un rôle, ça ne veut pas dire pour autant qu'elle l'a été dans celui d'avant, ou qu'elle le sera dans celui d'après.


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