| |
|
|

A LA RECHERCHE DU TEMPS PERDU
L’augmentation du nombre de titres de films
qui
sortent chaque année est-elle une évolution
positive?
Actuelle et urgente, la question se fait
tellement
pressante qu’elle a même été posée cette année
aux
candidats du concours de la FEMIS section
exploitation/distribution. Au-delà d’une réponse
structurelle, que le dossier ci-après aborde
largement, formulons d’abord une réponse
concrète: en
six mois, FilmDeCulte a "manqué", en tout
cas
n’a pas traité, sur les 352 métrages distribués
entre
janvier et juin 2005, la bagatelle de près de 200
films. Ressorties comprises, certes – n’empêche.
Non
pas que les films ainsi laissés de côté n’aient
pas
trouvé grâce à nos yeux. Il s’avère, plus
prosaïquement, que nous n’en avons pas trouvé le
temps. Si nous n’avons jamais fait vœu
d’exhaustivité,
impossible de prétendre que dans cette galaxie
inexplorée rien ne méritait que nous nous y
attardions. Aussi, également touché par le
phénomène
de l'embouteillage des sorties en salles,
FilmDeCulte fait son "rattrapage".
L’occasion
de revenir, sans toutefois prétendre à une
quelconque,
chimérique et pas forcément indispensable
complétude,
sur ces films que nous n’avons pas pu voir lors
de
leur sortie, et à propos desquels nous regrettons
de
n’avoir pu vous communiquer notre enthousiasme.
L’utilité d’une telle démarche? Démontrer par
notre
exemple les risques de la saturation du flot des
sorties, et freiner tant bien que mal les rapides
processus d’oubli, à l’œuvre dans ce champ
souvent
sous-médiatisé des comètes ultra-confidentielles,
risquant même de ne pas passer par la case DVD
avant
longtemps (Ultranova de Bouli Lanners).
Jeter
des balises à la mer sur certains métrages
importants,
étapes parfois majeures de la contemporanéité
cinématographique (La Blessure de Nicolas
Klotz, notamment). Ou même repêchages de la
dernière
chance, pour des films encore visibles
sporadiquement,
à rattraper d’urgence avant extinction des feux
(Pour Mémoire (La Forge) de Jean-Daniel
Pollet).
ETAT DES LIEUX
| |
 DISTRIBUTION / EXPLOITATION: TOUT VA TRES BIEN, TOUT VA TRES BIEN
|
|
 DISTRIBUTEURS / EXPLOITANTS: COMME LARRONS EN FOIRE?
|
|
 DISTRIBUTION / EXPLOITATION: OU VA T-ON?
|
|
RATTRAPAGES
| |
 HAUT ET BAS DES AUTEURS
|
|
 EXTREME ORIENTALES
|
|
 DESSINS ET MUSIQUE |
|
 A LA POURSUITE DU REEL |
|
 CHATS PERCHES
POST-SCRIPTUM:
- Aucun des groupes contactés (Gaumont, MK2,
Pathé,
UGC, L'association Cinémas Indépendants
Parisiens)
lors de la rédaction de ce dossier – certes en
mai,
mois déjà bien occupé par le festival de Cannes –
n’a
donné suite à nos sollicitations.
- Depuis la rédaction de cet article, de l’eau
sous
les ponts a coulé et Cannes est donc passé. Le
n°206
des Cahiers du Cinéma, daté juin 2005,
s’est
également enquis de la santé des distributeurs et
exploitants au cœur du festival. Ce qu’il en
rapporte
mérite d’être ici reproduit. En Cahiers
dans le
texte, donc: "Pomme de discorde parmi les
professionnels, la situation de plus en plus
fragile
des distributeurs indépendants, confrontés aux
mutations technologiques et à une double
inflation: le
nombre de titres distribués (560 en 2004, soit
une
hausse de 9,6%) et le nombre de copies des plus
grosses productions. Ces tensions ont provoqué
l’éclatement de la Fédération des distributeurs,
les
sociétés intégrées (possédant à la fois une
filiale
distribution et un circuit de salles) étant
accusées
de faire la loi au détriment des indépendants.
Les
plus importants d’entre eux (Diaphana, Haut et
Court,
Pyramide, Les Films du Losange, Rezo, Bac, ARP,
ID et
Pan Européenne) ont quitté la Fédération,
annonçant
leur intention de créer un nouvel organe
représentant
mieux leurs intérêts. "
- La revue attire aussi l’attention sur la
réforme de
l’agrément d’investissement (lire à ce sujet les
positions et réactions compilées par la SACD), à savoir "la
volonté
manifestée par le ministre de la Culture Renaud
Donnedieu de Vabres d’ouvrir les aides au cinéma
aux
capitaux non européens ", qui "divise les
professionnels." Ce faisant, elle cite Claude
Michel, secrétaire de la CGT Spectacle, déclarer
avec
raison : "On agite le fantasme d’une
augmentation
de la production sans limite, alors qu’il y a
déjà de
gros embouteillages à la distribution." A qui
répond, comme en écho, Marie Masmonteil,
présidente du
Syndicat des Producteurs Indépendants, qu’il ne
faut
pas confondre " contenu et contenant. La socle
de
la diversité culturelle réside avant tout dans la
création et la
production.
Bref, on n’en sort pas...
|
|
|