Ecrit
en 1953, Casino Royale est le premier livre de Ian Fleming
relatant les aventures de James Bond. La première mission de 007
est de contrecarrer les plans d'un dangereux criminel russe connu
sous le nom de "Le Chiffre". Pour ce faire, Bond se rend dans un
grand casino français très glamour où l'homme a l'habitude de
jouer.
LE TELEFILM, UNE TRANSPOSITION TRES FIDELE
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Sortit en 1954, cet épisode de la série Climax diffusée sur
la CDS est le tout premier James Bond en image. C'est Barry Nelson
qui a l'honneur de se glisser pour la première fois dans la peau
de l'agent secret devenu culte. Bien que 007 soit transformé en
espion américain, le téléfilm reste extrêmement fidèle à l'œuvre
de Ian Fleming. Il met également en scène les personnages récurrent
que sont Le Chiffre et Felix Leiter.
LE FILM: PLUS QU'UNE ADAPTATION, PLUS QU'UNE PARODIE, UNE SATIRE
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Du roman de Ian Fleming, il ne reste dans cette adaptation
cinématographique que le lieu et les noms de James Bond et du
Chiffre. Hautement psychédélique, il met en scène un James Bond
a la retraite qui doit reprendre du service pour sauver le monde
après que M ait été assassiné par l'organisation SMERSH. Ses
successeurs étant des incapables, il engage Evelyn Tremble pour
s'occuper de Topple Le Chiffre, le chef du SMERSH. Avec l'aide
de la belle Vesper Lynd, l'agent secret le plus riche du monde,
il la convainc d'agir sous le nom de 007.
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En 1967, les James Bond de EON Production, portés par Sean
Connery, sont déjà un indéniable succès et l'agent 007 fait
l'objet d'un véritable culte. Sorti en même temps que On ne
vit que deux fois, cette version cinématographique de
Casino Royale est LE flop de la décennie. Il est considéré
par ses détracteurs comme une parodie vulgaire, aveuglés par le
fait que l'on touche à leur idole naissante. Il est vrai que le
film tourne en dérision quelques éléments mythiques de la série.
James Bond est incarné par David Niven, qui avait été contacté par
EON Production à l'époque. Ses successeurs sont présentés comme
des lavettes et celui qu'il choisit pour le remplacer porte un
nom de fille. De plus, Ursula Andress balaye Honey Ryder en
endossant elle aussi le rôle de 007 dans une version très
féministe, et Woody Allen apparaît comme un ersatz du Dr. No.
Mais ces reproches ne sont qu'un prétexte pour masquer le
sentiment de gène et d'incompréhension qu'a provoqué le côté
satirique du film.
Bien sûr, la dose de parodie est assumée et affirmée par les
producteurs. N'ayant la possibilité d'utiliser ni Sean Connery,
ni la musique de John Barry, ils ont décidé de faire un film
outrageusement bondien, le peuplant de stars, de blagues et de
références. Construit comme un kaléidoscope, Casino Royale
montre l'univers de Bond vu à travers un prisme corrosif. Il
décuple les agent 007 comme autant de copies de Sean Connery,
chacun reprenant un trait particulier de James Bond et le
grossissant. Le tout est baigné dans une structure complexe
répondant au concept dit de "l'idée du jour". Plusieurs
scénaristes, plusieurs réalisateurs, chacun apportant à la trame
sa propre vision de l'univers bondien. Il en ressort une multitude
de petites histoires qui se recoupent, s'emmêlent, s'emboîtent,
le film se retrouvant alors bien éloigné du roman de base. Mais
ceci n'est en fait qu'un constat de la direction que prend la
série des Bond officiels, pointant du doigt la grande prise de
liberté d'EON Production avec les livres de Ian Fleming depuis
Goldfinger.
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Derrière cette façade semi-parodique se trouve en fait une satire
de la tournure que prend le monde à la fin des années 60. La
création de clones par le Dr. Noah pour remplacer les hommes
influents des plus grandes puissances mondiales est une allusion
directe aux théories de conspiration de cette époque. De plus,
sa soucoupe volante touche à l'idée de la conquête spatiale par
les deux blocs. Ainsi, le film se pose comme une réflexion acerbe
sur la guerre froide. La séquence se situant à Berlin n'est autre
qu'un constat ironique de la stagnation de cette situation et se
répercute plus tard dans le film avec l'évocation de la course à
l'armement nucléaire. Ce dernier point est souligné par le fait
que Sir James Bond, interprété par David Niven, trouve
désastreuses et inutiles toutes les armes modernes qu'il est
contraint d'utiliser.
Si le film n'a eu aucun succès commercial lors de sa sortie,
il est devenu par la suite plus influent que ses créateurs ne
l'auraient imaginé. Traçant la voie aux parodies et satires du
genre, il est le père direct des Austin Powers.
Julie Anterrieu
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CASINO ROYALE
USA (1954)
De William H. Brown Jr.
Scénario : Anthony Ellis d'après le roman de Ian Fleming
Avec Linda Christian, Peter Lorre, Barry Nelson, Michael Pate
Durée: 4h48
CASINO ROYALE
Grande Bretagne, 1967
De Val Guest, Ken Hughes, John Huston
Scénario: Wolf Mankowitz, John Law, Michael Sayers adapté du roman de Ian Fleming
Avec Peter Sellers, Ursula Andress, David Niven, Orson Welles, Joanna Pettet, Woody Allen
Photo: Jack Hildyard
Musique: Burt Bacharach
Durée: 2h11
Lien: http://www.brightlightsfilm.com/28/casinoroyale1.html
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